Il revient vers moi, s’arrête à ma hauteur. Sa main se lève, et je me raidis, prête au pire. Mais ses doigts effleurent ma joue avec une douceur qui contredit toute la violence de cette journée. Sa paume est chaude, calleuse, étonnamment tendre contre ma peau. Il caresse ma pommette du pouce, lentement, comme on caresse le pelage d’un animal qu’on s’apprête à abattre.— Toi aussi, tu me trahiras un jour, murmure-t-il. C’est dans ta nature. C’est dans la nature de tous ceux qui croisent mon chemin. Mais pas encore. Pas tout de suite.Ses doigts glissent le long de ma mâchoire, s’arrêtent sous mon menton, relèvent légèrement mon visage.— Tu m’as appelé monstre. Tu as raison. Mais les monstres aussi peuvent être blessés. Les monstres aussi ont des failles. Simplement, ils les cachent mieux que les autres.Il retire sa main. La chaleur de son contact persiste sur ma peau comme une brûlure légère. Il se détourne, fait un signe aux gardes.
Last Updated : 2026-06-25 Read more