Beranda / Romance / Sœurs de sang, Sœurs de lit / CHAPITRE 8 – Rebecca arrive

Share

CHAPITRE 8 – Rebecca arrive

Penulis: L'encre
last update Tanggal publikasi: 2026-07-22 16:11:56

Son regard glissa vers le mur nu, vers le cadre en bois sculpté offert par son père le jour de son mariage. Il était toujours là. Il la fixait. Il l’accusait. Elle détourna les yeux.

Elle tendit la main vers la table basse, ramassa l’appareil, le retourna, le déverrouilla, et le tendit à Rebecca sans un mot.

Rebecca prit le téléphone. Elle regarda l’écran, fronça les sourcils en voyant la vidéo mise sur pause, et appuya sur play. Elle ne demanda pas ce que c’était. Elle ne demanda pas pourquoi Éléonore lui montrait ça. Elle regarda, simplement, avec cette attention totale qu’elle mettait dans tout ce qu’elle faisait.

Éléonore l’observa pendant qu’elle regardait.

Elle vit le moment exact où Rebecca reconnut Jacques. Un haussement de sourcils presque imperceptible, une crispation des lèvres. Elle vit le moment où elle reconnut Isaora. Un élargissement des pupilles, un arrêt du souffle, une immobilité soudaine comme si tout son corps se mettait en pause pour absorber le choc. Elle vit le moment où Rebecca comprit ce qu’elle était en train de regarder : son amie, sa sœur de cœur, venait de découvrir que son mari couchait avec sa propre sœur, et quelqu’un avait filmé la scène pour la lui envoyer.

Rebecca arrêta la vidéo avant la fin. Elle ne la regarda pas jusqu’au bout. Elle n’en avait pas besoin.

Elle reposa le téléphone sur la table, l’écran toujours tourné vers le haut, et resta debout, les bras croisés, le visage fermé. Quand elle parla, sa voix était différente. Plus basse. Plus grave. La voix qu’elle prenait quand elle passait en mode combat.

« Ce n’est pas Jacques qui a filmé ça. »

Éléonore cligna des yeux. C’était tellement inattendu, tellement à côté de ce qu’elle s’attendait à entendre, qu’elle mit quelques secondes à comprendre.

« Quoi ?

— Regarde l’angle. Regarde la position du lit par rapport à la porte. Regarde les reflets dans le miroir. »

Rebecca reprit le téléphone et fit défiler la vidéo jusqu’à un passage précis, celui où le cadreur faisait un pas de côté pour dévoiler le visage d’Isaora. Elle mit sur pause et tourna l’écran vers Éléonore.

« Tu vois ça ? L’ombre sur le mur, à droite. C’est l’ombre de la personne qui tient le téléphone. Elle est grande, mince. Ce n’est pas l’ombre de Jacques. Jacques est sur le lit, torse nu, en train de transpirer. Cette ombre-là, c’est quelqu’un d’autre. Quelqu’un qui était debout, habillé, et qui filmait. Quelqu’un qui était dans la pièce avec eux. »

Éléonore prit le téléphone et regarda l’écran. L’ombre était là, en effet, à peine visible sur le mur couleur crème, une silhouette allongée que la lumière de la lampe de chevet projetait derrière le cadreur. Elle ne l’avait pas remarquée la première fois, ni la deuxième. Elle était trop occupée à regarder Jacques, à regarder Isaora, à chercher le grain de beauté sur le sein, celui qui confirmait l’horreur. Mais maintenant que Rebecca le lui avait montré, elle ne voyait plus que ça : cette ombre, cette présence, ce troisième acteur dans la scène.

« Quelqu’un d’autre était dans la pièce », répéta Rebecca. Elle ne posait pas de question. Elle affirmait un fait, un constat qu’elle venait de faire en trois minutes de visionnage et qu’Éléonore n’avait pas fait en presque une heure. « Et ce quelqu’un, ce n’est pas un voyeur qui passait par là. Il a filmé ça de manière professionnelle, avec des changements d’angle, des gros plans. Il savait exactement ce qu’il faisait. Et il a envoyé la vidéo à un moment précis, avec un message précis. Ce n’est pas un accident, Léo. Ce n’est même pas une vengeance d’amant jaloux. C’est autre chose. »

Lanjutkan membaca buku ini secara gratis
Pindai kode untuk mengunduh Aplikasi

Bab terbaru

  • Sœurs de sang, Sœurs de lit   CHAPITRE 137 – Le baiser dans l’ombre

    — Pourquoi m’avez-vous amenée ici ? demanda-t-elle. — Je ne sais pas. Peut-être parce que j’avais besoin de vous montrer ça. De partager ce secret avec quelqu’un. — Pourquoi moi ? Il se tourna vers elle, et dans la pénombre de l’atelier, son visage était à la fois vulnérable et intense. Il la regardait comme on regarde une énigme, comme on cherche à déchiffrer un mystère qui vous échappe depuis trop longtemps. — Parce que vous êtes la première personne depuis trois ans qui me donne envie de finir quelque chose. Il s’approcha d’elle, lentement, comme s’il craignait de l’effrayer. Sa main se leva, hésitante, et vint se poser sur la joue d’Éléonore. Ses doigts étaient calleux, rugueux, marqués par des années de sculpture, mais son toucher était d’une douceur infinie. — Je ne sais pas ce qui m’arrive, murmura-t-il. Je ne sais pas ce que vous me faites. Mais depuis que vous êtes entrée dans ma vie, quelque chose a changé. Quelque chose que je croyais mort depuis longtemps. Éléonore n

  • Sœurs de sang, Sœurs de lit   CHAPITRE 136 – Le baiser dans l’ombre

    Il retira le drap d’un geste lent, presque cérémonieux. La sculpture apparut dans la lumière tamisée de l’atelier, et Éléonore retint son souffle. C’était une femme. Grande, mince, les traits à peine esquissés mais déjà reconnaissables. Pas une femme idéalisée, pas une déesse grecque ou une allégorie abstraite. Une femme réelle, avec ses imperfections, ses fragilités, ses forces. Les courbes des hanches étaient douces, les bras tendus vers le ciel exprimaient à la fois une prière et une révolte, et le visage – le visage était inachevé, les yeux à peine creusés dans le bois, la bouche simplement suggérée par une ligne courbe. — C’est Clara, dit Éléonore. — Oui. J’ai commencé cette sculpture la veille de sa mort. Elle était venue ici, dans cet atelier, pour me parler de ses découvertes. Elle était si excitée, si passionnée. Elle avait trouvé la preuve qui manquait, le document qui allait tout faire exploser. Elle tournait dans la pièce en parlant, en gesticulant, et je la regardais, e

  • Sœurs de sang, Sœurs de lit   CHAPITRE 135 – Le baiser dans l’ombre

    Maître Moreau hocha la tête et referma le dossier.— Très bien. Dans ce cas, nous avons une journée pour préparer la déposition. Monsieur Kane, j’aurai besoin de votre expertise pour les aspects financiers du dossier. Madame Servin, votre témoignage sera également essentiel. Et vous, mademoiselle Delcourt, vous allez devoir me raconter votre histoire. Toute votre histoire. Sans rien omettre, sans rien cacher, aussi douloureuse soit-elle.— Je suis prête, dit Isaora.— Alors commençons. Nous n’avons pas beaucoup de temps.***La journée au cabinet de Maître Moreau avait été épuisante. Pendant des heures, ils avaient épluché les documents, organisé les preuves, préparé les dépositions. Isaora avait raconté son histoire dans les moindres détails, d’une voix monocorde qui trahissait des années de souffrance contenue. L’avocate avait pris des notes, posé des questions, fait répéter certains passages jusqu’à ce qu’elle soit satisfaite de la précision du témoignage. Amir, de son côté, avait

  • Sœurs de sang, Sœurs de lit   CHAPITRE 134 – Rebecca et le contact police

    Dans le couloir, Rebecca composa un numéro qu’elle n’avait pas utilisé depuis des années. La sonnerie retentit une fois, deux fois, trois fois, puis une voix d’homme répondit.— Allô ?— Commandant Mercier ? C’est Rebecca Morel.Un silence. Puis la voix reprit, plus basse, plus méfiante.— Rebecca. Ça fait longtemps. Trop longtemps pour que ce soit un appel de courtoisie. Qu’est-ce que tu veux ?— J’ai besoin de ton aide. Une affaire sensible. Très sensible.— Quel genre d’affaire ?— Une femme victime de violences conjugales. Elle veut témoigner contre son agresseur. Mais son agresseur est un homme puissant, avec des connexions partout. Elle a besoin d’une protection officielle pour faire sa déposition.— Qui est l’agresseur ?Rebecca prit une profonde inspiration.— Le sénateur Jacques Servin.Le silence qui suivit fut si long qu’elle crut que Mercier avait raccroché. Puis il parla de nouveau, et sa voix avait changé. Elle était plus grave, plus tendue.— Tu sais ce que tu es en tra

  • Sœurs de sang, Sœurs de lit   CHAPITRE 133 – Rebecca et le contact police

    Le cabinet de Maître Delphine Moreau occupait le troisième étage d’un immeuble haussmannien de la rue de Rivoli, à deux pas du jardin des Tuileries. La porte était massive, en chêne verni, ornée d’une plaque de cuivre sobre qui ne portait que son nom et son titre. Rien de tapageur, rien d’ostentatoire. L’avocate n’avait pas besoin de faire de la publicité – sa réputation suffisait.La pièce principale était une vaste bibliothèque aux murs couverts de livres de droit, de recueils de jurisprudence, de codes annotés et cornés par des années d’usage. Un bureau en acajou trônait au centre, couvert de dossiers empilés avec une précision qui tenait du rituel. Derrière ce bureau, une femme d’une cinquantaine d’années, aux cheveux argentés coupés au carré et aux yeux d’un bleu perçant, les accueillit d’un geste de la main.— Asseyez-vous, je vous prie. J’ai pris connaissance du dossier que vous m’avez transmis par mail. C’est un travail remarquable. On dirait une enquête de police, tant c’est

  • Sœurs de sang, Sœurs de lit   CHAPITRE 132 – Le marché avec Isaora

    Isaora hocha lentement la tête. Elle semblait peser chaque mot, chaque idée, chaque possibilité.— D’accord, dit-elle enfin. Je vais témoigner. Je vais tout raconter. Les viols, les coups, les menaces, l’argent, le bébé, la mort de Clara. Tout. Sans rien cacher.Éléonore sentit un immense soulagement l’envahir, mais elle n’eut pas le temps de l’exprimer. Isaora leva une main pour l’interrompre.— Mais j’ai une condition.— Laquelle ?— Après le procès, je veux disparaître. Changer de nom. Changer de ville. Changer de vie. Je ne veux plus jamais entendre parler de cette famille. Plus jamais voir le visage de papa. Plus jamais croiser Jacques dans un couloir. Plus jamais être la sœur d’Éléonore, la fille de Charles, la maîtresse de Servin. Je veux être quelqu’un d’autre. Une femme ordinaire, anonyme, sans passé.Elle releva les yeux vers sa sœur, et dans son regard, il y avait une détermination farouche, presque désespérée.— Tu comprends ce que je te demande ?— Oui, dit Éléonore douce

Bab Lainnya
Jelajahi dan baca novel bagus secara gratis
Akses gratis ke berbagai novel bagus di aplikasi GoodNovel. Unduh buku yang kamu suka dan baca di mana saja & kapan saja.
Baca buku gratis di Aplikasi
Pindai kode untuk membaca di Aplikasi
DMCA.com Protection Status