
Il m'a Rejetée, maintenant il me RéclameAlors que le corps d’Isabella Luz se vidait de leur enfant à naître, Geoffrey Halem levait sa coupe au retour flamboyant de son amour de jeunesse. Quatre années de soins patients, de nuits à veiller, de présence fidèle… tout cela fut balayé d’un revers de main méprisant. Pour lui, elle n’avait été que l’ombre qui tient le foyer : une domestique, une cuisinière, rien de plus.
Isabella toucha le fond du désespoir et y puisa une force inattendue : celle de signer la rupture. Dans leur cercle huppé, on ricanait de sa réputation de femme « pot de colle », de celle qui ne sait pas lâcher prise. On fit des paris. « Avant ce soir, elle sera revenue ramper », souriait-on.
Geoffrey, lui, affichait un calme olympien. « Un jour ? C’est long. Donnez-lui une demi-journée tout au plus, elle reviendra d’elle-même. »
Mais le rideau était tombé. Isabella ne jouait plus. Elle se leva, épousseta les cendres de son ancienne vie, renoua avec la carrière sacrifiée et laissa de nouveaux visages croiser son chemin. Les heures s’égrenèrent en jours, puis en semaines. Le silence de son absence devint assourdissant dans la maison vide de Geoffrey. Et pour la première fois, la panique lui serra la gorge.
Avant qu’il ne puisse l’atteindre, une silhouette s’interposa. Une main ferme le repoussa, une présence glacée qui glaça l’air ambiant. John Johnson, le regard aussi coupant qu’une lame, lâcha cet avertissement cinglant : « On ne touche pas à ta belle-sœur. »
Il ne l’avait jamais aimée. Il s’en rendait compte maintenant, alors qu’il venait de la perdre. Mais lorsqu’il voulut enfin s’agenouiller pour elle, il n’y avait plus de place.