Chapitre 84GabrielJe reste planté là, au milieu de la foule, les bras ballants, le regard fixé sur la silhouette qui s'éloigne. Ariane vient de me quitter avec un sourire poli et une phrase sans appel, et je n'ai rien trouvé à répondre. Rien. Je suis resté muet, comme un idiot, pendant qu'elle s'évanouissait dans la cohue. Autour de moi, les conversations reprennent, les rires fusent, les verres s'entrechoquent, et je n'entends rien. Je ne vois qu'elle. Cette femme qui était ma femme, cette inconnue qui porte son visage.Je ne peux pas en rester là. Cette rencontre fugace, ces quelques mots échangés dans le brouhaha du gala, ce n'est pas suffisant. J'ai besoin de lui parler vraiment, de savoir qui elle est devenue, ce qu'elle fait, comment elle vit. J'ai besoin de comprendre ce qui a changé en elle, et peut-être, aussi, ce qui a changé en moi.Je prends une profonde inspiration, et je me remets en marche. Mes jambes sont lourdes, comme si je pataugeais dans du sable, mais je les forc
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