Chapitre 98ArianeJe me tiens en coulisses, dans la pénombre des tentures de velours, à quelques pas de la scène où le maître de cérémonie achève son discours. Ici, l'air est plus frais, plus sec, chargé d'une odeur de poussière et de bois ancien, et le bruit de la salle me parvient assourdi, comme un océan lointain dont on n'entend que la rumeur. Les projecteurs braqués sur l'estrade dessinent un mur de lumière blanche à quelques mètres de moi, et je reste en retrait, invisible, protégée par l'obscurité bienveillante des coulisses.Je pose une main sur ma poitrine, et je sens mon cœur battre contre ma paume. C'est un battement fort, régulier, presque solennel, comme le tambour qui annonce l'entrée d'une reine. Ma gorge est sèche, mes jambes tremblent légèrement sous le tissu fluide de ma robe, et je dois faire un effort conscient pour respirer lentement, profondément, pour ne pas me laisser submerger par l'émotion. La voix du maître de cérémonie me parvient à travers les tentures, d
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