ログインCHAPITRE 55 : LE CHOIX DÉCHIRANTElaraL'aube se lève à peine sur le manoir Blackwood. Une lumière grise et froide filtre à travers les rideaux de velours, annonçant une journée maussade. Je n'ai pas dormi. Pas une seconde. J'ai passé la nuit assise dans le fauteuil de la bibliothèque, à fixer les flammes dansantes de la cheminée, à repasser dans ma tête chaque détail du plan que nous avons élaboré. L'assemblée générale commence dans quatre heures. Dans quatre heures, je serai face à Victoria, dans les salons du Ritz, devant tous les actionnaires de Clairvaux. Dans quatre heures, la vérité éclatera au grand jour, ou bien tout sera perdu. Marcus dort dans la chambre d'amis, épuisé par son calvaire de la veille. Soren s'est assoupi sur le canapé du salon, un pistolet posé sur la table basse à portée de main. Il ne veut prendre aucun risque, pas après ce qui est arrivé à Marcus. Kessler est toujours en fuite, et Victoria est capable de tout. Mais pour l'instant, la maison est calme, enve
CHAPITRE 54 : L'ENLÈVEMENT DE MARCUSElaraLa journée qui précède l'assemblée générale s'écoule dans une tension insoutenable. Chaque minute qui passe est une torture, chaque heure une éternité. Nous sommes retournés au manoir Blackwood après la rencontre avec Julian, la levée temporaire du mandat d'arrêt me permettant de circuler librement pour les vingt-quatre heures à venir. Soren a passé la matinée au téléphone avec ses contacts, vérifiant que tout était en place pour le lendemain. Le technicien du Ritz a confirmé qu'il pourrait pirater le système de sonorisation. Les journalistes ont été prévenus anonymement, et plusieurs rédactions ont promis d'envoyer des reporters. Arnold Meyer a rassemblé les actionnaires dissidents et leur a expliqué ce qui allait se passer. Gabriel Cross a répété son témoignage devant une caméra, s'entraînant à parler sans trembler. Tout est prêt. Tout est en place. Et pourtant, je ne peux pas me défaire d'un sentiment d'angoisse qui me serre la gorge. Quel
CHAPITRE 53 : LE RETOURNEMENT DE JULIANElaraLa veille de l'assemblée générale, je prends la décision la plus risquée de ma vie. Je vais voir Julian. L'idée m'est venue au milieu de la nuit, alors que je ressassais le plan de bataille élaboré par Soren. Nous avons les documents, les enregistrements, les témoignages. Nous avons le soutien d'Arnold Meyer et de quelques actionnaires dissidents. Mais il nous manque quelque chose. Un atout maître, une carte que Victoria ne verra pas venir. Et cette carte, c'est Julian. Son propre fils. L'héritier qu'elle a manipulé, brisé, réduit à l'état de pantin. Si Julian accepte de témoigner contre sa mère, ce sera le coup de grâce. Le fils qui se retourne contre la mère, le dauphin qui trahit la reine. Victoria ne s'en remettra pas.Soren est furieux
CHAPITRE 52 : LE PLAN DE CONTRE-ATTAQUEElaraL'aube se lève sur la ferme, pâle et frileuse. La tempête s'est calmée pendant la nuit, laissant derrière elle un paysage dévasté. Des branches jonchent le sol, des flaques d'eau miroitent dans la cour, et le vent continue de gémir faiblement dans les arbres. Mais le ciel est plus clair, presque lumineux, comme si la nature voulait nous offrir une trêve avant l'ultime bataille. Je me tiens debout devant la fenêtre de la cuisine, une tasse de café fumant entre les mains. Je n'ai presque pas dormi. Les mots de Soren résonnent encore dans ma tête, comme une mélodie qu'on ne peut s'empêcher de fredonner. Son aveu de vulnérabilité, sa déclaration d'amour, cette union sacrée que nous avons scellée dans les larmes et les serments. Je me sens différente ce matin. Pl
CHAPITRE 51 : L'UNION SACRÉEElaraLa nuit est tombée depuis longtemps sur la ferme abandonnée. Le feu crépite dans le poêle, seule source de lumière et de chaleur dans cette bâtisse perdue au milieu de nulle part. Je suis assise sur le lit étroit, les genoux repliés contre ma poitrine, les bras serrés autour de mes jambes. Dehors, le vent hurle dans les branches des chênes-lièges, et la pluie fouette les volets avec une violence qui fait trembler les murs de pierre. La tempête fait rage, comme si la nature elle-même voulait nous rappeler que le danger rôde toujours, que la guerre n'est pas finie, que l'ennemi peut surgir à tout moment. Soren est sorti il y a une heure pour aller chercher du bois, malgré mes protestations. Il m'a dit qu'il en avait pour quelques minutes, qu'il connaissait le terrain comme sa poche, que la tempête n'était pas si terrible que ça. Mais les minutes sont devenues des dizaines de minutes, puis une heure entière, et il n'est toujours pas revenu. L'angoisse m
CHAPITRE 50 : LA CACHETTEElaraLe silence. Un silence si profond, si total, que j'ai l'impression d'entendre battre mon propre cœur. Pas un bruit de moteur, pas une sirène, pas une voix humaine. Rien que le vent dans les branches, le hululement lointain d'une chouette, le crépitement du feu dans le poêle. Cela fait trois jours que nous sommes terrés dans cette ferme abandonnée, coupés du monde, sans téléphone, sans internet, sans nouvelles de Marcus ou de qui que ce soit. Soren a insisté pour que nous n'utilisions aucun moyen de communication électronique. Trop risqué, d'après lui. La police peut localiser un téléphone portable, tracer un appel, remonter jusqu'à nous. Alors nous vivons comme des ermites, reclus dans cette bâtisse perdue au milieu de nulle part, attendant que la tempête se calme. Je ne sais pas combien de temps nous allons devoir rester ici. Peut-être quelques jours, peut-être plusieurs semaines. L'incertitude est la pire des tortures. Chaque matin, je me réveille ave







