Chapitre 60KaëlJe rentre au manoir à la nuit tombée, épuisé par des heures de route et par le poids d'une journée passée à fuir mes propres pensées. La bâtisse se dresse sur la falaise, massive, sombre, inhospitalière. Les fenêtres de la salle à manger sont éclairées, et derrière les vitres, je devine sa silhouette. Elle m'attend. Ou plutôt, elle est là, assise à table, droite, glaciale, irréprochable.Elle est magnifique. Une robe de laine grise qui épouse ses épaules, un chignon bas, quelques mèches folles qui encadrent son visage. Peu de maquillage, mais ses yeux sont soulignés d'un trait sombre qui durcit son regard. Elle ne se lève pas quand j'entre, ne me salue pas, ne fait pas un geste. Elle lève simplement la tête, plante ses prunelles claires dans les miennes, et j'y lis un reproche si profond qu'il me cloue sur place._ Tu es rentré tard.Sa voix est neutre, presque indifférente. Une constatation, pas un reproche. C'est pire._ Paris ne m'a pas laissé le choix. Il y avait
Huling Na-update : 2026-09-04 Magbasa pa