LOGINChapitre 3
Point de vue d’Alessia Valeri
Je ne savais pas pourquoi je courais. Enfin, si. Une partie de moi savait parfaitement pourquoi. L’homme dans cette ruelle n’était pas quelqu’un qu’il fallait observer. Il n’était pas quelqu’un dont il fallait croiser le regard. Pourtant, je l’avais fait. Et maintenant, je marchais rapidement dans les rues d’Oslo, mon cœur battant plus vite que d’habitude. Je détestais cette sensation. Cette impression d’avoir vu quelque chose que je n’aurais jamais dû voir. Je m’arrêtai devant une vitrine et regardai mon reflet. J’avais l’air calme.
Mais à l’intérieur, tout était différent.
– Qu’est-ce que tu fais, Alessia ?
Je murmurai ces mots en baissant les yeux. J’étais venue ici pour recommencer ma vie. Pas pour me mêler d’affaires dangereuses. Je connaissais déjà les conséquences des secrets. J’en avais grandi entourée. Alors pourquoi cet homme m’avait-il autant intriguée ? Je secouai la tête pour chasser cette pensée. Je ne connaissais même pas son nom. Je repris mon chemin jusqu’à mon appartement. Durant tout le trajet, j’avais la désagréable impression d’être suivie. Plusieurs fois, je regardai derrière moi. Personne. Seulement des passants qui continuaient leur vie. Mais mon instinct ne cessait de me prévenir. Lorsque j’arrivai devant mon immeuble, je remarquai quelque chose. La porte de mon appartement était légèrement ouverte. Je m’arrêtai immédiatement. Mon souffle se bloqua. J’étais certaine de l’avoir fermée. Je reculai doucement. Mon premier réflexe fut d’appeler la police.
Mais ma main resta immobile au-dessus de mon téléphone. Si quelqu’un était entré chez moi, pourquoi ? Je n’avais rien de valeur. À moins que ce ne soit pas mes affaires qu’on cherchait. Mais moi.
Cette pensée me glaça.
Je pris une profonde inspiration et poussai lentement la porte.
– Il y a quelqu’un ?
Aucune réponse. L’appartement était silencieux. Trop silencieux. J’avançai doucement. Chaque bruit semblait amplifié. La table était renversée. Des tiroirs étaient ouverts. Quelqu’un avait fouillé mes affaires. Je me précipitai vers ma chambre. Mon cœur s’accéléra. La vieille photo de mon père était toujours dans mon sac. Je l’avais gardée avec moi. Mais la personne qui était entrée connaissait-elle son existence ? Je pris le sac et vérifiai rapidement. La photo était là. Je poussai un soupir de soulagement. Puis je remarquai autre chose. Un morceau de papier posé sur mon lit. Je m’approchai lentement. Quelques mots étaient écrits dessus. Tu aurais dû rester loin de la Norvège. Mon sang se glaça.
Point de vue de Dario Bellucci
Nikolai posa le dossier sur mon bureau. Je n’avais pas besoin de demander ce qu’il contenait. Je savais déjà. Alessia Valeri. La femme qui était apparue au mauvais endroit, au mauvais moment.
Ou peut-être au moment exact où tout allait changer.
– Quelqu’un est entré chez elle, annonça Nikolai.
Je levai les yeux.
– Quand ?
– Quelques heures après votre rencontre.
Mon regard se durcit.
– Et tu viens seulement de me le dire ?
Nikolai resta silencieux. Il savait que je n’aimais pas perdre le contrôle.
– Je voulais d’abord confirmer.
Je pris le dossier et tournai les pages. Alessia Valeri. Vingt-cinq ans. Aucune activité criminelle connue. Aucun lien officiel avec des organisations dangereuses. Une vie presque trop normale. Et c’était justement ce qui m’inquiétait. Les personnes qui cachaient quelque chose avaient souvent les dossiers les plus propres.
– Quelqu’un la cherche, murmurai-je.
– Tu penses que c’est lié à son père ?
Le silence tomba. Le nom de Marco Valeri avait toujours été compliqué. Un homme entouré de rumeurs. Un homme dont la mort avait laissé plus de questions que de réponses.
– Je ne crois pas aux simples coïncidences, répondis-je.
Nikolai hocha la tête.
– Que veux-tu faire ?
Je refermai le dossier. Une partie de moi aurait dû rester éloignée. C’était la décision logique. La plus intelligente. Mais depuis que j’avais vu son regard dans cette ruelle, quelque chose avait changé.
Je n’aimais pas cette sensation.
– Surveille-la.
Nikolai me fixa.
– Et si elle découvre qu’on la suit ?
Je regardai par la fenêtre. Oslo brillait sous la neige. Une ville magnifique qui cachait des monstres.
– Alors assure-toi qu’elle découvre seulement ce que je veux qu’elle découvre.
Point de vue d’Alessia Valeri
Cette nuit-là, je ne dormis presque pas. Le mot était toujours dans ma tête. Tu aurais dû rester loin de la Norvège. Quelqu’un connaissait mon arrivée. Quelqu’un connaissait mon passé. Mais pourquoi ? Je me levai et pris la photo de mon père. Je la regardai longuement. Pour la première fois depuis des années, je me demandai si ma mère m’avait vraiment tout dit. Elle m’avait toujours assuré que mon père était mort dans un accident. Alors pourquoi quelqu’un me menaçait aujourd’hui à cause de lui ? Mon téléphone vibra soudainement.
Je sursautai.
Un nouveau numéro inconnu. Je regardai l’écran pendant plusieurs secondes avant de répondre.
– Allô ?
Cette fois, une voix répondit.
Une voix d’homme.
Froide.
– Tu aurais dû écouter l’avertissement.
Mon visage pâlit.
– Qui êtes-vous ?
Un silence.
Puis la voix reprit.
– Quelqu’un qui connaît la vérité sur ton père.
La ligne se coupa. Je restai immobile.Parce qu’à cet instant, je compris une chose.Mon passé n’était pas derrière moi. Il venait juste de commencer à me rattraper.
Chapitre 45Point de vue du narrateurAlessia sentit immédiatement son cœur accélérer. Soren se tenait à quelques mètres d’eux. Derrière lui, trois hommes armés occupaient le couloir. Dario se plaça devant Alessia.– Tu nous suivais ?Soren esquissa un sourire.– Je vous cherchais.– Pourquoi ?– Parce que si je ne vous trouvais pas avant eux, vous seriez déjà morts.Dario leva son arme.– Je commence sérieusement à en avoir assez de tes avertissements.Soren regarda son arme sans montrer la moindre peur.– Alors baisse-la.– Non.– Dario, si j’étais venu pour vous tuer, tu serais déjà mort.Un silence lourd s’installa.Alessia regarda les hommes derrière Soren.Ils n’avaient pas l’air d’être avec son grand-père.– Qui sont-ils ?Soren répondit :– Ceux qui ont tiré sur le vieil homme.Dario fronça les sourcils.– Ils l’ont attaqué ?– Oui.Alessia sentit un frisson.– Pourquoi quelqu’un voudrait tuer mon grand-père ?Soren la fixa.– Parce qu’il n’est pas le seul à vouloir récupérer
Chapitre 44Point de vue du narrateurAlessia sentit immédiatement son cœur accélérer. Soren se tenait à quelques mètres d’eux. Derrière lui, trois hommes armés occupaient le couloir. Dario se plaça devant Alessia.– Tu nous suivais ?Soren esquissa un sourire.– Je vous cherchais.– Pourquoi ?– Parce que si je ne vous trouvais pas avant eux, vous seriez déjà morts.Dario leva son arme.– Je commence sérieusement à en avoir assez de tes avertissements.Soren regarda son arme sans montrer la moindre peur.– Alors baisse-la.– Non.– Dario, si j’étais venu pour vous tuer, tu serais déjà mort.Un silence lourd s’installa.Alessia regarda les hommes derrière Soren.Ils n’avaient pas l’air d’être avec son grand-père.– Qui sont-ils ?Soren répondit :– Ceux qui ont tiré sur le vieil homme.Dario fronça les sourcils.– Ils l’ont attaqué ?– Oui.Alessia sentit un frisson.– Pourquoi quelqu’un voudrait tuer mon grand-père ?Soren la fixa.– Parce qu’il n’est pas le seul à vouloir récupérer
Chapitre 43Point de vue du narrateurDario ne quittait plus la photographie des yeux. Quelque chose venait de se briser dans son regard. Alessia le remarqua immédiatement.– Dario ?Il ne répondit pas.Isabella, elle, s’était approchée lentement.Lorsqu’elle vit la photographie, son visage se décomposa.– Où avez-vous trouvé ça ?Le vieil homme sourit.– Tu te souviens donc.– Cette photo aurait dû disparaître.– Beaucoup de choses auraient dû disparaître.Isabella serra les poings.– Vous avez détruit nos vies.– Non. J’ai simplement rappelé à chacun sa place.Marco eut un rire amer.– Tu appelles ça une place ? Tu as détruit ta propre famille.Le vieil homme se tourna vers lui.– Et pourtant, tu es revenu vers moi.– Je suis revenu pour protéger ma fille.– C’est justement pour cela que tu as tout perdu.Alessia s’avança.– Arrêtez de parler comme si j’étais un objet.Le vieil homme la fixa longuement.– Tu as raison.Il fit quelques pas autour d’elle.– Tu n’es pas un objet.Il s’
Chapitre 42Point de vue du narrateurLe silence qui suivit l’apparition du vieil homme fut plus terrifiant que les coups de feu. Alessia resta immobile. Son regard ne quittait pas cet homme aux cheveux blancs qui avançait lentement au milieu des hommes armés. Il ne semblait pas pressé. Il n’en avait pas besoin. Tout le monde semblait retenir son souffle devant lui.Dario s’avança légèrement devant Alessia, comme pour la protéger.Le vieil homme esquissa un sourire.– Toujours aussi protecteur, Dario.Dario se figea.Il connaissait cette voix.Pas personnellement.Mais il l’avait déjà entendue.Dans les archives de son père.Dans les anciens enregistrements de la famille Bellucci.– Qui êtes-vous ? demanda Dario.Le vieil homme continua d’avancer.– Tu connais déjà mon nom.Soren baissa brusquement les yeux.Pour la première fois depuis qu’Alessia le connaissait, il semblait réellement effrayé.Marco, lui, était devenu livide.Alessia remarqua son changement d’expression.– Papa ?Mar
Chapitre 41Point de vue du narrateurLes lumières s’éteignirent. Alessia sentit immédiatement une main saisir son poignet.– Ne bouge pas.C’était Dario.Elle se rapprocha instinctivement de lui.Dans l’obscurité, personne ne parlait.Puis un bruit métallique retentit.Quelqu’un venait de charger une arme.Dario murmura :– Tout le monde au sol.Un coup de feu éclata.La balle traversa l’endroit où Alessia se tenait une seconde plus tôt.Marco se jeta sur elle.– À terre !Nikolai alluma la lampe de son téléphone.Une silhouette se trouvait près de la porte.Dario tira.L’homme esquiva et disparut dans le couloir.– Suivez-le ! cria Nikolai.Dario voulut partir, mais Alessia le retint.– Attends.– Quoi ?– Il voulait seulement nous faire peur.Dario regarda autour de lui.Elle avait raison.L’homme aurait pu les tuer.Il avait volontairement tiré à côté d’eux.– Il voulait qu’on sorte de cette pièce, murmura Alessia.Marco comprit.– C’est un piège.Ils restèrent quelques secondes d
Chapitre 40 Point de vue du narrateurAlessia resta immobile. Elle regardait Dario comme si elle attendait qu’il lui dise qu’elle avait mal entendu.– Giovanni ?Dario ne répondit pas.Son visage avait perdu toute couleur.Une nouvelle rafale frappa les fenêtres.– À couvert ! cria Nikolai.Tout le monde se baissa.Isabella attrapa Alessia par le bras et l’entraîna vers le couloir.– Viens !– Mais Dario…– Il sait se défendre.Alessia résista.– Je ne pars pas sans lui.Dario arriva près d’elles.– Je suis là.Il attrapa la main d’Alessia.– On doit trouver une sortie.Marco rejoignit le groupe.– Il y a un passage derrière la bibliothèque.Isabella se retourna immédiatement.– Non.Marco la fixa.– C’est notre seule chance.– Ils connaissent ce passage.– Comment ?Isabella hésita.– Parce que c’est Giovanni qui l’a construit.Un silence glacial s’installa.Dario regarda sa mère.– Alors comment peut-il être dehors ?Isabella secoua la tête.– Ce n’est pas lui.Dario fronça les sou







