LOGINCalie Je me réveillai avant lui et restai quelques secondes à l'observer dormir, étendu sur le ventre, un bras abandonné de mon côté du lit, l'autre coincé sous l'oreiller. Il avait l'air détendu et plus serein, peut-être parce que nous étions chez lui et que n'était pas seulement la nuit qui l'avait apaisé, mais le lieu où il se trouvait. Je me glissai délicatement hors du lit sans le réveiller, attrapant un de ses T-shirts au passage. La cuisine était silencieuse, baignée par cette ambiance un peu floue des débuts de journée. Je lançai la machine à café et m'appuyai contre le plan de travail, encore à moitié endormie. Des bruits de pas nus sur le carrelage attirèrent mon attention. Sa machine à café faisait un bruit de Boeing 720 en plein essai. — Tu fuis ? marmonna-t-il, la voix encore rauque. Je souris sans me retourner. Je l'entendis approcher, puis ses mains se posèrent sur mes hanches, son visage vint se nicher dans mon cou. Son corps était encore chaud de sommeil, sa barb
19 h 20. Institut fermé. Lisa s'affala sur la chaise en face de moi en soupirant bruyamment. — Bon, verdict ? Je relevai les yeux de mon planning. — Verdict de quoi ? — De ta reprise, de vous, de tout, quoi. — Verdict : je vais bien. Très bien, même. Elle plissa les yeux pas convaincue. Ma réponse semblait trop mince et peu détaillée, pourtant, elle était plus honnête que jamais. — C'est louche, tu commences à faire des monosyllabes comme Devon. Il a une mauvaise influence sur toi, si tu veux mon avis. — Tu devrais t'y faire, répondis-je en haussant les épaules prenant sa remarque comme un compliment. Le pire, c'est qu'elle devait probablement avoir raison. Sur le trajet du retour, deux options s'offraient à moi : le rejoindre au club ou rentrer chez moi. Devon 19:42 Je vais finir tard, ne m'attends pas. Club plein. Matt fait n'importe quoi, j'ai été absent trop longtemps, je crois. Ce qui, en d'autres termes, venait de réduire mes options à une seule : rentrer chez moi, m
Calie Une semaine s'était écoulée depuis ce fameux soir. Devon avait récupéré son appartement dans un état déplorable et, depuis, j'avais interdiction d'y mettre les pieds. Il parlait de faire quelques travaux, disant simplement que l'endroit avait besoin d'un nouveau souffle. Ironique quand on y pense. Quant à moi, j'avais décidé de reprendre, doucement mais sûrement. J'étais impatiente de retrouver les bruits familiers de l'institut, le décor, la musique douce en fond, les odeurs des huiles essentielles... Tout était exactement à sa place. C'est ce que j'aimais le plus, même si moi, je n'étais plus tout à fait la même. En entrant, je déposai mon sac dans le bureau, pris une seconde pour respirer et me faire couler un café, sans tension ni angoisse prête à exploser. Juste la sensation étrange d'être revenue dans un lieu que je connaissais par cœur, avec un regard neuf. — Regardez-moi ça... Je tournai la tête. Lisa était appuyée contre le chambranle de la porte, les bras croisés
Devon Elle arqua un sourcil, mais ça ressemblait davantage à une grimace. — T'es flippant, tu le sais ? — Un peu, avouai-je avec un sourire en coin. Elle se redressa complètement et s'assit sur le lit, ramenant le T-shirt pour couvrir un peu ses cuisses. — J'ai faim, dit-elle comme une petite fille boudeuse qui attend une barbe à papa à la fête foraine. — Moi aussi. Mais pas comme elle l'imaginait et elle n'avait pas encore compris la nuance. Alors je passai lentement ma main le long de sa cuisse et sa réaction fut presque immédiate. Un petit son s'échappa de ses lèvres, elle se cambra, mon corps réagit instinctivement. En moins de temps qu'il n'en fallait pour le dire, j'étais sur elle, mon front contre le sien — Tu n'as pas vraiment faim, avoue-le ? — Je t'assure que si. Ses mains remontèrent lentement le long de mes bras jusqu'à ma nuque. J'avais envie d'une baise perverse, de la retourner violemment en lui claquant les fesses, mais son regard acheva la suite de mes pens
Devon Je coupai le contact devant son immeuble et restai immobile quelques secondes, les mains sur le volant, à la regarder dormir. Elle s'était assoupie. Là, sur le siège passager de ma M8. Mon père, lui, m'aurait dit de ne jamais fermer les yeux, de ne jamais quitter la route du regard, que c'était accorder sa confiance à quelqu'un qui pouvait vous envoyer dans le décor en moins de temps qu'il n'en fallait pour le dire. À l'époque, j'avais pas compris. Aujourd'hui, ses paroles me percutaient plus que je ne l'aurais imaginé. Calie, elle, semblait tellement sereine à chacune de ses respirations et, putain, ça me foutait en l'air. Matt avait raison, elle était trop bien pour un type comme moi. — On est arrivés, dis-je doucement en mettant une mèche de ses cheveux derrière son oreille. Elle s'étira timidement. Je décrochai sa ceinture et, pour la troisième fois aujourd'hui, fis le tour pour lui ouvrir la portière. Elle me lança un regard fatigué, marqué d'une pointe d'amusement, co
Calie — Et ça fonctionne ? lançai-je à brûle-pourpoint. Le prochain virage me colla presque contre la vitre, faisant crisser les pneus sur l'asphalte. Il se gara brusquement sur le bas-côté et coupa le moteur. L'air dans l'habitacle venait de faire exploser le thermostat, laissant le mercure ronger ce qui restait de notre dignité. En une fraction de seconde, il avait détaché nos ceintures et reculé son siège, sans savoir lequel des deux s'était jeté sur l'autre, je me retrouvai sur lui... ses lèvres écrasées contre les miennes dans une urgence presque viscérale. Ses doigts s'enfoncèrent dans mes cuisses, un léger mouvement de bassin pressa le tissu rêche de son jean contre ma peau. Je ne savais pas ce qui était le plus enivrant, son mouvement ou son érection dure et insistante contre ma peau. Ses mains glissèrent sous ma robe, empoignant mes fesses dans un mouvement de bassin plus affirmé, cette fois. Tout se déroulait à une vitesse frénétique, précise, mais totalement incontrôlé
Une fois l’institut fermé à clé, nous nous sommes dirigées vers le bureau, nous affalant sur nos fauteuils avec un soupir de soulagement. Mes muscles, ankylosés après une longue journée, commençaient enfin à se détendre.« Tu veux en parler ? » demanda Lisa, sa voix douce rompant le silence apaisan
Nous avons enchaîné le reste de l’après-midi entre massages et manucures. Les dernières clientes venaient de partir, et nous nous activions à ranger. L’excitation de la débauche se faisait sentir.Il était vingt heures quand nous avons fermé l’institut.« Tu prends un verre avant de rentrer ? » dem
Lisa est arrivée avec nos salades, l’odeur fraîche des ingrédients embaumant l’air. Nous sommes vite allées les manger dans le bureau avant le prochain rendez-vous : un certain Monsieur Grayson. Son nom ne me disait rien du tout, et une petite curiosité s’éveillait en moi. Qui était-il ? J’espérais
Le réveil a sonné à sept heures le lendemain matin. Scott était déjà levé et avait préparé le petit déjeuner : des pancakes dorés, des croissants, des fruits frais et du café fumant qui embaumait la cuisine. Il sait vraiment comment me faire sentir spéciale, pensais-je en souriant. L’institut n’ouvr







