PDV de MathisLe lendemain s'était levé sans éclat. Un matin terne, presque malade, comme si la ville elle-même portait une fatigue ancienne.Assis au fond du café, près de la vitre embuée, je regardais les passants défiler sans vraiment les voir. Le monde continuait de tourner, voitures, klaxons, pas pressés, mais en moi, quelque chose s'était figé.Théo était là, en face de moi. Silencieux. Trop silencieux.Le café du pont avait toujours été notre refuge. Un endroit banal, presque invisible, où les voix se perdaient dans le bruit des machines et des cuillères. C'était ici qu'on avait ri, qu'on avait refait le monde, qu'on avait juré, plus jeunes, que rien ne nous séparerait jamais. Aujourd'hui, pourtant, l'air semblait plus lourd. Comme chargé d'un non-dit.— « T'as remarqué ? » murmura Théo sans lever les yeux de son téléphone.— « Quoi ? » répondis-je, distrait.Il hésita un instant, puis releva la tête. Son regard cherchait quelque chose derrière moi, dans le reflet de la vitre.
Read more