Chapitre 68 Lina Les mots d'Elias résonnaient encore dans ma tête, et chaque syllabe était un coup de poignard qui s'enfonçait un peu plus profondément dans ma chair. Le sang de votre père a détruit ma famille. Cette phrase, prononcée de sa voix froide et distante, tournait en boucle dans mon esprit comme un verdict sans appel, une condamnation que je ne pouvais ni comprendre ni accepter. Je restai debout au milieu du bureau, les bras ballants, le carnet de croquis à mes pieds, abandonné sur le tapis persan comme un objet sans valeur, et je le regardais, lui, Elias, mon mari, l'homme que j'aimais et qui venait de m'arracher le cœur en quelques mots glacials. Il s'était tourné vers la fenêtre, me présentant son dos, ses épaules raides et tendues sous le tissu de sa chemise blanche, ses poings serrés le long
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