ReinhartL’archive sent la poussière, le papier acide et l’oubli. Une cave du commissariat, éclairée au néon blafard. Des étagères métalliques montent jusqu’au plafond bas, chargées de boîtes, de chemises, de dossiers qui ont cessé de mériter l’attention du monde d’en haut.Je suis là depuis une heure. Ma blessure à la tempe pulse d’une douleur sourde. Mes doigts sont gris de poussière.Je cherche le nom. Celui que j’ai écrit dans le carnet.Lefèvre, Chloé. Disparue le 14 novembre 2012.Une boîte en carton, étiquetée à la main. L’encre a pâli. Je l’extirpe de sa rangée, la pose sur une table bancale. La poussière vole, danse dans les rais de lumière crue.À l’intérieur, peu de choses. Une fiche signalétique. Une photo d’identité : une jeune femme, des yeux clairs, un sourire timide. Vingt-quatre ans. Employée de bureau. Célibataire. Disparue après une soirée entre amis. Aucun signe de lutte. Aucun mobile. Aucun corps. Rien. Un vide parfait.Le dossier a été classé « sans suite » au bo
Última actualización : 2026-02-12 Leer más