La Citadelle d’Ébène était plongée dans un silence lourd, presque sacré, comme si les murs de cristal eux-mêmes retenaient leur souffle. Dans la chambre médicale aux lumières tamisées, Ngaba tenait son fils contre son torse nu, la peau noire encore marquée des cicatrices de ses combats passés. Le petit corps, si léger, si fragile, tremblait légèrement. L’œil doré, celui qui portait le Sang d’Ébène, fixait son père avec une innocence pure. L’œil noir, en revanche, pulsait comme une étoile morte, envoyant des vagues froides qui remontaient dans les veines de Ngaba chaque fois qu’il respirait.— Il s’appelle Kofi, murmura Ngaba d’une voix brisée, les lèvres collées contre le front minuscule du bébé. Kofi Ngaba. Comme la force de Douala. Comme le nom que Maman Elise aurait choisi si elle avait pu vivre assez longtemps pour le voir.Oxane, allongée sur le lit, le visage encore pâle et couvert de sueur, tendit une main faible. Ses doigts effleurèrent la joue de son fils,
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