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CHAPITRE 219 – La vieille photo

Auteur: L'encre
last update Date de publication: 2026-08-19 15:32:33

Elle regarda de nouveau la photo, et cette fois, elle remarqua des détails qu’elle n’avait pas vus tout de suite. Les visages étaient nets, mais l’arrière-plan était flou, comme si le photographe avait fait la mise au point sur les trois hommes et laissé le reste dans le vague. Pourtant, en plissant les yeux, on distinguait quelque chose. Une silhouette, debout près de la porte de l’atelier. Une femme. Elle portait une robe claire, elle avait des cheveux bruns relevés en chignon, et elle regard
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  • Aimer Sans Nom   CHAPITRE 236 – Rebecca et Catherine

    Rebecca ne répondit pas tout de suite. Elle observait Catherine, cette femme qu’elle avait toujours vue effacée, silencieuse, et qui se tenait devant elle avec une force nouvelle, une détermination qu’elle n’avait jamais montrée auparavant.— Comment savez-vous tout cela ? demanda-t-elle.— Ma fille me parle. Enfin, elle me parle depuis peu. Depuis que j’ai décidé d’ouvrir les yeux, de ne plus me taire, de ne plus être complice du silence de mon mari. Elle m’a tout raconté. Votre enquête, vos découvertes, la cabane vandalisée, les menaces anonymes.— Et vous n’avez rien dit à votre mari ?— Non. Pas encore. J’attendais le bon moment.— Le bon moment est venu, Catherine.Catherine baissa les yeux, serra les mains l’une contre l’autre.— Je sais. C’est pour ça que je voulais vous voir. Pour que vous me montriez, à moi aussi. Je veux voir les preuves. Je veux savoir exactement ce qui s’est passé. Je veux pouvoir regarder mon mari dans les yeux et lui dire : « Voilà. Voilà ce que tu as re

  • Aimer Sans Nom   CHAPITRE 235 – Rebecca et Catherine

    — Ça, c’est une autre histoire. Élise s’en occupe. Elle a trouvé la confession dans le coffre de son père. Elle va le confronter, lui aussi. Lui demander des comptes.— Et s’il ne veut pas répondre ?— Alors on le confrontera tous ensemble. Mais chaque chose en son temps.Hélène se leva, fit quelques pas dans la cuisine, s’arrêta devant la fenêtre qui donnait sur le jardin. Étienne était debout près du vieux mur de pierre, immobile, le visage tourné vers le ciel. Il ne bougeait pas. Il regardait les nuages qui couraient dans le vent, les feuilles mortes qui tourbillonnaient, et il pensait. Il pensait à tout ce qu’il venait d’apprendre, à tout ce qu’il avait perdu, à tout ce qui pouvait encore être sauvé.— Il va avoir besoin de Gabriel, dit Hélène.— Oui. Gabriel est son fils. Il a le droit de savoir ce qui se passe.— Vous pouvez le prévenir ?— Bien sûr. Je vais aller le voir tout de suite.— Dites-lui de venir. Pas ce soir, ce soir c’est trop tôt. Mais demain. Demain, j’aurai parlé

  • Aimer Sans Nom   CHAPITRE 234 – « Il faut le dire à Étienne »

    Hélène s’était ressaisie, mais ses mains tremblaient encore. Elle avait rangé les documents dans le sac en cuir, avait essuyé ses yeux du revers de la main, et elle se tenait debout dans la cuisine, le dos appuyé contre l’évier, le regard fixé sur la porte du jardin par laquelle Étienne était sorti quelques minutes plus tôt. Il avait eu besoin d’air, de silence, de solitude. Elle le comprenait. Elle l’avait laissé partir sans rien dire, sachant qu’il reviendrait quand il serait prêt.Rebecca était restée. Elle n’avait pas voulu partir tout de suite, sentant que sa présence était encore nécessaire, que tout n’était pas fini. Elle était assise à la table de la cuisine, les mains croisées devant elle, et elle observait Hélène avec cette attention bienveillante qui la caractérisait.— Il faut tout lui dire, dit Hélène. Tout ce que vous m’avez montré. Le reste des lettres, la photo, les témoignages. Il faut qu’il sache.— Oui, répondit Rebecca. Mais pas tout de suite. Pas comme ça.— Pourq

  • Aimer Sans Nom   CHAPITRE 232 – Le cri d’Hélène

    Étienne ferma les yeux, et le souvenir remonta. Vincent, assis dans la cuisine, un verre de vin à la main. Vincent, qui lui tapait sur l’épaule, qui le rassurait, qui lui disait que tout allait s’arranger, que le procès n’était qu’une formalité, que la justice reconnaîtrait son innocence. Vincent, qui jouait avec Gabriel, qui lui offrait des bonbons, qui riait aux éclats.— Mon Dieu, murmura Étienne. Mon Dieu.— Il jouait avec nous, dit Hélène, et sa voix s’étrangla. Il nous regardait souffrir, et il souriait.— Il venait te voir, toi. Après le procès. Tu ne me l’as jamais dit.— J’avais peur. Peur de ce que tu ferais. Peur de ce qu’il ferait.— Qu’est-ce qu’il t’a dit ?Hélène baissa la tête, les yeux pleins de larmes.— Il m’a dit : « Tu vois ce qui arrive quand on ne choisit pas le bon cheval ? » Et il est parti en riant.Étienne se leva brusquement, fit quelques pas dans le jardin, les poings serrés. Il tremblait de tout son corps, secoué par une rage qui venait de loin, de très l

  • Aimer Sans Nom   CHAPITRE 231 – Le cri d’Hélène

    Hélène resta longtemps sur le seuil de la maison, le sac en cuir serré contre sa poitrine, à regarder son mari qui taillait les rosiers au fond du jardin. Il ne savait rien encore. Il ne savait pas que sa vie allait basculer dans quelques instants, que trente années de souffrance et de silence allaient trouver leur explication, leur résolution, leur dénouement.Elle respira profondément, rassembla son courage, et traversa le jardin.Étienne était penché sur un rosier ancien, un sécateur à la main, les gestes lents et précis. Il portait son vieux chapeau de paille, celui qu’il mettait toujours pour jardiner, et sa veste de travail élimée aux coudes. Il entendit les pas de sa femme, se redressa, et son visage s’assombrit en voyant son expression.— Qu’est-ce qui se passe ? demanda-t-il. Tu as pleuré.— Oui. J’ai pleuré.— Pourquoi ?— Assieds-toi, Étienne. S’il te plaît.Il posa le sécateur sur le muret de pierre, s’essuya les mains sur son pantalon, et s’assit sur le vieux banc de bois

  • Aimer Sans Nom   CHAPITRE 231 – Rebecca et Hélène

    Hélène prit la lettre, la regarda, mais ses mains tremblaient tellement qu’elle pouvait à peine lire. Elle la reposa sur la table, secoua la tête.— Je ne peux pas, murmura-t-elle. Je ne peux pas.— Je vais vous la lire, dit Rebecca doucement.Et elle lut. Chaque mot. Chaque phrase. L’opération est en place. Les documents sont prêts, les comptes sont falsifiés, les signatures imitées. Moreau ne se doute de rien. Fortier non plus. Ils ne se parleront plus jamais. La voix de Rebecca était calme, posée, mais chaque syllabe était une bombe qui explosait dans le silence de la cuisine.Quand elle eut fini, Hélène pleurait. Des larmes silencieuses qui coulaient sur ses joues, sans qu’elle cherche à les essuyer, sans qu’elle cherche à les cacher.— Trente ans, murmura-t-elle. Trente ans que je le sais. Au fond de moi, je l’ai toujours su. Mais je n’avais jamais de preuve. Jamais rien à montrer.— Maintenant, vous avez, dit Rebecca. Et ce n’est pas tout.Elle sortit la photo des trois hommes,

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