La foule était une bête.Je l’avais déjà sentie, pendant la cérémonie des morts cette masse compacte, silencieuse, retenue. Mais là, ce n’était plus la même chose. Là, la bête s’était éveillée. Elle grondait, elle hurlait, elle réclamait.Les torches vacillaient dans la nuit, et chaque fois qu’une flamme dansait, l’ombre des visages se tordait comme des masques de cire qu’on aurait approchés du feu. Des centaines de loups-garous, des hommes, des femmes, des enfants même les mères tenaient leurs petits contre leurs hanches, mais ne leur cachaient pas les yeux. On apprenait tôt, ici, à regarder la mort en face.— *Tael mirun !* cria quelqu’un. « À mort ! »— *Tael mirun !* reprirent d’autres voix.— *Shan’vel !* « Qu’ils paient ! »Les cris montaient, s’entrechoquaient, s’amplifiaient. Les poings se levaient, les mâchoires se serraient, et dans cette lumière rouge, les pupilles de certains s’étaient déjà élargies, les iris jaunissaient, la bête sous la peau réclamait sa part.Sur l’est
Terakhir Diperbarui : 2026-05-18 Baca selengkapnya