LOGINChapitre 6
Point de vue d’Alessia Valeri
Je n’avais jamais rencontré quelqu’un comme lui. Dario Bellucci. Même son nom semblait porter un poids que je ne comprenais pas encore. Depuis notre rencontre au port, une seule question tournait dans ma tête. Pourquoi connaissait-il mon nom ? Je ne lui avais jamais parlé. Je ne lui avais jamais donné aucune information sur moi. Et pourtant, il savait qui j’étais. Comme s’il m’attendait. Comme s’il savait que j’allais apparaître dans sa vie. Cette idée me dérangeait. Je n’aimais pas les secrets. Et cet homme semblait être fait uniquement de secrets. Je rentrai à mon appartement en fin d’après-midi, toujours perdue dans mes pensées. La neige continuait de tomber doucement sur Oslo, mais je n’avais plus remarqué la beauté de la ville depuis plusieurs heures. Mon esprit était ailleurs. À peine avais-je ouvert la porte que je compris que quelque chose n’allait pas. L’appartement était différent. Pas beaucoup. Juste assez pour que je le remarque. Une chaise légèrement déplacée. Un livre qui n’était plus exactement à sa place. Je restai immobile. Quelqu’un était encore entré. Mon cœur se mit à battre plus vite. Je refermai doucement la porte derrière moi sans faire de bruit. Avant, j’aurais probablement paniqué. Mais la peur avait laissé place à autre chose. De la colère. J’en avais assez. Assez que des inconnus entrent dans ma vie, dans ma maison, dans mon passé, sans jamais m’expliquer pourquoi.
– Qui êtes-vous ?
Ma voix résonna dans l’appartement vide. Aucune réponse. Je pris mon téléphone. Cette fois, j’étais prête à appeler la police. Mais avant que je ne compose le numéro, une ombre bougea dans le salon. Je me figeai. Un homme sortit lentement de l’obscurité. Pas Dario. Un autre. Il portait une veste sombre et son visage ne montrait aucune émotion.
– Alessia Valeri.
Le fait qu’il connaisse mon nom me fit reculer.
– Comment connaissez-vous mon nom ?
Il ne répondit pas. Il s’approcha. Je serrai mon téléphone dans ma main.
– Ne vous approchez pas.
Il s’arrêta.
Puis il sourit légèrement.
– Tu as vraiment le même caractère que ton père.
Cette phrase me fit immédiatement réagir.
– Ne parlez pas de lui.
L’homme inclina légèrement la tête.
– Tu ne sais même pas qui il était.
La colère monta en moi.
– Et vous, vous pensez savoir mieux que moi ?
Un silence.
Puis il sortit une enveloppe de sa poche et la posa sur la table.
– Ouvre-la quand tu seras prête à connaître la vérité.
Je regardai l’enveloppe.
Puis lui.
– Qui vous envoie ?
Il ne répondit pas. Il se dirigea vers la sortie.
– Attendez !
Il s’arrêta sans se retourner.
– Pourquoi moi ?
Sa réponse fut simple.
– Parce que ton père a fait une promesse.
Puis il disparut. Je restai seule dans l’appartement. Avec une enveloppe. Et encore plus de questions.
Je restai plusieurs minutes sans bouger. Cette enveloppe semblait peser plus lourd que n’importe quel objet que j’avais tenu entre mes mains. Je savais que je devais l’ouvrir. Je savais aussi que je pouvais découvrir quelque chose qui changerait toute ma vie. Mais une partie de moi avait peur. Parce qu’au fond, je savais déjà une chose. La vérité que je cherchais depuis des années n’allait pas me libérer. Elle allait peut-être me détruire. Finalement, je pris l’enveloppe. Mes doigts tremblaient légèrement lorsque je l’ouvris. À l’intérieur, il y avait seulement une feuille. Quelques lignes. Quelques mots. Mais ils suffirent à faire disparaître toutes mes certitudes.
“Alessia, si tu lis cette lettre, cela signifie que je ne suis plus là pour te protéger.
Ne cherche pas les réponses. Elles viendront à toi. Mais souviens-toi d’une chose : ne fais jamais confiance aux Bellucci.”Je relus la dernière phrase plusieurs fois.
Les Bellucci. Ce nom. Le même que celui de Dario. Mon souffle se bloqua. Pourquoi mon père m’avertissait-il contre un homme que je venais à peine de rencontrer ? Et surtout… Pourquoi avais-je l’impression que cette lettre n’était que le début ?
Point de vue de Dario Bellucci
J’avais appris depuis longtemps à reconnaître les signes. Un mouvement inhabituel. Une information qui disparaissait. Un silence trop long. Tout cela annonçait toujours un problème. Et aujourd’hui, le problème portait un nom. Alessia Valeri. Assis dans mon bureau, je regardais la photo posée devant moi. Pas celle d’un dossier. Une vraie photo. Celle que Nikolai avait prise lorsqu’elle était arrivée à Oslo. Elle ne savait pas encore dans quoi elle avait mis les pieds. Et peut-être que c’était mieux ainsi.
– Tu sembles préoccupé.
La voix de Nikolai me sortit de mes pensées.
Je levai les yeux.
– Je réfléchis.
Il eut un léger sourire.
– Ce qui est rare.
Je le regardai froidement.
Il comprit immédiatement qu’il était allé trop loin.
– Quelqu’un est entré chez elle.
Mon expression changea.
– Quand ?
– Aujourd’hui.
Je me levai.
– Et tu ne me l’as pas dit immédiatement ?
– Je voulais vérifier certaines choses.
Je pris mon manteau.
– Qu’est-ce qu’ils ont pris ?
Nikolai hésita.
– Rien.
Je m’arrêtai. Rien. Alors pourquoi entrer ? La réponse était évidente. Ils ne cherchaient pas un objet. Ils cherchaient une information.
Ou une personne.
Alessia.
– Trouve qui était derrière ça.
Nikolai hocha la tête.
– Et toi ?
Je regardai la ville enneigée à travers la fenêtre. Pour la première fois depuis longtemps, je n’étais pas certain de la décision à prendre.
– Je vais m’assurer qu’elle reste en vie.
Chapitre 45Point de vue du narrateurAlessia sentit immédiatement son cœur accélérer. Soren se tenait à quelques mètres d’eux. Derrière lui, trois hommes armés occupaient le couloir. Dario se plaça devant Alessia.– Tu nous suivais ?Soren esquissa un sourire.– Je vous cherchais.– Pourquoi ?– Parce que si je ne vous trouvais pas avant eux, vous seriez déjà morts.Dario leva son arme.– Je commence sérieusement à en avoir assez de tes avertissements.Soren regarda son arme sans montrer la moindre peur.– Alors baisse-la.– Non.– Dario, si j’étais venu pour vous tuer, tu serais déjà mort.Un silence lourd s’installa.Alessia regarda les hommes derrière Soren.Ils n’avaient pas l’air d’être avec son grand-père.– Qui sont-ils ?Soren répondit :– Ceux qui ont tiré sur le vieil homme.Dario fronça les sourcils.– Ils l’ont attaqué ?– Oui.Alessia sentit un frisson.– Pourquoi quelqu’un voudrait tuer mon grand-père ?Soren la fixa.– Parce qu’il n’est pas le seul à vouloir récupérer
Chapitre 44Point de vue du narrateurAlessia sentit immédiatement son cœur accélérer. Soren se tenait à quelques mètres d’eux. Derrière lui, trois hommes armés occupaient le couloir. Dario se plaça devant Alessia.– Tu nous suivais ?Soren esquissa un sourire.– Je vous cherchais.– Pourquoi ?– Parce que si je ne vous trouvais pas avant eux, vous seriez déjà morts.Dario leva son arme.– Je commence sérieusement à en avoir assez de tes avertissements.Soren regarda son arme sans montrer la moindre peur.– Alors baisse-la.– Non.– Dario, si j’étais venu pour vous tuer, tu serais déjà mort.Un silence lourd s’installa.Alessia regarda les hommes derrière Soren.Ils n’avaient pas l’air d’être avec son grand-père.– Qui sont-ils ?Soren répondit :– Ceux qui ont tiré sur le vieil homme.Dario fronça les sourcils.– Ils l’ont attaqué ?– Oui.Alessia sentit un frisson.– Pourquoi quelqu’un voudrait tuer mon grand-père ?Soren la fixa.– Parce qu’il n’est pas le seul à vouloir récupérer
Chapitre 43Point de vue du narrateurDario ne quittait plus la photographie des yeux. Quelque chose venait de se briser dans son regard. Alessia le remarqua immédiatement.– Dario ?Il ne répondit pas.Isabella, elle, s’était approchée lentement.Lorsqu’elle vit la photographie, son visage se décomposa.– Où avez-vous trouvé ça ?Le vieil homme sourit.– Tu te souviens donc.– Cette photo aurait dû disparaître.– Beaucoup de choses auraient dû disparaître.Isabella serra les poings.– Vous avez détruit nos vies.– Non. J’ai simplement rappelé à chacun sa place.Marco eut un rire amer.– Tu appelles ça une place ? Tu as détruit ta propre famille.Le vieil homme se tourna vers lui.– Et pourtant, tu es revenu vers moi.– Je suis revenu pour protéger ma fille.– C’est justement pour cela que tu as tout perdu.Alessia s’avança.– Arrêtez de parler comme si j’étais un objet.Le vieil homme la fixa longuement.– Tu as raison.Il fit quelques pas autour d’elle.– Tu n’es pas un objet.Il s’
Chapitre 42Point de vue du narrateurLe silence qui suivit l’apparition du vieil homme fut plus terrifiant que les coups de feu. Alessia resta immobile. Son regard ne quittait pas cet homme aux cheveux blancs qui avançait lentement au milieu des hommes armés. Il ne semblait pas pressé. Il n’en avait pas besoin. Tout le monde semblait retenir son souffle devant lui.Dario s’avança légèrement devant Alessia, comme pour la protéger.Le vieil homme esquissa un sourire.– Toujours aussi protecteur, Dario.Dario se figea.Il connaissait cette voix.Pas personnellement.Mais il l’avait déjà entendue.Dans les archives de son père.Dans les anciens enregistrements de la famille Bellucci.– Qui êtes-vous ? demanda Dario.Le vieil homme continua d’avancer.– Tu connais déjà mon nom.Soren baissa brusquement les yeux.Pour la première fois depuis qu’Alessia le connaissait, il semblait réellement effrayé.Marco, lui, était devenu livide.Alessia remarqua son changement d’expression.– Papa ?Mar
Chapitre 41Point de vue du narrateurLes lumières s’éteignirent. Alessia sentit immédiatement une main saisir son poignet.– Ne bouge pas.C’était Dario.Elle se rapprocha instinctivement de lui.Dans l’obscurité, personne ne parlait.Puis un bruit métallique retentit.Quelqu’un venait de charger une arme.Dario murmura :– Tout le monde au sol.Un coup de feu éclata.La balle traversa l’endroit où Alessia se tenait une seconde plus tôt.Marco se jeta sur elle.– À terre !Nikolai alluma la lampe de son téléphone.Une silhouette se trouvait près de la porte.Dario tira.L’homme esquiva et disparut dans le couloir.– Suivez-le ! cria Nikolai.Dario voulut partir, mais Alessia le retint.– Attends.– Quoi ?– Il voulait seulement nous faire peur.Dario regarda autour de lui.Elle avait raison.L’homme aurait pu les tuer.Il avait volontairement tiré à côté d’eux.– Il voulait qu’on sorte de cette pièce, murmura Alessia.Marco comprit.– C’est un piège.Ils restèrent quelques secondes d
Chapitre 40 Point de vue du narrateurAlessia resta immobile. Elle regardait Dario comme si elle attendait qu’il lui dise qu’elle avait mal entendu.– Giovanni ?Dario ne répondit pas.Son visage avait perdu toute couleur.Une nouvelle rafale frappa les fenêtres.– À couvert ! cria Nikolai.Tout le monde se baissa.Isabella attrapa Alessia par le bras et l’entraîna vers le couloir.– Viens !– Mais Dario…– Il sait se défendre.Alessia résista.– Je ne pars pas sans lui.Dario arriva près d’elles.– Je suis là.Il attrapa la main d’Alessia.– On doit trouver une sortie.Marco rejoignit le groupe.– Il y a un passage derrière la bibliothèque.Isabella se retourna immédiatement.– Non.Marco la fixa.– C’est notre seule chance.– Ils connaissent ce passage.– Comment ?Isabella hésita.– Parce que c’est Giovanni qui l’a construit.Un silence glacial s’installa.Dario regarda sa mère.– Alors comment peut-il être dehors ?Isabella secoua la tête.– Ce n’est pas lui.Dario fronça les sou







