LOGINChapitre 4
Point de vue d’Alessia Valeri
Je n’avais pas fermé l’œil de la nuit. Chaque fois que je fermais les paupières, j’entendais encore cette voix.Froide. Calme. Mençante. Quelqu’un qui connaît la vérité sur ton père. Ces mots tournaient dans ma tête depuis des heures. Je détestais ne pas comprendre. Je détestais sentir que quelque chose m’échappait. Toute ma vie, j’avais eu l’impression qu’on me cachait une partie de mon histoire. Mais j’avais toujours pensé qu’un jour, les réponses viendraient naturellement. Je m’étais trompée. Les réponses ne venaient jamais seules. Il fallait parfois les arracher. Je me levai de mon lit et me dirigeai vers la cuisine. Mon appartement était plongé dans le silence. Un silence qui aurait dû être rassurant, mais qui me paraissait désormais menaçant.
Je préparai un café sans vraiment avoir envie de le boire. Mes yeux se posèrent encore une fois sur la photo de mon père posée sur la table. Marco Valeri. L’homme qui était censé avoir été un père aimant. L’homme qui était censé être mort dans un accident. Mais depuis hier, une question me hantait. Et si toute mon histoire reposait sur un mensonge ?
Mon téléphone était posé près de moi. J’hésitai quelques secondes avant de composer un numéro que je n’avais pas appelé depuis plusieurs jours. Ma mère. La seule personne qui pouvait peut-être m’expliquer.
La sonnerie retentit longtemps avant qu’elle décroche.
– Alessia ?
Sa voix semblait surprise.
– Maman.
Un silence passa entre nous.
Depuis mon départ, nos conversations étaient devenues difficiles. Pas parce que nous ne nous aimions pas, mais parce qu’il y avait toujours eu trop de choses non dites.
– Comment vas-tu ? demanda-t-elle finalement.
Je regardai la photo.
– J’ai besoin de te poser une question.
Je l’entendis retenir son souffle.
Comme si elle savait déjà ce que j’allais demander.
– Qu’est-ce qui se passe ?
Je fermai les yeux.
– Papa.
Le silence qui suivit confirma mes craintes.
– Alessia…
– Ne me dis pas que tout va bien. Pas cette fois.
Ma voix trembla légèrement.
– Quelqu’un est entré chez moi hier.
À l’autre bout du téléphone, je n’entendis plus rien.
– Maman ?
Sa respiration changea.
– Tu dois partir.
Je fronçai les sourcils.
– Quoi ?
– Tu m’entends ? Tu dois quitter Oslo immédiatement.
Mon cœur se serra.
– Pourquoi ?
Encore ce silence.
Ce silence qui avait toujours accompagné les secrets de ma famille.
– Parce que certaines personnes n’ont jamais oublié ton père.
Je me levai brusquement.
– Qui sont ces personnes ?
Mais elle ne répondit pas.
– Maman, réponds-moi !
Sa voix devint plus faible.
– Promets-moi une chose, Alessia.
– Quoi ?
– Ne fais confiance à personne.
La communication se coupa. Je restai immobile avec mon téléphone à la main. Ne faire confiance à personne. Même pas à ma propre famille.
Je n’avais pas prévu de sortir. Mais rester enfermée dans cet appartement me donnait l’impression d’être prisonnière. Alors je pris mon manteau et partis marcher dans Oslo. J’avais besoin d’air. Besoin de réfléchir. La ville était toujours aussi magnifique. Les rues enneigées, les lumières des magasins et les passants pressés donnaient l’impression que rien de dangereux ne pouvait arriver ici. Mais je savais maintenant que les apparences étaient trompeuses.Je m’arrêtai devant un petit café pour acheter une boisson chaude.
Alors que je sortais, quelqu’un me percuta.
– Excusez-moi.
Je levai les yeux. Un homme se tenait devant moi. Grand. Élégant. Mais quelque chose dans son regard me fit immédiatement rester sur mes gardes.
– Ce n’est rien.
Il me fixa quelques secondes avant de s’écarter. Un comportement étrange. Comme s’il m’avait reconnue. Je continuai mon chemin, mais une sensation désagréable resta présente. Je n’étais plus seulement observée. J’étais recherchée.
Point de vue de Dario Bellucci
J’avais toujours cru que les émotions étaient des distractions. Dans mon monde, un homme qui hésitait était un homme qui mourait. La pitié. L’attachement. L’amour. Toutes ces choses rendaient les gens faibles. Et pourtant, depuis deux jours, une seule personne occupait mon esprit: Alessia Valeri. Je détestais cette idée. Assis dans mon bureau, je regardais les informations que Nikolai venait de me transmettre.
– Elle a appelé sa mère ce matin, dit-il.
Je relevai les yeux.
– Et ?
– Sa mère lui a demandé de quitter Oslo.
Je pris le dossier.
– Pourquoi ?
Nikolai hésita.
– Elle a peur.
Je refermai lentement le dossier. La peur était rarement sans raison. Surtout chez les personnes qui connaissaient le passé de Marco Valeri.
– Quelqu’un l’a menacée hier soir, ajouta Nikolai.
Mon regard se durcit.
– Qui ?
– Nous cherchons encore.
Je me levai.
Cette réponse ne me plaisait pas. Dans mon monde, ne pas avoir de réponse était dangereux.
– Trouve-le.
Nikolai hocha la tête.
– Et Alessia ?
Je regardai la ville à travers la fenêtre. Je savais que je devais rester loin d’elle. Mais quelqu’un avait décidé de la placer au centre d’une guerre qui existait bien avant son arrivée.
– Je veux savoir où elle est.
Nikolai me fixa.
– Tu comptes intervenir ?
Je restai silencieux. Parce que je n’avais pas encore la réponse.Mais une chose était certaine. Si quelqu’un essayait de lui faire du mal… Il allait devoir passer par moi.
Chapitre 6Point de vue d’Alessia ValeriJe n’avais jamais rencontré quelqu’un comme lui. Dario Bellucci. Même son nom semblait porter un poids que je ne comprenais pas encore. Depuis notre rencontre au port, une seule question tournait dans ma tête. Pourquoi connaissait-il mon nom ? Je ne lui avais jamais parlé. Je ne lui avais jamais donné aucune information sur moi. Et pourtant, il savait qui j’étais. Comme s’il m’attendait. Comme s’il savait que j’allais apparaître dans sa vie. Cette idée me dérangeait. Je n’aimais pas les secrets. Et cet homme semblait être fait uniquement de secrets. Je rentrai à mon appartement en fin d’après-midi, toujours perdue dans mes pensées. La neige continuait de tomber doucement sur Oslo, mais je n’avais plus remarqué la beauté de la ville depuis plusieurs heures. Mon esprit était ailleurs. À peine avais-je ouvert la porte que je compris que quelque chose n’allait pas. L’appartement était différent. Pas beaucoup. Juste assez pour que je le remarque. Un
Chapitre 5Point de vue d’Alessia ValeriJe n’avais jamais été une personne paranoïaque. Du moins, je ne pensais pas l’être. Avant d’arriver à Oslo, j’aurais trouvé ridicule de regarder derrière moi dans la rue pour vérifier si quelqu’un me suivait. J’aurais pensé que les histoires de menaces et de secrets appartenaient aux films, pas à la réalité. Mais aujourd’hui, chaque silhouette inconnue attirait mon attention. Chaque voiture qui ralentissait près de moi me faisait douter. Chaque regard un peu trop long me rappelait que quelqu’un savait quelque chose sur moi. Je détestais cette sensation. Je détestais avoir peur.Je continuai de marcher jusqu’au port d’Oslo. L’air froid me brûlait les joues, mais cela me faisait du bien. Le bruit de l’eau et le mouvement des bateaux m’aidaient à calmer mes pensées.Je m’appuyai contre la rambarde et regardai l’horizon.– Qui étais-tu vraiment, papa ?Ma voix se perdit dans le vent. Je voulais des réponses. Pas des demi-vérités. Pas des silences.
Chapitre 4Point de vue d’Alessia ValeriJe n’avais pas fermé l’œil de la nuit. Chaque fois que je fermais les paupières, j’entendais encore cette voix.Froide. Calme. Mençante. Quelqu’un qui connaît la vérité sur ton père. Ces mots tournaient dans ma tête depuis des heures. Je détestais ne pas comprendre. Je détestais sentir que quelque chose m’échappait. Toute ma vie, j’avais eu l’impression qu’on me cachait une partie de mon histoire. Mais j’avais toujours pensé qu’un jour, les réponses viendraient naturellement. Je m’étais trompée. Les réponses ne venaient jamais seules. Il fallait parfois les arracher. Je me levai de mon lit et me dirigeai vers la cuisine. Mon appartement était plongé dans le silence. Un silence qui aurait dû être rassurant, mais qui me paraissait désormais menaçant.Je préparai un café sans vraiment avoir envie de le boire. Mes yeux se posèrent encore une fois sur la photo de mon père posée sur la table. Marco Valeri. L’homme qui était censé avoir été un père aim
Chapitre 3 Point de vue d’Alessia ValeriJe ne savais pas pourquoi je courais. Enfin, si. Une partie de moi savait parfaitement pourquoi. L’homme dans cette ruelle n’était pas quelqu’un qu’il fallait observer. Il n’était pas quelqu’un dont il fallait croiser le regard. Pourtant, je l’avais fait. Et maintenant, je marchais rapidement dans les rues d’Oslo, mon cœur battant plus vite que d’habitude. Je détestais cette sensation. Cette impression d’avoir vu quelque chose que je n’aurais jamais dû voir. Je m’arrêtai devant une vitrine et regardai mon reflet. J’avais l’air calme.Mais à l’intérieur, tout était différent.– Qu’est-ce que tu fais, Alessia ?Je murmurai ces mots en baissant les yeux. J’étais venue ici pour recommencer ma vie. Pas pour me mêler d’affaires dangereuses. Je connaissais déjà les conséquences des secrets. J’en avais grandi entourée. Alors pourquoi cet homme m’avait-il autant intriguée ? Je secouai la tête pour chasser cette pensée. Je ne connaissais même pas son no
Chapitre 2Point de vue d’Alessia ValeriJe n’avais jamais aimé les silences. Ils avaient toujours eu une façon étrange de faire remonter les souvenirs que j’essayais d’oublier. Depuis l’appel étrange de la veille, je n’avais cessé d’y penser. Un simple silence au bout du téléphone aurait dû être insignifiant. Une erreur. Une mauvaise blague. Mais quelque chose en moi refusait de croire que c’était le cas. J’avais appris une chose en grandissant : les coïncidences n’existaient pas toujours. Je terminai mon café en regardant la neige tomber derrière la fenêtre de mon appartement. Oslo était magnifique. Presque irréel. Les rues étaient calmes, les bâtiments élégants, les gens semblaient vivre sans se soucier des secrets qui pouvaient se cacher derrière chaque porte. J’enviais cette tranquillité.Moi, je n’avais jamais connu une vie sans questions. Je pris mon manteau, attrapai mon sac et quittai l’appartement. Aujourd’hui était le premier jour où je devais vraiment commencer ma nouvelle
Chapitre 1Point de vue d’Alessia ValeriLe froid avait toujours eu une façon particulière de rappeler aux gens qu’ils étaient encore en vie. À Oslo, l’hiver ne demandait pas la permission avant de s’installer. Il enveloppait les rues d’un manteau blanc, glaçait les vitres des immeubles et forçait les habitants à avancer plus vite, comme s’ils fuyaient quelque chose qu’ils ne pouvaient pas voir. Moi, je fuyais réellement.Assise dans le taxi qui traversait les rues silencieuses de la capitale norvégienne, je regardais les lumières défiler derrière la vitre. Chaque bâtiment, chaque rue inconnue représentait une nouvelle chance. Du moins, c’était ce que j’essayais de me convaincre. J’avais passé des années à vivre avec des questions sans réponses. Des secrets murmurés lorsque je quittais une pièce. Des conversations interrompues dès que j’entrais. Des regards remplis de peur lorsque le nom de mon père était prononcé.Aujourd’hui, j’avais décidé d’arrêter de chercher des réponses auprès d







