Se connecterL'université de Gabriel lança une enquête. C'était procédure standard face à de telles accusations. Pendant deux semaines, il fut suspendu en attendant les résultats.
Ces deux semaines furent un enfer. Gabriel sombra dans une dépression visible. Il restait chez lui, refusait de voir des amis, se noyait dans le travail académique. Je le visitais chaque jour, essayant de le soutenir tout en gérant mes propres doutes. —Et si tout le monde avait raison depuis le débAvril arriva avec une douceur trompeuse. Iris avait maintenant treize mois et testait constamment ses limites escaladant tout, refusant de manger autre chose que des pâtes, ayant des crises de colère spectaculaires quand on lui disait non.— C'est normal, me rassura maman. Tu étais exactement pareille à cet âge. Têtue comme une mule.— Génial. Elle a hérité de mes pires traits.— Et de ta force aussi. Ne l'oublie pas.Mais ce n'était pas le comportement d'Iris qui me préoccupait ce mois-là. C'était quelque chose d'autre. Quelque chose que j'avais enfoui profondément et qui refaisait surface de manière inattendue.Ça commença par un cauchemar. Je rêvais de ce premier jour à l'université, entrant dans l'amphithéâre de Gabriel. Mais dans le rêve, tout le monde me pointait du doigt, chuchotant. Et quand je regardais vers Gabriel, il se détournait, honteux.Je me réveillai en sueur, le cœur battant.— Qu'est-ce qui ne va pas
Novembre arriva avec ses pluies froides et un moment que j'avais redouté : le deuxième anniversaire de la publication de "Renaissance". Notre éditeur voulait organiser un événement spécial une table ronde sur "Où sont-ils maintenant ?", avec Gabriel et moi discutant de comment nos vies avaient évolué depuis le livre.— Je ne suis pas sûre, dis-je à Gabriel un soir pendant qu'Iris jouait à nos pieds. C'est remuer le passé. Tout le monde a avancé.— Pas tout le monde. Nous recevons encore des messages de lecteurs. Des gens qui vivent des situations similaires. Qui ont besoin de savoir comment nous avons survécu.— Mais Iris. Les gens vont parler d'elle. La pointer du doigt comme le "bébé du scandale".— Elle a neuf mois. Elle ne comprend pas. Et dans quelques années, quand elle comprendra, nous lui aurons déjà expliqué notre histoire.Il marqua une pause.— Mais c'est votre décision. Si vous pensez que c'est trop, on refuse.
Mars arriva avec ses promesses de printemps, et Iris avait cinq mois. Elle était devenue un bébé joyeux et curieux, riant aux éclats pour les choses les plus simples le visage de Gabriel, les chatouilles de Lucas, les chansons que maman lui chantait.Mais avec sa croissance venaient aussi les questions. Les gens que nous croisions dans la rue, les autres parents aux groupes de bébés, les médecins aux rendez-vous.— Alors, c'est votre premier ? demanda une mère au parc, regardant Iris avec admiration.— Oui, répondis-je.— Et papa est où ? Au travail ?— Il est là, dis-je en pointant Gabriel qui poussait Iris sur la balançoire pour bébés.La femme suivit mon regard, et je vis le calcul se faire dans ses yeux. L'âge de Gabriel. Mon âge. La différence évidente.— Oh. C'est... votre père aussi ?— Mon mari, corrigeai-je fermement. Le père d'Iris.— Oh. Je vois. C'est... moderne.Elle s'éloigna rapi
Décembre arriva avec son manteau de froid et la magie des fêtes. Ce serait le premier Noël d'Iris, même si à deux mois, elle ne comprendrait rien. Mais pour nous, c'était monumental notre première grande fête en tant que famille de trois. Maman insista pour que nous célébrions tous ensemble elle et Jean, Gabriel et moi avec Iris, et Lucas. Notre famille recomposée bizarre dans toute sa gloire compliquée. — On fait ça chez nous, dit-elle. Nous avons plus d'espace. Et puis, je veux qu'Iris ait ses premiers souvenirs de Noël dans une vraie maison familiale. Gabriel et moi étions réticents. Passer Noël dans l'appartement où lui et maman avaient vécu ensemble semblait étrange. Mais elle insista. — C'est un nouveau chapitre. Nous tous ensemble, célébrant la nouvelle génération. Il faut arrêter de laisser le passé dicter le présent. Elle avait raison, comme toujours. ✿*:・゚ Les jours pré
Le travail commença par une nuit d'octobre, deux semaines avant la date prévue. Je me réveillai à trois heures du matin avec une douleur sourde dans le dos, pensant d'abord que c'était juste l'inconfort habituel de la grossesse tardive.Puis mes eaux se rompirent.— Gabriel. Gabriel, réveille-toi.Il bondit du lit, instantanément alerte.— Quoi ? Qu'est-ce qui se passe ? Le bébé ?— Mes eaux. Elles viennent de se rompre.Son visage passa de l'endormissement à la panique pure en une fraction de seconde.— D'accord. D'accord. Nous avons répété ça. Le sac est prêt. La voiture est en bas. Je... où sont mes chaussures ?— Gabriel, respire. Nous avons le temps.Mais à peine avais-je dit ça qu'une contraction me frappa, bien plus forte que je ne m'y attendais. Je me pliai en deux, agrippant le bord du lit.— Ou peut-être pas tant de temps que ça.✿*:・゚Le trajet vers l'hôpital fut su
À vingt semaines, nous apprîmes le sexe lors de l'échographie. Gabriel tenait ma main, les yeux rivés sur l'écran où notre bébé bougeait, suçait son pouce, vivait.— Vous voulez savoir ? demanda la technienne.Gabriel me regarda. Nous avions discuté de ça.— Oui, dis-je. On veut savoir.— C'est une fille. Félicitations.Gabriel se mit à pleurer. Des sanglots profonds qui le secouaient.— Une fille. Nous avons une fille.Sur le chemin du retour, il ne cessait de répéter ça.— Une petite fille. Qui vous ressemblera. Qui sera aussi intelligente et têtue que vous. Mon Dieu, je suis fichu.— Pourquoi fichu ?— Parce que je serai complètement sous son emprise. Tout comme je le suis sous la vôtre.Il posa sa main sur mon ventre.— Bonjour, petite fille. Je suis ton papa. Et je suis déjà follement amoureux de toi.✿*:・゚Choisir un prénom fut un défi. Nous voulions qu







