LOGINCalie pensait savoir qui elle était. Et surtout, ce qu'elle voulait. Elle avait tort. Tout bascule le jour où il franchit les portes de son institut. Un regard trop assuré. Une présence dérangeante. Il ne vient pas pour un soin. Il vient pour elle. Mensonges. Manipulation. Attirance incontrôlable. Dans ce jeu, personne n'est innocent. Et chaque choix la rapproche d'une vérité qu'elle aurait préféré ne jamais decouvrit. Parce que parfois... le plus grand danger n'est pas les autres. C'est ce que l'on devient à leur contact.
View MoreCalie
« Qu’est-ce que tu bois ? » me demanda Scott une fois que nous fûmes installés à notre table. L’éclat des lumières tamisées du restaurant rendait l’ambiance plus chaleureuse que mon humeur. « Un chardonnay, s’il te plaît, » répondis-je, les yeux rivés sur mon téléphone, hésitant à lever la tête. Pourquoi ai-je accepté son invitation à dîner ? La question tournait en boucle dans mon esprit, amplifiant mon malaise. Notre histoire n’allait nulle part et, en vérité, je n’y mettais pas vraiment du mien pour que cela fonctionne entre nous. Scott est un chouette type, je ne pouvais pas le nier. Plutôt séduisant, avec cette attitude attentionnée qui pourrait attendrir n’importe qui. Il a un job qu’il aime. Il travaille pour une société qui fournit des logiciels à des entreprises en tout genre, il me semble. Mais je n’avais jamais vraiment pris la peine de m’y intéresser. Ce détail-là, comme beaucoup d’autres, n’avait jamais compté. La plupart de nos rendez-vous se résumaient à dîner et faire l’amour. Une routine qui commençait à me peser. Cela faisait plusieurs mois que Scott proposait que l’on s’installe ensemble, et je trouvais toujours une excuse. Il serait probablement temps que je mette un terme à cette histoire. J’allais lui briser le cœur, je le savais. Au fond, je crois même qu’il soupçonnait que je ne l’aimais pas réellement. J’ai des sentiments pour lui, oui. Mais de là à lui dire « je t’aime », n’abusons pas. À quel moment le dit-on, déjà ? L’amour, les papillons, tout ça… c’est un truc de début de relation. Comme une bonne clope : ça se consume vite. Et ensuite… ensuite il y a cette putain de routine. Les projets bien rangés. Les hommes-enfants. Très peu pour moi. Il était peut-être temps que j’arrête les séries à l’eau de rose et les dark romances. Je sentais bien qu’au fond, ça me polluait le cerveau avec des stéréotypes à la con. Je soupirai, perdue dans mes pensées, quand la serveuse nous apporta nos verres. « À nous, » dit Scott en levant son verre pour trinquer. Son regard lumineux trahissait une joie que je ne partageais pas vraiment. Je tentai de sourire, mais cela ressemblait davantage à un rictus lorsque nos verres s’entrechoquèrent. Je pris une gorgée de vin. J’en avais besoin. Qu’est-ce que je fiche ici ? « Comment était ta journée ? » me demanda-t-il ensuite. Il me regardait toujours comme si j’étais la septième merveille du monde. Et moi, je ne savais même pas comment je le regardais. Une illusion, peut-être. Scott est le genre de mec à vouloir une femme, des enfants, une maison… un chien, sûrement. Le genre de mec qui rentre chez lui le soir en disant « bonsoir chérie », comme si chaque jour était un chapitre d’une histoire parfaite. Une histoire qui me donnait envie de m’enfuir à l’autre bout du monde. Je finis par répondre : « Ça a été. Une bonne journée. Je suis plutôt satisfaite. Lisa a bien bossé aussi. Et toi ? » Il se lança dans le récit de ses rendez-vous, des abonnements, des contrats, des logiciels. Je décrochai rapidement. Les mots devinrent des bruits de fond. Je regardais par la fenêtre, observant les passants, chacun vivant sa propre vie, loin des préoccupations de Scott. Moi, j’avais mon petit salon de bien-être. Un endroit où les gens venaient se détendre, se reconnecter et prendre soin d’eux. Et lui vendait je ne sais quel genre de logiciel à des entreprises pleines aux as. Peut-être que je devrais lui dire…Quelques mois plus tard.J’avais rendu les clés de mon appartement un lundi matin, sans drame ni nostalgie excessive. Je n’aurais jamais cru être capable de le faire il y a plusieurs mois.Quelques cartons dans le coffre, un dernier regard rapide, puis j’étais repartie.La vérité, c’est que je n’y vivais déjà plus vraiment. Je passais le plus clair de mon temps chez Devon, et vivre avec lui ce n’était pas juste partager un espace.C’était accepter une intensité constante. Des chauds froids à répétitions, des nuits trop courtes, des horaires décalés, des silences et des regards qui disaient tout sans un mot.C’était vivre avec un homme qui prenait toute la place sans jamais chercher à l’imposer, mais qui vous faisait passer avant toutes choses.Et j’en étais folle.***Ce samedi-là, je rentrai de l’institut un peu fatiguée mais légère. Une bonne journée, productive, sans accroc, des rires et du fun. J’adore mon job. Quand j’ouvris la porte, je sentis immédiatement sa présence. La mus
Le bain m’avait fait un bien fou.Quand Devon rentra enfin avec les courses, j’étais enroulée dans une serviette, les cheveux encore humides, beaucoup trop détendue pour faire semblant d’être stressée par le dîner à venir.Il posa les sacs sur le plan de travail et me détailla de haut en bas sans la moindre gêne.« Tu comptes rester comme ça ou tu veux vraiment qu’on soit en retard ? »Je haussai un sourcil. « Je pensais pourtant que tu aimais quand je prenais mon temps... » Il ricana, sortant une bouteille de vin du sac.« Ce soir, je vais surtout aimer survivre à Matt et Lisa réunis dans la même pièce. »Je m’habillai pendant qu’il vidait les sacs, commentant à voix haute chaque choix.« Pourquoi on a pris trois oignons ? »« Parce que Matt mange comme s’il nourrissait une famille de six. »« Et ça ? »« C’est pour Lisa, elle adore ça. » Je levai les yeux au ciel en riant.La cuisine se transforma rapidement en champ de bataille organisé. Devon s’occupait de la viande, moi des légum
Je me réveillai avant lui, mais ce n’était pas étonnant. Nos réveils risquaient eux aussi d’être décalés avec ses horaires. La lumière du matin filtrait doucement à travers les rideaux, dessinant des ombres pâles sur les murs. Devon dormait encore, étendu sur le ventre, un bras abandonné de mon côté du lit, l’autre coincé sous l’oreiller.Je restai quelques secondes à l’observer. Il avait l’air détendu et plus serein, comme si quelque chose en lui s’était enfin relâché. Et je compris que ce n’était pas seulement la nuit qui l’avait apaisé. Je me glissai délicatement hors du lit sans le réveiller, attrapant un de ses t-shirts au passage.La cuisine était silencieuse, baignée par cette ambiance un peu floue des débuts de journée. Je lançai la machine à café et m’appuyai contre le plan de travail, encore à moitié endormie. Derrière moi, j’entendis des bruits de pas nus sur le carrelage.« Tu fuis ? » marmonna-t-il, la voix encore rauque.Je souris sans me retourner.« Non. Je prends de
Point de vue de Calie Ça y est, nous y étions.Je reprenais aujourd’hui, et j’étais impatiente. Le bruit familier de l’institut m’enveloppa dès que je franchis la porte. Le décor, la musique douce en fond, l’odeur mêlée des huiles essentielles… Tout était exactement à sa place comme si rien ne s’était passé.Et pourtant, moi, je n’étais plus tout à fait la même.Je déposai mon sac dans le bureau, pris une seconde pour respirer et me faire couler un café. Mon cœur battait calmement, les angoisses avaient disparues. Pas de tension non plus, seulement la sensation étrange d’être revenue dans un lieu que je connaissais par cœur, avec un regard neuf.« Regardez-moi ça… »Je tournai la tête, Lisa était appuyée contre le chambranle de la porte, les bras croisés et un sourire beaucoup trop satisfait accroché aux lèvres.« Quoi ? » demandai-je en retirant ma veste.« Tu rayonnes ! » Elle me détailla sans la moindre retenue.« J’en connais une qui a passé une bonne nuit. »Je roulai des yeux
J’ouvris les yeux avant elle, tandis que la lumière du matin filtrait à travers les rideaux. Une lumière douce, presque timide.Le silence était apaisant, et je n’avais pas ressenti ça depuis longtemps.Calie dormait toujours contre moi, enroulée dans mon t-shirt, une jambe passée par-dessus la mie
Point de vue de Devon J’éteignis le moteur devant mon immeuble et, pendant quelques secondes, je restai immobile, les mains encore posées sur le volant.Le retour avait été silencieux, et Calie semblait s’être assoupie. L’atmosphère après ce qui s’était passé était calme, comme si quelque chose s’
Point de vue de Calie Le mot résonna plus fort que prévu. Ma copine.Je ne dis rien. Mais mon cœur lui, s’emballa.Je relevai lentement les yeux vers Devon. Il me regardait déjà, parfaitement calme, comme s’il n’avait rien lancé de plus qu’une banalité et pourtant, je sentais le piège se refermer
Point de vue de DevonSa main quitta la mienne comme si de rien n’était.Dans un geste simple, presque banal. Et pourtant, quelque chose resta dans ma paume.Je mis une seconde à comprendre. Une seule.Puis mon corps réagit avant même que mon cerveau ne suive.Putain !Je refermai lentement les doig






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