LOGINChapitre 2
Point de vue d’Alessia Valeri
Je n’avais jamais aimé les silences. Ils avaient toujours eu une façon étrange de faire remonter les souvenirs que j’essayais d’oublier. Depuis l’appel étrange de la veille, je n’avais cessé d’y penser. Un simple silence au bout du téléphone aurait dû être insignifiant. Une erreur. Une mauvaise blague. Mais quelque chose en moi refusait de croire que c’était le cas. J’avais appris une chose en grandissant : les coïncidences n’existaient pas toujours. Je terminai mon café en regardant la neige tomber derrière la fenêtre de mon appartement. Oslo était magnifique. Presque irréel. Les rues étaient calmes, les bâtiments élégants, les gens semblaient vivre sans se soucier des secrets qui pouvaient se cacher derrière chaque porte. J’enviais cette tranquillité.
Moi, je n’avais jamais connu une vie sans questions. Je pris mon manteau, attrapai mon sac et quittai l’appartement. Aujourd’hui était le premier jour où je devais vraiment commencer ma nouvelle vie. J’avais un rendez-vous dans une petite galerie d’art au centre-ville. Rien de prestigieux, mais c’était un début. Après des mois à chercher une opportunité, je voulais simplement prouver que je pouvais réussir seule.
Le vent froid me força à accélérer le pas.
– Oslo n’est vraiment pas tendre avec les nouveaux arrivants…
Je murmurai ces mots pour moi-même avant de sourire légèrement. Au moins, le froid avait le mérite de me distraire. Après une vingtaine de minutes, j’arrivai devant la galerie. L’endroit était chaleureux, à l’opposé du froid extérieur. Des peintures étaient accrochées aux murs, des sculptures occupaient les coins de la pièce et une douce musique résonnait dans l’air.
La responsable, une femme d’une quarantaine d’années aux cheveux blonds, m’accueillit avec un sourire.
– Alessia Valeri ?
Je hochai la tête.
– Oui.
– Je suis Ingrid Larsen. Merci d’être venue.
Nous nous serrâmes la main.
L’entretien se passa mieux que je ne l’avais imaginé. Pour la première fois depuis longtemps, je sentis que quelqu’un me regardait simplement comme Alessia, pas comme la fille de Marco Valeri. Quand je sortis de la galerie, j’avais presque oublié mon inquiétude de la veille. Presque. Je marchais dans une rue animée lorsque je remarquai quelque chose d’étrange. Une voiture noire était garée de l’autre côté de la rue. Une voiture luxueuse. Je ne savais pas pourquoi, mais mon instinct me poussa à la regarder plus longtemps. Les vitres étaient teintées. Impossible de voir qui était à l’intérieur. Je continuai mon chemin. Après quelques mètres, j’entendis des voix dans une ruelle voisine. Au début, je voulus continuer. Ce n’était pas mon problème. Mais quelque chose me poussa à ralentir. Une dispute. Puis un bruit sourd. Je me tournai légèrement. Mauvaise idée. Dans cette ruelle sombre, trois hommes faisaient face à un quatrième.
Un homme grand, vêtu d’un long manteau noir. Même de loin, je pouvais sentir qu’il n’était pas comme les autres. Il ne semblait pas avoir peur. Au contraire. C’était les autres qui semblaient terrifiés.
– Tu pensais vraiment pouvoir me trahir et disparaître ? demanda l’homme d’une voix calme.
Je restai immobile. Je savais que je devais partir. Mon cerveau me criait de partir. Mais mes pieds refusèrent de bouger. L’homme tourna légèrement la tête. Et pendant une seconde, son regard rencontra le mien. Un regard froid. Intense. Comme s’il pouvait voir toutes les choses que je cachais. Mon cœur rata un battement. Je ne savais pas encore qui il était. Je ne savais pas que cet homme allait bouleverser mon existence. Je ne savais pas que derrière ce regard se cachait l’homme le plus dangereux d’Oslo: Dario Bellucci.
Point de vue de Dario Bellucci
Je détestais les erreurs. Dans mon monde, une erreur pouvait coûter de l’argent. Une erreur pouvait coûter du pouvoir. Une erreur pouvait coûter une vie.
L’homme devant moi avait oublié cette règle.
– Tu as vendu des informations qui m’appartenaient, Erik.
Il tremblait. Je n’aimais pas les hommes qui suppliaient. La peur révélait toujours la vraie nature des gens.
– Dario, écoute-moi…
Je levai une main et il se tut immédiatement. Personne ne prononçait mon prénom avec autant de familiarité dans une situation comme celle-ci.
– Tu as eu une chance.
Un silence lourd tomba dans la ruelle. Puis je la vis. La jeune femme debout à l’entrée. Alessia Valeri. Je la reconnus immédiatement. Je connaissais son visage avant même de l’avoir rencontré. Mais les photos ne montraient jamais la réalité. Elles ne montraient pas cette façon qu’elle avait de me regarder sans savoir qui j’étais. La plupart des gens baissaient les yeux devant moi. Elle, non. Pendant quelques secondes, le monde autour de moi sembla disparaître.
Une chose rare.
Très rare.
– Dario ?
La voix de Nikolai me ramena à la réalité. Je détournai les yeux d’Alessia.
– Occupe-toi de lui.
Nikolai comprit immédiatement.
Mon regard retourna vers la rue. Mais Alessia n’était plus là. Elle était partie. Pourtant, quelque chose me disait que ce n’était que le début.
Chapitre 45Point de vue du narrateurAlessia sentit immédiatement son cœur accélérer. Soren se tenait à quelques mètres d’eux. Derrière lui, trois hommes armés occupaient le couloir. Dario se plaça devant Alessia.– Tu nous suivais ?Soren esquissa un sourire.– Je vous cherchais.– Pourquoi ?– Parce que si je ne vous trouvais pas avant eux, vous seriez déjà morts.Dario leva son arme.– Je commence sérieusement à en avoir assez de tes avertissements.Soren regarda son arme sans montrer la moindre peur.– Alors baisse-la.– Non.– Dario, si j’étais venu pour vous tuer, tu serais déjà mort.Un silence lourd s’installa.Alessia regarda les hommes derrière Soren.Ils n’avaient pas l’air d’être avec son grand-père.– Qui sont-ils ?Soren répondit :– Ceux qui ont tiré sur le vieil homme.Dario fronça les sourcils.– Ils l’ont attaqué ?– Oui.Alessia sentit un frisson.– Pourquoi quelqu’un voudrait tuer mon grand-père ?Soren la fixa.– Parce qu’il n’est pas le seul à vouloir récupérer
Chapitre 44Point de vue du narrateurAlessia sentit immédiatement son cœur accélérer. Soren se tenait à quelques mètres d’eux. Derrière lui, trois hommes armés occupaient le couloir. Dario se plaça devant Alessia.– Tu nous suivais ?Soren esquissa un sourire.– Je vous cherchais.– Pourquoi ?– Parce que si je ne vous trouvais pas avant eux, vous seriez déjà morts.Dario leva son arme.– Je commence sérieusement à en avoir assez de tes avertissements.Soren regarda son arme sans montrer la moindre peur.– Alors baisse-la.– Non.– Dario, si j’étais venu pour vous tuer, tu serais déjà mort.Un silence lourd s’installa.Alessia regarda les hommes derrière Soren.Ils n’avaient pas l’air d’être avec son grand-père.– Qui sont-ils ?Soren répondit :– Ceux qui ont tiré sur le vieil homme.Dario fronça les sourcils.– Ils l’ont attaqué ?– Oui.Alessia sentit un frisson.– Pourquoi quelqu’un voudrait tuer mon grand-père ?Soren la fixa.– Parce qu’il n’est pas le seul à vouloir récupérer
Chapitre 43Point de vue du narrateurDario ne quittait plus la photographie des yeux. Quelque chose venait de se briser dans son regard. Alessia le remarqua immédiatement.– Dario ?Il ne répondit pas.Isabella, elle, s’était approchée lentement.Lorsqu’elle vit la photographie, son visage se décomposa.– Où avez-vous trouvé ça ?Le vieil homme sourit.– Tu te souviens donc.– Cette photo aurait dû disparaître.– Beaucoup de choses auraient dû disparaître.Isabella serra les poings.– Vous avez détruit nos vies.– Non. J’ai simplement rappelé à chacun sa place.Marco eut un rire amer.– Tu appelles ça une place ? Tu as détruit ta propre famille.Le vieil homme se tourna vers lui.– Et pourtant, tu es revenu vers moi.– Je suis revenu pour protéger ma fille.– C’est justement pour cela que tu as tout perdu.Alessia s’avança.– Arrêtez de parler comme si j’étais un objet.Le vieil homme la fixa longuement.– Tu as raison.Il fit quelques pas autour d’elle.– Tu n’es pas un objet.Il s’
Chapitre 42Point de vue du narrateurLe silence qui suivit l’apparition du vieil homme fut plus terrifiant que les coups de feu. Alessia resta immobile. Son regard ne quittait pas cet homme aux cheveux blancs qui avançait lentement au milieu des hommes armés. Il ne semblait pas pressé. Il n’en avait pas besoin. Tout le monde semblait retenir son souffle devant lui.Dario s’avança légèrement devant Alessia, comme pour la protéger.Le vieil homme esquissa un sourire.– Toujours aussi protecteur, Dario.Dario se figea.Il connaissait cette voix.Pas personnellement.Mais il l’avait déjà entendue.Dans les archives de son père.Dans les anciens enregistrements de la famille Bellucci.– Qui êtes-vous ? demanda Dario.Le vieil homme continua d’avancer.– Tu connais déjà mon nom.Soren baissa brusquement les yeux.Pour la première fois depuis qu’Alessia le connaissait, il semblait réellement effrayé.Marco, lui, était devenu livide.Alessia remarqua son changement d’expression.– Papa ?Mar
Chapitre 41Point de vue du narrateurLes lumières s’éteignirent. Alessia sentit immédiatement une main saisir son poignet.– Ne bouge pas.C’était Dario.Elle se rapprocha instinctivement de lui.Dans l’obscurité, personne ne parlait.Puis un bruit métallique retentit.Quelqu’un venait de charger une arme.Dario murmura :– Tout le monde au sol.Un coup de feu éclata.La balle traversa l’endroit où Alessia se tenait une seconde plus tôt.Marco se jeta sur elle.– À terre !Nikolai alluma la lampe de son téléphone.Une silhouette se trouvait près de la porte.Dario tira.L’homme esquiva et disparut dans le couloir.– Suivez-le ! cria Nikolai.Dario voulut partir, mais Alessia le retint.– Attends.– Quoi ?– Il voulait seulement nous faire peur.Dario regarda autour de lui.Elle avait raison.L’homme aurait pu les tuer.Il avait volontairement tiré à côté d’eux.– Il voulait qu’on sorte de cette pièce, murmura Alessia.Marco comprit.– C’est un piège.Ils restèrent quelques secondes d
Chapitre 40 Point de vue du narrateurAlessia resta immobile. Elle regardait Dario comme si elle attendait qu’il lui dise qu’elle avait mal entendu.– Giovanni ?Dario ne répondit pas.Son visage avait perdu toute couleur.Une nouvelle rafale frappa les fenêtres.– À couvert ! cria Nikolai.Tout le monde se baissa.Isabella attrapa Alessia par le bras et l’entraîna vers le couloir.– Viens !– Mais Dario…– Il sait se défendre.Alessia résista.– Je ne pars pas sans lui.Dario arriva près d’elles.– Je suis là.Il attrapa la main d’Alessia.– On doit trouver une sortie.Marco rejoignit le groupe.– Il y a un passage derrière la bibliothèque.Isabella se retourna immédiatement.– Non.Marco la fixa.– C’est notre seule chance.– Ils connaissent ce passage.– Comment ?Isabella hésita.– Parce que c’est Giovanni qui l’a construit.Un silence glacial s’installa.Dario regarda sa mère.– Alors comment peut-il être dehors ?Isabella secoua la tête.– Ce n’est pas lui.Dario fronça les sou







