Je quitte le bureau à 19 h 12, comme une automate.Les néons du couloir me semblent trop blancs, trop crus. Dans l’ascenseur, je fixe mon reflet : yeux rougis, lèvres pincées, air de fille qui vient de se prendre un uppercut et qui fait semblant que ça ne fait pas mal.Dans le métro, je reste debout, accrochée à la barre, les écouteurs dans les oreilles sans musique.« Quel connard », je me répète en boucle.Quel énorme, magnifique, insupportable connard.Il m’a retournée comme une crêpe, il a tout mis sur mon dos, et le pire… c’est qu’il n’a pas complètement tort.Je sais qu’il est marié.Je sais.Et pourtant, quand il était là, à dix centimètres, à me défier de dire stop… je n’ai pas pu.Je n’ai pas voulu.C’est plus fort que moi. Plus fort que la morale, plus fort que la raison, plus fort que tout.Je suis pathétique.Chez moi, je balance mes chaussures dans l’entrée, je jette mon sac par terre, j’allume toutes les lumières comme si l’obscurité allait me bouffer.Je me sers un gran
Terakhir Diperbarui : 2025-12-30 Baca selengkapnya