À travers la porte qui séparait les deux salons, leurs regards semblaient s’affronter.L’un se tenait debout, grand et solidement bâti, et dégageait une présence écrasante, ouvertement provocatrice ; l’autre, assis, paraissait élégant, posé et distingué, mais laissait transparaître une froideur tranchante et une autorité implacable.L’atmosphère était électrique, comme si un affrontement pouvait éclater à tout instant.Suzanne était en route pour aller chercher Sarah à sa sortie de l’hôpital lorsque Fabien l’a appelée. Sa voix était basse et rauque.« Suzanne, où es-tu ? »Suzanne n’a rien décelé d’inhabituel dans sa voix.« Je suis occupée. »« Occupée où ? »Adossé à la banquette arrière, Fabien se massait le front, la tête baissée. À l’autre bout du fil, Suzanne entendait sa respiration, qui lui paraissait un peu lourde.« Tu me surveilles, maintenant ? »Suzanne a froncé les sourcils avec impatience, mais, toujours un peu inquiète, elle a ajouté : « Qu’est-ce qui t’arrive ? »
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