MasukEt si le plus grand amour de ta vie ne te voyait même pas ? Eliott vit un enfer silencieux. Chaque jour, il rit avec Lena, sa meilleure amie. Chaque soir, il rêve d’elle, la désire, l’aime à en crever. Mais dans son cœur à elle, un autre nom résonne : Jack. Le garçon parfait. Le garçon qu’elle veut. « Je l’aime depuis une éternité. Et elle, elle ne voit rien. » Entre éclats de rire étouffés, regards volés et rendez-vous brisés, Eliott encaisse. Il écoute Lena lui parler de celui qu’elle aime… pendant qu’il se meurt de ne pas être “celui-là”. Mais un geste, un silence de trop, une absence, une soirée… et tout dérape. Le cœur d’Eliott déborde. Lena vacille. Et Jack n’est peut-être pas celui qu’il prétend être. « Je suis là. Toujours là. Mais combien de temps encore ? » Un triangle amoureux à la tension insoutenable. Un garçon blessé, une fille écartelée, un choix impossible. 🖤 L’amour peut-il survivre à l’amitié ? 🔥 Et si tomber amoureux de sa meilleure amie… c’était la pire erreur de sa vie ?
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Deux. Trois. Quatre. Mes muscles brûlent, mais je m'en sers comme d'un ancrage. Mes bras fléchissent, mes coudes frôlant mes côtes dans un frottement devenu familier. À quelques centimètres du sol, je bloque ma descente. L'effort me broie les épaules, la contraction de mes triceps irradie dans tout mon torse, mais je m'oblige à tenir. Je repousse violemment sur mes paumes. L'air s'échappe de mes poumons dans un souffle rauque, presque animal. Une goutte de sueur se détache de mon front, trace un sillon brûlant le long de l'arête de mon nez, avant de mourir sur ma lèvre inférieure. Le goût salé sur ma langue me ramène à l'instant présent. Mes mâchoires se crispent à s'en briser les dents. Je ravale un gémissement sourd, refusant de laisser la douleur prendre le dessus. Ma peau est en feu, moite sous la lumière tamisée de la chambre. Et pourtant, au milieu de cet épuisement physique que je me suis moi-même infligé, un sourire étiré par la fatigue étire mes lèvres. Mon corps est lourd, vidé. C'est exactement ce que je cherchais : l'épuisement total pour faire taire mon esprit. Je me laisse glisser sur le parquet froid. Le contraste avec ma peau brûlante me fait pousser un long soupir de soulagement. Je tourne le visage sur le côté, la joue écrasée contre le bois, et je ferme les yeux. Juste une minute. Juste le temps de reprendre le contrôle de ma respiration. Puis, c'est le choc. Le contact inattendu d'une main nue, posée en plein milieu de mes omoplates, m'arrache un tressaillement incontrôlable. Ses doigts sont fins. La paume de sa main est d'une douceur insensée, incroyablement fraîche contre la fournaise de mon dos. Un frisson électrique me parcourt l'échine. Je n'ai pas besoin d'ouvrir les yeux pour savoir que c'est elle. Mon corps la reconnaîtrait entre mille. J'ouvre lourdement les paupières. Lena est là. À genoux sur le sol, penchée au-dessus de moi, elle me regarde. Mon regard s'ancre instantanément dans le sien, sombre et insondable. Je suis allongé sur le ventre, torse nu, vulnérable, et sa simple proximité vient de balayer la moindre trace de ma fatigue. Pire, elle vient de réveiller tout ce que j'essayais d'enterrer à coups de pompes. Ses cheveux bruns sont relevés à la hâte en un chignon lâche, rebelle, laissant quelques mèches folles caresser la courbe délicate de sa nuque. Elle porte ce foutu tee-shirt en coton blanc. Celui qui est trois tailles trop grand pour elle, dont le col glisse dangereusement sur son épaule et dont l'ourlet s'arrête bien trop haut sur ses cuisses. Sa posture dévoile le galbe parfait de ses jambes nues, à quelques centimètres seulement de mon visage. Ma température corporelle grimpe en flèche. L'air de la chambre semble soudain s'être raréfié. C'est une torture indicible de rester immobile, si près de sa chaleur, de son parfum de vanille et de linge propre, sans avoir le droit de poser mes mains sur elle. Sans pouvoir lui hurler ce qui me ronge de l'intérieur. Si je bouge, si je cède à cette impulsion qui me hurle de la plaquer contre moi, je brise tout. Je sais qu'elle s'éloignerait. Je sais qu'elle me regarderait avec cette incompréhension polie qui me tuerait sur place. Surtout en sachant que son cœur, et ses pensées, sont déjà fixés sur un autre. Mais mon corps, lui, se contrefout de la raison. Le lent mouvement de son pouce qui caresse distraitement la peau de mon dos déclenche un incendie dans mes veines. Le sang bat à mes tempes, pulse dans mon bas-ventre. La réaction de mon corps est violente, traîtresse, et mon sexe se durcit douloureusement contre la toile de mon jean. Paniqué à l'idée qu'elle s'en aperçoive, je pivote légèrement sur le côté pour dissimuler mon trouble. Mon esprit est déjà loin, perdu dans des scénarios qui me damnent. J'imagine ses mains froides quitter mon dos pour agripper mes épaules. J'imagine le goût de sa bouche si je l'écrasais sous la mienne, le souffle court qu'elle lâcherait en sentant mes mains posséder ses hanches sous ce maudit tee-shirt. Mes yeux dérivent malgré moi sur ses cuisses dénudées, avant de remonter vers son visage. Vers ses lèvres. Elles bougent avec une lenteur hypnotique, faisant glisser un bonbon acidulé d'une joue à l'autre. Le léger cliquetis du sucre contre ses dents résonne dans le silence de la pièce. Je fixe le mouvement de sa langue qui humidifie la commissure de ses lèvres. J'ai soif. J'aimerais ressentir cette texture fondante, presser ma bouche contre la sienne et lui voler ce goût sucré. Je me vois l'attirer brutalement contre moi, plaquer son bassin contre le mien pour qu'elle comprenne l'effet dévastateur qu'elle a sur moi. Je veux la sentir lourde et abandonnée dans mes bras. Je veux que nos respirations se percutent, se mélangent jusqu'à ce qu'on étouffe. Je veux arracher ce tee-shirt ridicule, détailler chaque millimètre de sa peau frissonnante sous mes doigts, et l'entendre gémir mon prénom avec ces mêmes lèvres parfaites. — Arrête de frimer, Eliott. On a un exercice à terminer, lâche-t-elle soudain d'une voix basse, légèrement voilée. Ses mots agissent comme un seau d'eau glacée. Le fantasme vole en éclats. Elle recule et me jette un tee-shirt propre qui traînait sur la chaise. Je le saisis d'un réflexe vif, le souffle un peu court. Je me redresse en position assise. Mais alors que je soulève le vêtement pour l'enfiler, je capte son regard. Ses yeux viennent de balayer mes abdominaux contractés, s'attardant une fraction de seconde de trop sur mes pectoraux luisants de sueur. Elle détourne la tête avec une précipitation qui ne lui ressemble pas. Ses pupilles étaient dilatées. Le rythme de sa respiration au niveau de ses clavicules s'est accéléré. Une décharge d'adrénaline me frappe en plein cœur : je ne suis pas fou. Elle a réagi. L'attraction n'est pas uniquement à sens unique, même si elle s'obstine à l'ignorer. Mais l'instant de grâce ne dure pas. En un clin d'œil, Lena abaisse son armure. Son expression redevient lisse, amicale, terriblement neutre. Elle réinstaure cette putain de distance de sécurité qui définit notre amitié. Elle attrape son lourd manuel de biologie sur la table de chevet et s'installe au centre de son lit, croisant les jambes. Je ravale ma frustration, monte sur le matelas et m'assois en tailleur face à elle. La tension flotte encore entre nous, épaisse, électrique. — Tu n’aurais pas dû me mettre au défi. Tu sais que je ne lâche jamais rien, dis-je, la voix un peu plus rauque que d'habitude, en plantant mon regard dans le sien. — Je t’ai juste demandé si tes entraînements intensifs portaient leurs fruits, pas de te donner en spectacle sur mon parquet, réplique-t-elle avec ce sourire en coin qui me rend fou. Elle se penche et me donne un coup de poing amical sur la clavicule. Ce geste fraternel m'arrache une grimace interne, mais je laisse un sourire amusé étirer mes lèvres. Mes joues sont chaudes. — Tu as quand même attendu que je dépasse les cent cinquante pompes avant d'ouvrir la bouche, je la taquine. Avoue que tu aimais bien le spectacle. Elle lève les yeux au ciel, réprimant un sourire coupable. Je m'empare du coin de son manuel de biologie, le tirant doucement vers moi pour briser l'échange visuel avant de m'y perdre. Je fais mine de lire le titre du chapitre en gras. — « Anatomie et mécanismes de la reproduction humaine », je lis à voix haute, en insistant lourdement sur chaque mot avec un ton professoral. Son rire éclate. Court, cristallin, spontané. Ses yeux se plissent de bonheur, ses pommettes se rehaussent, dévoilant l'alignement parfait de ses dents. C'est le son le plus magnifique que je connaisse. Il me désarme à chaque foutue fois. Elle tire sur le livre pour le récupérer, et dans la bataille, ses doigts effleurent les miens. Une simple caresse qui me brûle comme un tison. — On se concentre, souffle-t-elle en reprenant son sérieux. Mon rendez-vous est dans deux heures. Le mot me percute avec la violence d'un crochet du droit. Ma cage thoracique se contracte si violemment que j'en perds le souffle. Le rendez-vous. L'évocation de Jack me ramène à ma place légitime, celle que je déteste le plus au monde : le confident. Le meilleur ami inoffensif. Celui qui connaît ses habitudes, qui la voit en tee-shirt froissé, mais qui restera éternellement exclu de sa vie intime. — Jack passe te prendre ? je demande, mobilisant toute la volonté qu'il me reste pour garder un ton décontracté. Je pourrais gagner un Oscar pour cette performance. Son visage s'illumine. C'est instantané. Une lumière que je ne suis pas capable de faire naître dans ses yeux s'allume. Elle semble soudain vibrer d'impatience. — Oui. On révise les examens de fin d'année chez lui. Mais je vais en profiter pour mettre les choses au clair. Elle triture le bord de sa page, nerveuse. — Ça fait des mois que j'attends qu'il fasse un geste, Eliott. S'il ne le fait pas, je vais prendre les devants ce soir. La morsure de la jalousie est si vive que je dois serrer les poings sur mes cuisses pour ne pas trembler. Je retiens mon souffle pour l'empêcher d'entendre le soupir saccadé qui menace de m'échapper. Lena pose soudain les paumes de ses mains sur ses yeux, lâchant un long gémissement de frustration. — J'ai tellement peur qu'il me voie uniquement comme une pote... murmure-t-elle. L'ironie de la situation me donne envie de tout casser dans cette chambre. Moi aussi, Lena. Moi aussi. L'air m'étouffe. Je dois fuir avant de dire une connerie irrémédiable. D'un mouvement brusque, je glisse hors du matelas. Mes pieds nus percutent le parquet et je me mets à faire les cent pas, prétextant relâcher la pression dans mes muscles. Elle suit mes mouvements du regard, mais je sais que son esprit est déjà dans le salon de Jack. — Je vais y aller, je lâche sèchement en ramassant mes clés de voiture sur son bureau. Le métal froid s'enfonce dans ma paume. Ma mère m'attend pour le repas. Je marque une pause, fixant la porte close. — Notre séance de ciné tient toujours pour ce soir ? C'est pathétique. Je m'accroche aux miettes qu'elle veut bien me laisser. La case "réconfort" au cas où son rendez-vous tournerait mal. Elle écarte les mains de son visage, visiblement surprise par la précipitation de mon départ. — Oui, bien sûr. Vingt heures ? Tu t'occupes des billets ? — C'est noté. À plus tard, Lena. Je n'attends pas sa réponse. Je tourne les talons, franchis le seuil et referme la porte derrière moi. Dans le couloir silencieux, adossé contre le bois de sa porte, je ferme les yeux. Mon corps est encore tendu, vibrant de l'effort physique, mais c'est la morsure aiguë de la frustration et de ce silence persistant qui finit de me briser.Quelques minutes plus tard… Je pousse la porte de la chambre que Sébastien nous a attribuée au bout du couloir, les articulations encore raides, l'esprit complètement asphyxié. Le bruit du loquet qui s'enclenche dans la gâche résonne sous mon crâne comme le verdict d'une sentence. L'atmosphère de la pièce était glaciale à notre arrivée. Sébastien n'avait pas eu le temps d'allumer le radiateur, mais quelques heures plus tard, la suite est devenue une pièce très coquette et particulièrement chaude. Après le bain glacé et le choc thermique que j'ai subis tout à l'heure dans la piscine, je devrais être heureux de me retrouver enfin dans ce cocon de chaleur protecteur. Enfin, je l’étais encore il y a peu... quand j’étais assis à même le sol, devant les flammes, avec Léna. Là-bas, elle m’a avoué ses sentiments. Et depuis, mon cerveau est une machine à détruire mes propres espoirs. J’avoue ne plus rien comprendre à ce qui nous arrive. J’ai un mal fou à la comprendre, elle. Pendant des an
Une honte pure, brûlante, qui me monte aux joues et me donne envie de m'ouvrir le bide pour y arracher ce vide insupportable. Il l'a portée. Il n'a même pas réfléchi. Au moment où Léna a percuté l'eau, Eliott s'est brisé. Je l’ai vu à cet instant précis. Ce n'était pas l'expression d'un homme qui veut secourir une amie maladroite. C'était la gueule d'un homme auquel on arrache la chair. Une panique absolue qu'il n'a jamais eue pour moi. Jamais. Pendant tout le temps où il la massait sur le sol, où il collait ses lèvres contre les siennes pour lui redonner du souffle, je n'existais plus. Je n'étais qu'un meuble sur cette terrasse. Une intruse. Le dindon de la farce qu'on laisse mariner dans son eau chaude pendant que le vrai drame se joue ailleurs. Tu le savais, Jessy. Tu l'as toujours su. La voix dans ma tête est cruelle, mais elle a raison. Je me suis voilée la face. J'ai cru qu'avec de la patience, de la douceur, en étant la fille parfaite et sans histoires, j'arriverais à efface
Le son du corps de Léna qui percute la surface de la piscine me transperce l'esprit comme un coup de feu. Un bruit lourd, sourd, suivi du bouillonnement chaotique de l'eau glacée qui s'agite dans l'obscurité. Mon cerveau se débranche. Il n'y a plus de réflexion, plus de rationalisation, plus de doutes sur ce qui est correct ou non. Il n'y a plus que cet instinct animal qui me hurle que Léna est en danger. Je ne regarde même pas Jessy. Je ne calcule pas le froid polaire de la nuit qui mord ma peau en boxer. En une fraction de seconde, je bondis du deck en bois et je plonge directement dans la piscine.L’impact avec l’eau glacée me coupe instantanément la respiration. C’est une décharge électrique d’une violence inouïe qui fige mes muscles, mais l’adrénaline qui me pousse est bien plus forte. J’ouvre les yeux sous l’eau sombre, luttant contre la brûlure du gel. À travers le flou aquatique, je repère tout de suite sa silhouette qui s'agite de manière désordonnée. Mon blouson, lourd et to
Le silence.En fait c’est un faux calme en comparaison avec le tumulte qui agite mes pensées. Je croise mes bras contre ma poitrine, sentant une brise légère pénétrée dans la pièce mais tout mes organes sont en feu. Je fixe la bouteille qui est devant moi et je repense à ce qu’ Eliott m’a dit : je ne tiens pas l’alcool. Rien qu’avec le verre que j’ai bu, je sens déjà mon sang bouillonner et ne faire qu’un tour.Mon verre est déjà vide. La bouteille, elle, ne l’est pas encore.Je la saisis par le goulot, mes doigts tremblant légèrement, et je me sers une nouvelle rasade de vodka. Le liquide transparent coule avec un bruit sec. Je n’attends pas. Je porte le verre à mes lèvres et j’avale le tout d’un coup sec. La brûlure est immédiate, violente, salvatrice. Elle me calcine la gorge, descend dans mon œsophage et vient irradier mon estomac d’une chaleur artificielle. C’est exactement ce qu’il me faut. J’ai besoin que ça brûle à l’intérieur pour faire taire ce putain de bourdonnement dans
‘’ Lena ‘’Eliott ne veut pas qu'on parle de ce qui s'est passé hier. Pourtant, j'ai envie qu'il sache que je suis sincèrement désolée, mais il évite le sujet. Il me parle de sa mère et de leur soirée à deux. Il répète sans cesse les mêmes phrases en insistant sur le fait qu'il se soit amusé comme
Le lendemain, 08 h35Je m'installe à une table seul puis, je commande un bol de soupe et un verre de limonade. J'ingurgite mon repas tout en relisant quelques notes dans mon ordinateur.Après manger, je vais directement à l'université. J'arrive au campus à onze heures trente puis, je me dirige vers
Jack me tient toujours la main. Et dans ce simple geste, il brise une barrière. Cette couche de glace invisible entre nous, celle que j’ai rêvé de faire fondre avec la chaleur d’un baiser brûlant comme un après-midi d’été. En me prenant la main, il fait un doigt d’honneur à mes peurs, à mes doutes
Je suis arrivé au ciné dix minutes en avance pour pouvoir occuper de bons sièges. Par expérience, j'ai appris que le coin le plus tranquille est celui situé en haut, au fond, du côté gauche. C'est le coin idéal pour mater le film en toute tranquillité et en plus, il parait que ceux qui s'y asseyent












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