Chapitre 27 – La méfiance de LénaLénaLe soleil perce à travers les rideaux sales du foyer, dessinant des rais de lumière poussiéreuse sur le sol usé. Je me réveille avec le corps courbaturé, la nuque raide, les doigts tachés d'encre. Mon carnet est resté ouvert sur ma poitrine, le stylo posé à côté de moi. J'ai écrit jusqu'au milieu de la nuit, sans m'en rendre compte, portée par un élan que je croyais éteint depuis des années. L'écriture m'a emportée, m'a libérée, m'a rappelé qui j'étais avant que la vie ne me brise.Je me redresse lentement, je referme le carnet, je le glisse sous mon oreiller. Les autres femmes du foyer commencent à s'agiter dans le couloir, les portes claquent, les voix résonnent. La journée commence, et avec elle, le retour à la réalité. Le bar, les clients, la fatigue, la faim. La survie, toujours.Je me lève, je m'habille rapidement, je descends dans la salle commune. Marthe est là, comme chaque matin, son torchon à la main, son sourire fatigué aux lèvres. El
Dernière mise à jour : 2026-09-16 Read More