SelynaQuand Aurore se réveille, en début d'après-midi, la fièvre est retombée, mais elle est faible, si faible qu'elle peut à peine se tenir debout. Elle me sourit pourtant, de ce sourire pâle qui me déchire le cœur, et elle dit : J'ai faim, maman.J'ai faim. Une phrase si ordinaire, si banale, et pourtant si précieuse. Tant qu'elle a faim, elle est vivante. Tant qu'elle est vivante, il y a de l'espoir. Cette phrase est une flamme minuscule dans les ténèbres, un fil ténu qui me rattache à la raison, une promesse que tout n'est pas encore perdu.Nous sortons de l'auberge, main dans la main, et nous nous aventurons dans les rues de la ville à la recherche de nourriture. Il y a un marché, non loin, une place poussiéreuse où des marchands vendent des fruits, des pains, des viandes séchées. Mais dès que nous y entrons, les regards se tournent vers nous.Les immortels nous dévisagent avec une hostilité à peine dissimulée. Leurs yeux de braise, d'or, de glace, s'attardent sur moi, sur Auror
Last Updated : 2026-08-21 Read more