LOGINChapitre 5
Point de vue d’Alessia Valeri
Je n’avais jamais été une personne paranoïaque. Du moins, je ne pensais pas l’être. Avant d’arriver à Oslo, j’aurais trouvé ridicule de regarder derrière moi dans la rue pour vérifier si quelqu’un me suivait. J’aurais pensé que les histoires de menaces et de secrets appartenaient aux films, pas à la réalité. Mais aujourd’hui, chaque silhouette inconnue attirait mon attention. Chaque voiture qui ralentissait près de moi me faisait douter. Chaque regard un peu trop long me rappelait que quelqu’un savait quelque chose sur moi. Je détestais cette sensation. Je détestais avoir peur.
Je continuai de marcher jusqu’au port d’Oslo. L’air froid me brûlait les joues, mais cela me faisait du bien. Le bruit de l’eau et le mouvement des bateaux m’aidaient à calmer mes pensées.
Je m’appuyai contre la rambarde et regardai l’horizon.
– Qui étais-tu vraiment, papa ?
Ma voix se perdit dans le vent. Je voulais des réponses. Pas des demi-vérités. Pas des silences.
Je voulais comprendre pourquoi ma mère avait eu peur au simple moment où j’avais prononcé son nom. Je sortis la vieille photo de mon sac. Je l’avais regardée des centaines de fois. Mais aujourd’hui, quelque chose attira mon attention. À l’arrière de la photo, une inscription que je n’avais jamais remarquée. Une date. Et quelques mots écrits à la main. Pour Alessia. Si un jour tu découvres la vérité, rappelle-toi que je t’ai toujours aimée. Mon souffle se coupa. Je retournai la photo plusieurs fois. Pourquoi n’avais-je jamais vu ces mots avant ?
Ou plutôt…
Pourquoi avais-je l’impression qu’on avait essayé de me cacher cette partie ?
– Intéressant.
Je sursautai. Une voix masculine venait de derrière moi. Je me retournai rapidement. L’homme qui se tenait devant moi n’était pas celui que j’avais vu dans la ruelle. Il était plus âgé. Son visage était marqué par le temps, mais son regard était dur.
– Vous m’avez fait peur.
Il eut un léger sourire.
Un sourire qui ne me rassura pas.
– Ce n’était pas mon intention.
Je rangeai rapidement la photo dans mon sac.
– Vous êtes ?
Il ne répondit pas immédiatement. Il observa mon visage comme s’il cherchait à confirmer quelque chose.
– Quelqu’un qui connaît votre père.
Mon corps se figea. Encore. Toujours la même chose.Mon père.
– Comment connaissez-vous mon père ?
Son expression changea légèrement.
– Vous posez trop de questions pour quelqu’un qui veut rester en vie.
Mon regard se durcit.
– Et vous, vous parlez trop pour quelqu’un qui veut me faire croire qu’il est ici pour m’aider.
Un silence tomba. Pendant une seconde, je crus voir de la surprise dans ses yeux.
Puis il sourit.
– Vous avez son caractère.
Je reculai légèrement.
– Qui êtes-vous ?
Mais avant qu’il ne réponde, une autre voix retentit derrière lui.
– Éloignez-vous d’elle.
Cette voix. Je la connaissais. Je me retournai. Et mon cœur s’arrêta presque.L’homme de la ruelle.Le regard froid. Le visage impassible.Dario Bellucci.
Point de vue de Dario Bellucci
Je n’aimais pas les situations incontrôlables. Encore moins lorsqu’elles concernaient Alessia Valeri. Depuis quelques heures, je savais qu’un homme la suivait. Je voulais savoir pourquoi. Mais je n’avais pas prévu de la voir se retrouver face à lui. Soren Falk. Mon ennemi depuis des années. Un homme qui ne faisait jamais rien sans raison.
Et s’il était devant Alessia aujourd’hui, ce n’était pas une simple rencontre.
– Dario Bellucci…
Soren prononça mon nom avec un calme qui cachait une menace.
Je m’avançai.
– Soren.
Alessia regardait alternativement entre nous deux. Elle ne comprenait pas encore. Et c’était mieux ainsi.
– Vous vous connaissez ? demanda-t-elle.
Je ne quittai pas Soren des yeux.
– Plus que je ne le voudrais.
Soren eut un sourire amusé.
– Elle ne sait donc rien.
Je sentis mon regard se durcir.
– Pars.
Il pencha légèrement la tête.
– Tu crois vraiment pouvoir la protéger éternellement ?
Alessia fronça les sourcils.
– Me protéger de quoi ?
Je gardai le silence. Parce que je ne pouvais pas lui répondre. Pas encore. Soren recula doucement.
– Nous nous reverrons, Alessia.
Puis il partit. Je restai immobile jusqu’à ce qu’il disparaisse parmi les passants. Ensuite seulement, je regardai Alessia. Elle était en colère.
Je pouvais le voir.
– Qu’est-ce qui se passe ?
Sa voix était plus ferme que je ne l’avais imaginé. Je ne répondis pas immédiatement. Elle n’était pas une femme fragile. Elle voulait des réponses.
Mais certaines vérités détruisaient les gens.
– Vous devriez rentrer chez vous.
Son expression changea.
– C’est votre réponse ?
Je soutins son regard.
– C’est un conseil.
Elle eut un rire sans joie.
– Vous êtes toujours comme ça ?
– Comme quoi ?
– Vous pensez que donner des ordres suffit pour que les gens obéissent.
Je ne répondis pas. Parce qu’elle avait raison. La plupart des gens avaient peur de moi. Elle, non. Elle me défiait. Et cela m’agaçait autant que cela m’intriguait.
– Alessia.
C’était la première fois que je prononçais son prénom. Elle sembla surprise.
– Comment connaissez-vous mon nom ?
Un silence.
Une seconde de trop. Elle remarqua immédiatement.Bien sûr qu’elle le remarqua.Elle était plus intelligente que prévu.
– Vous me surveillez ?
Je ne répondis pas. Et mon silence fut une réponse. Son regard changea.La peur apparut enfin.Pas pour elle. Pour ce qu’elle venait de comprendre.
Elle recula d’un pas.
– Qui êtes-vous vraiment ?
Je la regardai.
Une question simple. Mais dont la réponse pouvait changer toute sa vie.
– Quelqu’un que vous devriez éviter.
Puis je partis.Mais alors que je m’éloignais, je savais déjà une chose.Alessia Valeri était devenue une menace. Pas pour mon empire. Pas pour ma sécurité. Pour mon contrôle.
Chapitre 45Point de vue du narrateurAlessia sentit immédiatement son cœur accélérer. Soren se tenait à quelques mètres d’eux. Derrière lui, trois hommes armés occupaient le couloir. Dario se plaça devant Alessia.– Tu nous suivais ?Soren esquissa un sourire.– Je vous cherchais.– Pourquoi ?– Parce que si je ne vous trouvais pas avant eux, vous seriez déjà morts.Dario leva son arme.– Je commence sérieusement à en avoir assez de tes avertissements.Soren regarda son arme sans montrer la moindre peur.– Alors baisse-la.– Non.– Dario, si j’étais venu pour vous tuer, tu serais déjà mort.Un silence lourd s’installa.Alessia regarda les hommes derrière Soren.Ils n’avaient pas l’air d’être avec son grand-père.– Qui sont-ils ?Soren répondit :– Ceux qui ont tiré sur le vieil homme.Dario fronça les sourcils.– Ils l’ont attaqué ?– Oui.Alessia sentit un frisson.– Pourquoi quelqu’un voudrait tuer mon grand-père ?Soren la fixa.– Parce qu’il n’est pas le seul à vouloir récupérer
Chapitre 44Point de vue du narrateurAlessia sentit immédiatement son cœur accélérer. Soren se tenait à quelques mètres d’eux. Derrière lui, trois hommes armés occupaient le couloir. Dario se plaça devant Alessia.– Tu nous suivais ?Soren esquissa un sourire.– Je vous cherchais.– Pourquoi ?– Parce que si je ne vous trouvais pas avant eux, vous seriez déjà morts.Dario leva son arme.– Je commence sérieusement à en avoir assez de tes avertissements.Soren regarda son arme sans montrer la moindre peur.– Alors baisse-la.– Non.– Dario, si j’étais venu pour vous tuer, tu serais déjà mort.Un silence lourd s’installa.Alessia regarda les hommes derrière Soren.Ils n’avaient pas l’air d’être avec son grand-père.– Qui sont-ils ?Soren répondit :– Ceux qui ont tiré sur le vieil homme.Dario fronça les sourcils.– Ils l’ont attaqué ?– Oui.Alessia sentit un frisson.– Pourquoi quelqu’un voudrait tuer mon grand-père ?Soren la fixa.– Parce qu’il n’est pas le seul à vouloir récupérer
Chapitre 43Point de vue du narrateurDario ne quittait plus la photographie des yeux. Quelque chose venait de se briser dans son regard. Alessia le remarqua immédiatement.– Dario ?Il ne répondit pas.Isabella, elle, s’était approchée lentement.Lorsqu’elle vit la photographie, son visage se décomposa.– Où avez-vous trouvé ça ?Le vieil homme sourit.– Tu te souviens donc.– Cette photo aurait dû disparaître.– Beaucoup de choses auraient dû disparaître.Isabella serra les poings.– Vous avez détruit nos vies.– Non. J’ai simplement rappelé à chacun sa place.Marco eut un rire amer.– Tu appelles ça une place ? Tu as détruit ta propre famille.Le vieil homme se tourna vers lui.– Et pourtant, tu es revenu vers moi.– Je suis revenu pour protéger ma fille.– C’est justement pour cela que tu as tout perdu.Alessia s’avança.– Arrêtez de parler comme si j’étais un objet.Le vieil homme la fixa longuement.– Tu as raison.Il fit quelques pas autour d’elle.– Tu n’es pas un objet.Il s’
Chapitre 42Point de vue du narrateurLe silence qui suivit l’apparition du vieil homme fut plus terrifiant que les coups de feu. Alessia resta immobile. Son regard ne quittait pas cet homme aux cheveux blancs qui avançait lentement au milieu des hommes armés. Il ne semblait pas pressé. Il n’en avait pas besoin. Tout le monde semblait retenir son souffle devant lui.Dario s’avança légèrement devant Alessia, comme pour la protéger.Le vieil homme esquissa un sourire.– Toujours aussi protecteur, Dario.Dario se figea.Il connaissait cette voix.Pas personnellement.Mais il l’avait déjà entendue.Dans les archives de son père.Dans les anciens enregistrements de la famille Bellucci.– Qui êtes-vous ? demanda Dario.Le vieil homme continua d’avancer.– Tu connais déjà mon nom.Soren baissa brusquement les yeux.Pour la première fois depuis qu’Alessia le connaissait, il semblait réellement effrayé.Marco, lui, était devenu livide.Alessia remarqua son changement d’expression.– Papa ?Mar
Chapitre 41Point de vue du narrateurLes lumières s’éteignirent. Alessia sentit immédiatement une main saisir son poignet.– Ne bouge pas.C’était Dario.Elle se rapprocha instinctivement de lui.Dans l’obscurité, personne ne parlait.Puis un bruit métallique retentit.Quelqu’un venait de charger une arme.Dario murmura :– Tout le monde au sol.Un coup de feu éclata.La balle traversa l’endroit où Alessia se tenait une seconde plus tôt.Marco se jeta sur elle.– À terre !Nikolai alluma la lampe de son téléphone.Une silhouette se trouvait près de la porte.Dario tira.L’homme esquiva et disparut dans le couloir.– Suivez-le ! cria Nikolai.Dario voulut partir, mais Alessia le retint.– Attends.– Quoi ?– Il voulait seulement nous faire peur.Dario regarda autour de lui.Elle avait raison.L’homme aurait pu les tuer.Il avait volontairement tiré à côté d’eux.– Il voulait qu’on sorte de cette pièce, murmura Alessia.Marco comprit.– C’est un piège.Ils restèrent quelques secondes d
Chapitre 40 Point de vue du narrateurAlessia resta immobile. Elle regardait Dario comme si elle attendait qu’il lui dise qu’elle avait mal entendu.– Giovanni ?Dario ne répondit pas.Son visage avait perdu toute couleur.Une nouvelle rafale frappa les fenêtres.– À couvert ! cria Nikolai.Tout le monde se baissa.Isabella attrapa Alessia par le bras et l’entraîna vers le couloir.– Viens !– Mais Dario…– Il sait se défendre.Alessia résista.– Je ne pars pas sans lui.Dario arriva près d’elles.– Je suis là.Il attrapa la main d’Alessia.– On doit trouver une sortie.Marco rejoignit le groupe.– Il y a un passage derrière la bibliothèque.Isabella se retourna immédiatement.– Non.Marco la fixa.– C’est notre seule chance.– Ils connaissent ce passage.– Comment ?Isabella hésita.– Parce que c’est Giovanni qui l’a construit.Un silence glacial s’installa.Dario regarda sa mère.– Alors comment peut-il être dehors ?Isabella secoua la tête.– Ce n’est pas lui.Dario fronça les sou







