Mag-log inJaxon observait Savannah intensément. Son regard se posa sur ses lèvres pleines, attirantes, comme si elles imploraient d’être embrassées. Agacé par cette pensée, il haussa légèrement un sourcil avant de répondre à sa remarque précédente.
« Est-ce un problème ? » demanda-t-il, la voix légèrement rauque, ce que Savannah ne remarqua pas.
« Non. » Elle secoua rapidement la tête.
Un autre silence s’installa, lourd de tension.
« Tu as mangé ? » demanda-t-il soudainement.
Savannah cligna des yeux, surprise.
« Oui. »
« Bien. » Il hocha la tête une fois.
Encore un silence.
La confusion de Savannah grandissait. Ce n’était pas ce à quoi elle s’attendait. Pas après la nuit précédente… et encore moins après ses menaces.
« Pourquoi ça vous importe ? » demanda-t-elle avant de pouvoir se retenir.
Elle regretta immédiatement ses mots.
Le regard de Jaxon s’assombrit.
« Ne te méprends pas », dit-il d’une voix basse. « Je ne fais pas ça pour toi. »
Le cœur de Savannah se serra.
Bien sûr.
« Tu m’appartiens maintenant », continua-t-il. « Et je ne tolère pas une propriété endommagée. »
Ses paroles la blessèrent profondément. Elle détourna le regard, retenant ses larmes.
« Je ne suis pas votre propriété », murmura-t-elle.
Mais il l’entendit.
Il s’approcha lentement, dangereusement.
« Tout dans ta situation actuelle prouve le contraire », dit-il en la fixant intensément.
Elle retint son souffle.
Il était trop proche.
Ses joues rougirent malgré elle.
Son réaction l’amusa, mais son visage se durcit aussitôt lorsqu’il se rappela qui elle était.
« Tu as signé ces papiers », murmura-t-il. « Tu portes mon nom. »
Ses mots la ramenèrent brutalement à la réalité.
« Je n’avais pas le choix », dit-elle, les mains tremblantes.
Jaxon inclina légèrement la tête.
« Moi non plus. »
Elle releva brusquement les yeux.
« Quoi ? »
Mais il s’était déjà reculé.
Comme si ce moment n’avait jamais existé.
« Habitue-toi à cet endroit », dit-il froidement. « Tu ne partiras pas. »
Le ton final de sa voix écrasa le peu d’espoir qu’il lui restait.
Il se dirigea vers la porte, puis s’arrêta.
« Demain, tu viens à l’entreprise avec moi. »
Les yeux de Savannah s’écarquillèrent.
« Q… quoi ? »
« Tu travailleras là-bas. »
Son cœur chuta.
« Travailler ? »
« Comme ma secrétaire », dit-il en jetant un regard par-dessus son épaule.
« Je ne sais rien faire de tout ça », répondit-elle rapidement.
« Tu apprendras. »
« Mais je ne veux pas— »
« Vouloir ? » coupa-t-il sèchement.
Un sourire froid étira ses lèvres.
« Tu crois encore que tes désirs comptent ? »
Sa voix s’éteignit.
Il ouvrit la porte.
« Sois prête à 8 heures. »
Et il partit.
Savannah resta figée.
Son avenir venait encore d’être décidé à sa place.
Elle s’assit lentement sur le lit.
Ses mains se crispèrent sur les draps.
« Tr… travailler pour lui ? »
Un rire amer lui échappa.
« J’ai vraiment échangé une prison contre une autre… »
Son regard se posa sur la fenêtre.
La nuit était totale.
Sombre. Infinie.
Comme son avenir.
Mais quelque part en elle… cette petite étincelle réapparut.
Faible. Fragile.
Mais vivante.
« Création de bijoux… »
Elle murmura ces mots.
Comme un secret.
Comme un espoir.
Et pour la première fois depuis longtemps… elle ne ressentait pas seulement de la peur.
Mais autre chose.
Quelque chose de petit.
Quelque chose de dangereux.
Le début silencieux d’une résistance.
Savannah dormit à peine.
Chaque fois qu’elle fermait les yeux, les cauchemars revenaient.
Le sourire de son oncle.
Le regard vide du juge.
Les yeux sombres de Jaxon.
Et un mot qui dominait tous les autres :
Propriété.
Quand le matin arriva, son corps était lourd.
Comme écrasé par un poids invisible.
Elle se força à se lever.
« Il n’y a pas de place pour la faiblesse… Papa disait toujours que je devais être forte », murmura-t-elle.
Devant le miroir, elle observa son reflet.
Ses yeux étaient encore gonflés… mais plus clairs.
Moins brisés.
Plus conscients.
« Je dois survivre », dit-elle fermement en serrant les poings.
Pas fuir.
Pas se battre.
Pas encore.
Survivre.
C’était la première étape.
On frappa à la porte.
« Entrez. »
Irene entra avec une tenue soigneusement préparée.
Un chemisier blanc ajusté et une jupe crayon noire.
Simple. Élégant. Professionnel.
« Pour aujourd’hui », dit-elle avec douceur.
« Merci… je vais me préparer », répondit Savannah.
En se changeant, elle sentit quelque chose d’étrange monter en elle.
De la nervosité.
Mais aussi…
De l’anticipation.
Quand elle descendit, Jaxon était déjà là.
Assis à table, lisant sur sa tablette.
Impeccable comme toujours.
Intouchable.
« Tu es en retard », dit-il calmement.
« Mais il est 7h55… »
« Et ? »
Elle cligna des yeux.
« J’ai dit prête à 8 heures. Pas presque prête. »
« Je suis désolée… »
Il l’observa un instant.
« Assieds-toi. »
Elle obéit.
Le petit-déjeuner était servi.
Le silence entre eux était pesant.
Contrôlé.
Comme lui.
« Mange correctement », dit-il soudainement.
« Je mange correctement… »
« Tu touches à peine à ton assiette. »
Elle serra légèrement la mâchoire.
« Je n’ai pas très faim. »
Jaxon se pencha légèrement en arrière.
« Ça ne marchera pas. »
« Comment ça ? »
« Tu auras besoin de forces. »
« Pour quoi ? »
Un léger sourire apparut sur ses lèvres.
Sans chaleur.
« Pour survivre à aujourd’hui. »
La peur revint immédiatement.
Le trajet se fit en silence.
Savannah regardait la ville défiler.
Ses pensées allaient plus vite que tout.
Secrétaire.
Elle n’avait jamais travaillé dans un bureau.
Son rêve…
C’était la création de bijoux.
Mais aujourd’hui…
Elle entrait dans le monde de Jaxon.
La voiture s’arrêta devant un immense bâtiment de verre et d’acier.
Impressionnant.
Puissant.
« C’est… »
« Blake Industries », dit Jaxon.
Son empire.
Sa prison.
À peine entrés, les regards se tournèrent.
Les murmures suivirent.
« C’est elle ? » « Elle est venue avec le patron… » « La nouvelle secrétaire ? »
Savannah sentit la tension immédiatement.
Mais Jaxon continua d’avancer.
Comme si rien n’existait.
Elle le suivit.
Essayant de ne pas se laisser écraser.
Dans l’ascenseur privé, le silence revint.
Lourd.
« Tu restes silencieuse sauf si on t’adresse la parole », dit Jaxon.
Savannah tourna la tête vers lui.
« Pardon ? »
« Au bureau. Ne parle pas inutilement. N’interviens pas. »
Ses sourcils se froncèrent.
« Je ne suis pas stupide. »
Il la regarda.
Froidement.
« Non. Tu es inexpérimentée. »
Ses mots la blessèrent.
Encore.
« Mais tu apprendras. »
Elle détourna le regard.
Pas encore.
Elle ne pouvait pas se battre.
Les portes s’ouvrirent sur le dernier étage.
Tout semblait plus… intimidant.
Plus raffiné.
Une femme s’approcha.
Grande. Élégante. Assurée.
Ses talons résonnaient avec autorité.
Savannah l’observa.
Qui était-elle ?
La femme s’arrêta devant eux.
Et d’une voix claire et maîtrisée, elle dit :
« Jaxon. »
CHAPITRE 142Chapitre FinalMarcus se réveilla à six heures trente avec la qualité modérément urgente qui indiquait la faim plutôt que la détresse, le son de quelqu'un qui avait un besoin et le communiquait avec l'emphase appropriée mais sans l'escalade qui aurait indiqué que quelque chose n'allait pas. Elle l'entendit à travers le moniteur et Jaxon l'entendit aussi, elle le sentit remonter à côté d'elle, et pendant un moment ils restèrent tous deux immobiles dans l'état à demi-éveillé des parents qui calibrent si le son exige une réponse immédiate ou s'il va se modérer en quelque chose qui peut attendre encore quelques minutes.Il ne se modéra pas. Il escalada avec la qualité décisive de quelqu'un qui avait fait une évaluation de la situation et trouvé le délai inacceptable.Elle commença à bouger et sentit la main de Jaxon sur son bras. «J'y vais», dit-il. Sa voix avait la qualité particulière de quelqu'un qui n'était pas pleinement réveillé et choisissait de faire quelque chose qua
CHAPITRE 141Marcus Blake eut six mois un jeudi. Elle le marqua non pas par une cérémonie mais par l'attention, qui était la forme de marquage qu'elle en était venue à préférer pour les choses qui comptaient le plus, la remarque délibérée et pleine d'une chose plutôt que la mise en scène de sa signification.Elle s'était réveillée tôt, plus tôt que Marcus pour une fois, et avait été allongée dans l'obscurité chaude de la chambre à compter les mois, de la façon dont elle les comptait parfois, non pas pour suivre une progression vers quoi que ce soit mais simplement pour tenir le poids entier du temps, la compréhension que six mois étaient à la fois un temps très court et un temps énorme, qu'ils contenaient en eux plus de changement que la plupart des années d'une vie adulte et que le changement n'avait pas été seulement en Marcus mais en eux tous, le foyer réorganisé autour de son arrivée de façons qui étaient visibles et de façons qui ne l'étaient pas, le visible étant la réorganisati
CHAPITRE 140Jaxon descendit à vingt heures trente, Marcus installé et le moniteur dans sa poche, et prit la chaise vide à côté d'elle et accepta le verre que George lui versa avec la gratitude facile de quelqu'un qui était arrivé dans une pièce qui était déjà chaude et rejoignait simplement la chaleur plutôt qu'avoir à la générer.Elle sentit sa main trouver son genou sous la table dans le geste bref et privé qui était l'un des nombreux petits langages qu'ils avaient développés entre eux, le vocabulaire d'une vie partagée qui n'exigeait aucune traduction parce qu'il n'existait que pour tous les deux et était donc toujours entièrement lisible.Elle posa sa main sur la sienne brièvement. Il retourna sa paume. Elle la tint un moment puis la lâcha et ils étaient de retour dans le dîner, dans la conversation et le vin et la longue soirée de juin qui s'était assombrie dehors par les fenêtres de la salle à manger jusqu'au bleu profond d'une nuit d'été londonienne, et la table tenait ses con
CHAPITRE 139Le dîner eut lieu un samedi soir dans la troisième semaine de juin quand l'été londonien s'était pleinement engagé envers lui-même de la façon dont il le faisait à l'occasion, abandonnant sa chaleur habituelle et qualifiée pour quelque chose de plus généreux et sans ambiguïté, le genre de soirée qui faisait paraître la ville comme une ville différente, tout le gris adouci et les bâtiments en pierre chauds dans la lumière horizontale longue d'une soirée de juin qui ne savait pas être autre chose que belle.Elle avait passé l'après-midi à préparer, non pas avec l'efficacité anxieuse de quelqu'un qui essaie de produire un résultat mais avec le plaisir particulier de quelqu'un qui fait quelque chose qu'il voulait faire pour des personnes pour lesquelles il voulait le faire, la cuisine étant sa propre forme de création, sa propre forme de soin exprimé à travers le pratique et le sensoriel plutôt que le visuel et le permanent. Irene avait proposé son aide et elle l'avait accept
CHAPITRE 138Margaret appela un samedi matin trois jours après que la neuvième pièce fut terminée, ce qui n'était pas inhabituel parce que Margaret appelait les samedis matin avec la régularité de quelqu'un qui avait décidé que les samedis matin étaient le moment juste pour le genre de conversation qui exigeait plus que de l'efficacité, qui avait besoin de la qualité particulière du temps du week-end qui était moins sous pression et plus honnête que la version des jours de semaine.Ce qui était inhabituel était la qualité de sa voix quand Savannah décrocha. La voix de Margaret avait une caractéristique constante que Savannah avait appris à bien connaître au fil des mois de leur relation, la maîtrise particulière de cette voix, la façon dont elle portait chaleur et intelligence en égale mesure tout en maintenant la diction précise de quelqu'un qui avait passé une vie dans des pièces où les mots avaient du poids et avait donc développé une relation soigneuse avec eux. Elle connaissait l
CHAPITRE 137L'après-midi qui suivit avait la qualité d'un bon après-midi d'été, ce qui voulait dire qu'il était plein et chaud et entièrement ordinaire dans le meilleur sens du terme. Elle passa une heure dans l'atelier après que Marcus se fut endormi, travaillant sur la sixième pièce, un bracelet qui se développait avec l'élan satisfaisant de quelque chose qui avait trouvé sa forme et avançait vers sa réalisation sans résistance.Jaxon monta à quatre heures avec du thé et resta vingt minutes, assis sur le tabouret de l'autre côté de l'établi avec son téléphone et travaillant dans le silence parallèle qui était l'une des choses qu'elle appréciait le plus dans la vie qu'ils avaient construite, la capacité d'être ensemble sans exiger que la présence commune soit mise en scène.Elle lui montra le bracelet en cours et il le regarda avec l'attention qu'il avait développée pour son travail, non pas la compréhension technique de quelqu'un formé à l'artisanat mais l'attention sincère et conc
4 heures plus tôtDans un bureau impeccable et baigné de lumière, un homme se tenait devant une baie vitrée allant du sol au plafond, offrant une vue sur toute la ville. Sa silhouette grande et droite dégageait une aura imposante, celle d’un homme qu’il ne fallait surtout pas provoquer.Il porta se
« Non, non oncle, s’il te plaît ne fais pas ça, non, arrête, arrête… »« ARRÊTE !!!!!!!!! »D’une voix forte, Savannah cria en se réveillant d’un cauchemar, un cauchemar qui la hantait depuis des années. Elle se redressa brusquement, ses jambes et ses mains toujours attachées. Elle remarqua que l’a
Un cendrier traversa soudainement la pièce, prêt à frapper Savannah au visage, mais heureusement, ses réflexes rapides et sa vivacité d’esprit lui permirent de l’éviter à temps.« Oncle, non ! Je ne veux pas me marier ! » cria Savannah en courant à travers la pièce, essayant désespérément d’échappe
Dans son bureau, Jaxon se tenait près de la fenêtre, observant la ville en contrebas… mais son esprit n’y était pas.Il pensait à elle.« Savannah… » murmura-t-il doucement.Il s’attendait à ce qu’elle craque. Qu’elle pleure, supplie ou s’enfuie.Mais ce n’était pas le cas.Pas complètement.Même a







