Clarette avait soudain l’amer sentiment que toutes ces années de dévouement n’avaient été qu’un immense gâchis.Elle s’était consumée pour les Chéron, gérant l’intendance du foyer, protégeant la réputation de Marcellus avec acharnement, clamant partout qu’elle avait un bon mari, attentif, responsable, irréprochable.Dans les salons, on l’enviait. On disait qu’elle avait fait un beau mariage.Mais elle seule connaissait les sacrifices et les peines qu’elle avait endurés.Aux prémices de leur union, le temps partagé avait été dérisoire, empêchant leur relation de prendre racine.Marcellus, lui, se consumait corps et âme pour ses accomplissements politiques et sa carrière, ne voyant jamais au-delà de l’extension de sa propre influence.« Je comprends que tu avances sur une corde raide en politique, mais pourquoi flatter ainsi Sylvie ? Qu’as-tu à craindre d’elle ? », a-t-elle demandé, tremblante de rage. « Tu prends son parti, mais moi alors ? J’suis ta femme ! Tu es un Chéron avant
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