Chapitre 80SohanLa douleur est partout, diffuse, lancinante, elle pulse dans mes os, dans mes muscles, dans chaque centimètre de ma peau, et pourtant, c'est une autre douleur qui me tient éveillé, une douleur plus ancienne, plus profonde, celle de tous ces mots que je retiens depuis des années et qui remontent maintenant dans ma gorge comme un poison. Je suis allongé sur ce lit d'hôpital, le corps brisé, le visage tuméfié, les doigts engourdis, et je la regarde, elle, Auréna, assise à mon chevet, les yeux rougis, les mains serrées sur les miennes, et je sens que je vais mourir si je ne lui dis pas, que je vais mourir si je le lui dis, que je suis déjà mort mille fois en me taisant.Elle pose une compresse fraîche sur mon front, et ce geste, ce simple geste de soin, me brise plus que tous les coups que j'ai reçus dans cette ruelle sombre. Elle est là, près de moi, et je voudrais lui dire merci, lui dire de ne pas s'inquiéter, lui dire de partir avant que je ne commette l'irréparable.
Dernière mise à jour : 2026-08-30 Read More