MATHISLe scotch a un goût de cendres.Je le laisse glisser dans ma gorge, brûlant et inutile. Les murs de bois sombre du club semblent se resserrer, étouffants. Le fauteuil en cuir, autrefois un refuge, devient un piège. Chaque bruit feutré , le cliquetis d’un verre, le froissement d’un journal , est une agression. Ma propre peau me semble trop étroite, un costume mal taillé pour une agitation nouvelle, une douleur sourde que je ne sais pas nommer.Elle. Je ne prononce même pas son nom dans ma tête, c’est une onde de choc. C’est l’écho de sa voix, rauque de colère et de passion. C’est le souvenir physique, net, tranchant, de son corps contre le mien dans la pénombre de la réserve. L’odeur de la terre, du métal, et d’elle — un mélange de sueur, de sel et de quelque chose de vert, de vivace.Je ferme les yeux. Le protocole est en panne. La machine à classer est grippée, submergée par un flot de données incohérentes, contradictoires, insupportables.Je revois Elodie, ce matin au marché.
Last Updated : 2026-01-19 Read more