LOGINChapitre 3
Point de vue de Victoria Monténégro
Je suis assise dans le canapé, les mains croisées sur mes genoux, observant notre unique fils, **Lucas**, parler avec cette détermination qui lui est propre. Depuis tout à l’heure, il ne cesse de nous détailler ce plan fou qu’il a élaboré pour… trouver l’amour véritable. Mon dieu… comment a-t-il pu imaginer un truc pareil ? Se faire passer pour un homme **aveugle**, et en plus **pauvre**, c’est tout simplement irréaliste.
— Maman, papa… je sais que cela peut paraître étrange, mais c’est le seul moyen que j’ai trouvé pour connaître la femme qui est pour moi, dit-il avec un calme désarmant.
Je reste silencieuse un instant, les yeux fixés sur lui. Les mots ne sortent pas. Je ne peux pas accepter cela. Ce mensonge déguisé pourrait bien être sa perte. Je le vois sourire, sûr de lui, et ça me donne envie de crier.
— Lucas… tu réalises ce que tu me demandes ? dis-je enfin, la voix tremblante, mais ferme. Se faire passer pour un aveugle… et pour un homme pauvre… je ne peux pas imaginer les conséquences. Ce mensonge… c’est dangereux.
Il me regarde droit dans les yeux, ce regard confiant et presque implacable qu’il a toujours eu.
— Maman… je sais ce que je fais. Tout ce que je vous demande, c’est de jouer le jeu avec moi. Demain, chez les Vasconcelos, nous ferons semblant d’être une famille pauvre. C’est tout.
Je secoue la tête, incapable de parler pendant un instant. Je me lève du canapé, marchant lentement dans le salon, comme pour chasser le vertige qui m’envahit. Mon dieu… mon fils va vraiment nous tuer un jour.
Pourtant, je prends une grande inspiration et me rappelle que, malgré l’absurdité apparente de ce plan, je dois rester calme. Je suis de nature **calme**, avec un cœur aimant. J’ai appris à canaliser mes émotions, à garder ma sérénité même dans les moments les plus critiques.
Lucas est tout pour moi. Il est notre seul enfant, notre trésor. Et je l’aime plus que tout. Mon souhait le plus cher est qu’il trouve une femme qui saura l’aimer pour ce qu’il est réellement, une femme belle autant à l’extérieur qu’à l’intérieur, qui partagera sa vie et lui donnera des enfants. Je veux qu’il connaisse le bonheur, la paix, l’amour sincère… quelque chose qu’il mérite après toutes les déceptions qu’il a vécues.
Je jette un coup d’œil à mon mari, **André**, qui me regarde avec un mélange d’inquiétude et de tendresse. Il sait, tout comme moi, que ce plan est dangereux, mais il comprend aussi la détermination de notre fils.
— Victoria… ce n’est pas quelque chose de simple, murmure-t-il doucement.
Je tourne mon regard vers Lucas. Il me sourit, et ce sourire a quelque chose de réconfortant malgré l’inquiétude qu’il provoque.
— Je sais ce que je fais, papa, répond-il calmement. Mais c’est le seul moyen que j’ai trouvé pour découvrir **la femme qui est réellement pour moi**.
Je plisse les yeux, essayant de comprendre comment il peut être aussi sûr de lui. Comment peut-il croire que ce plan va fonctionner ?
— Lucas… et qu’est-ce qui te garantit qu’en te faisant passer pour aveugle et pauvre, tu vas vraiment trouver le véritable amour ?
Il me regarde droit dans les yeux, et son sourire s’élargit, sûr de lui, presque magique.
— Maman… je suis convaincu que la femme qui restera avec un homme pauvre et aveugle sera une femme qui aime **par amour**. Une femme qui a un cœur véritable, capable de supporter tout, même ce qui paraît impossible.
Je soupire longuement, fatiguée mais impressionnée par sa détermination. Je me demande où il pourra trouver cette perle rare. Cette Sophie… sa prétendue petite amie… est tout le contraire. Elle est frivole, insouciante, et elle ne supporterait jamais vivre avec un homme pauvre et aveugle. Mon dieu… mon fils aveugle… je ne veux même pas y penser.
Je passe mes mains sur mon visage et ferme les yeux quelques secondes, essayant de calmer mon esprit en tempête. La peur me serre la poitrine, mais je sais que je dois rester forte pour Lucas.
— Lucas, murmure André à son tour, tu as mon soutien.
Je lève la tête, incrédule.
— **André !** m’exclamé-je, la voix pleine de surprise. Comment peux-tu soutenir un plan aussi insensé ?
Il me regarde, un petit sourire aux lèvres, et s’approche pour me tenir doucement par les épaules.
— Ne t’inquiète pas, Victoria. Tout se passera bien, me dit-il calmement.
Je respire profondément, essayant de calmer l’inquiétude qui gronde en moi. Lucas nous remercie pour notre soutien, puis prend son sac et quitte la villa. Je reste là, immobile, le regard fixé sur la porte qui se referme derrière lui.
Le silence tombe sur le salon. Le cœur battant, je m’assois à nouveau sur le canapé et ferme les yeux. Malgré mon inquiétude, je ressens une pointe de fierté pour ce garçon qui ose suivre son instinct et croire en son plan. Même si ce plan semble insensé… je sais que c’est Lucas. Et Lucas a toujours été déterminé.
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## Point de vue d’André
Après le départ de notre fils, je le regarde disparaître dans l’allée de la villa. Puis je tourne les yeux vers ma femme. Victoria s’est approchée de la fenêtre, contemplant la ville de **São Paulo**, silencieuse et pensive. Ce que Lucas nous demande… se faire passer pour un homme aveugle et pauvre… c’est impossible, mais c’est son choix. Je sais qu’il a réfléchi à chaque détail, et que sa détermination est sans faille.
J’ai 50 ans maintenant. Trente ans de mariage avec Victoria, trente ans d’amour fou et passion qui n’a jamais faibli. Je m’approche doucement d’elle et dépose un bisou sur sa joue, essayant de lui transmettre un peu de sérénité.
— Tu as l’air préoccupée… dis-je doucement.
Elle pose sa tête sur mon épaule, comme elle le fait toujours quand elle a besoin de réconfort.
— J’ai un mauvais pressentiment… murmure-t-elle.
Je passe un bras autour de ses épaules et lui caresse doucement le dos.
— Ne t’inquiète pas, Victoria. Tout se passera bien, je la rassure.
Elle soupire et se blottit un peu plus contre moi.
— J’ai peur pour la suite… je prie pour que notre fils trouve la femme qui lui faut, murmure-t-elle.
Je hoche la tête et lui murmure à mon tour :
— Moi aussi je prie pour lui.
Au fond de moi, je sais que ce mensonge pourrait détruire Lucas. Tout. Sa vie, ses espoirs, son cœur. Mais je ne peux rien y faire. Tout ce que je peux faire, c’est le soutenir, avec Victoria.
Je la serre contre moi et regarde la ville s’étendre devant nous, illuminée de milliers de lumières scintillantes. Si seulement la vie était simple… si seulement trouver le véritable amour pouvait se faire sans mensonge ni risque. Mais non. La vie est toujours plus compliquée qu’on ne le voudrait.
— Victoria… souffle-je. Nous devons lui faire confiance. Il sait ce qu’il fait, même si cela nous semble fou.
Elle relève la tête et me regarde dans les yeux, un mélange de crainte et de tendresse sur son visage.
— J’espère… murmure-t-elle. Que ce qu’il fait sera pour son bien.
Je la prends dans mes bras et la serre plus fort.
— Tout ira bien. Nous serons là pour lui, quoi qu’il arrive.
Je sais que ce mensonge pourrait le briser, et pourtant… il est déterminé. Il a toujours été déterminé. Et Victoria et moi… nous serons toujours là pour lui. Nous l’avons élevé avec amour et sagesse. Nous ne pouvons que croire en sa force et son cœur.
Je l’embrasse doucement sur le front et murmure :
— La vie n’est jamais facile, mais nous sommes ensemble. Et ça, personne ne pourra jamais nous l’enlever.
Victoria repose sa tête sur mon épaule, et nous restons là, en silence, regardant les lumières de la ville. Nous prions tous deux pour que Lucas trouve la femme qui mérite son cœur, celle qui saura l’aimer pour ce qu’il est réellement… peu importe les obstacles.
Chapitre 142LucasLa nuit est tombée sur la petite ferme, une nuit froide et silencieuse, sans lune ni étoiles. Le vent s'est calmé, et la neige qui tombait depuis des heures a cessé, laissant derrière elle un manteau blanc immaculé, comme un linceul posé sur la terre blessée par l'incendie. La chambre où dort Isabelle est plongée dans l'obscurité, seulement troublée par la lueur rougeoyante du poêle qui filtre sous la porte. Elle s'est endormie après le départ d'Eliot, épuisée par les émotions, les révélations, la peur. Je suis resté assis à son chevet jusqu'à ce que sa respiration devienne régulière, apaisée.Puis je me suis levé, incapable de trouver le sommeil, et je suis descendu dans la cuisine. La pièce est vide, é
Chapitre 141IsabelleLa chambre où je repose est un écrin de silence et de pénombre, un refuge suspendu hors du temps. Les murs sont tapissés d'un papier peint à fleurs délavé, dont les roses pâlies semblent s'incliner sous le poids des années. Une petite fenêtre aux carreaux embués donne sur un jardin enseveli sous la neige, et la lumière du matin qui filtre à travers les rideaux de dentelle est douce, presque irréelle, comme si le monde extérieur appartenait déjà à un autre âge. L'air sent la cire d'abeille, la lavande séchée, et cette odeur particulière des vieilles maisons de campagne, faite de poussière, de bois ancien et de secrets bien gardés.Je suis allongée dans un lit aux draps de lin blanc, un lit trop grand, trop moelleux, qui avale mon c
Chapitre 140EliotLe 4x4 bondit sur la piste verglacée comme un animal sauvage, ses pneus cloutés mordant la neige avec un bruit de déchirure. Marco est au volant, les mains crispées, le visage tendu, les yeux fixés sur la route qui défile dans la lumière des phares. À l'arrière, deux de mes hommes, des anciens des forces spéciales, vérifient leurs armes en silence, leurs visages graves éclairés par la lueur rouge des gyrophares qui dansent sur la carrosserie. L'atmosphère est électrique, chargée d'une urgence que je n'ai pas ressentie depuis mes années de service actif. La radio crépite, des voix lointaines échangent des coordonnées, des ordres, des mises en garde.— On approche, chef, dit Marco. L'incendie est visible sur la crête. Putain, regardez-moi ça.
Chapitre 139SophiaLe monde est trop sombre, trop silencieux, trop vaste pour que deux corps puissent s'y cacher éternellement. Ils sont là, quelque part, tapis dans l'ombre des sapins, grelottant sous la neige, espérant que la nuit les protège. Mais la nuit est ma complice. La nuit est mon royaume. Et je connais toutes les façons d'en chasser les proies qui s'y terrent.Je suis debout sur la crête qui domine la vallée, enveloppée dans mon manteau de fourrure blanche, les cheveux dénoués fouettés par le vent glacé. La lune, voilée par les nuages, diffuse une clarté laiteuse qui transforme le paysage en une gravure ancienne, un tableau en clair-obscur où chaque ombre semble vivante. La neige crisse sous mes bottes, et mon souffle forme de petits nuages de vapeur qui s'évanouissent aussitôt da
Chapitre 138IsabelleLa forêt est devenue un brasier. Les flammes courent sur les branches, bondissent d'un arbre à l'autre, dévorent les aiguilles de pin avec un crépitement vorace qui ressemble à un rire démoniaque. La chaleur est si intense qu'elle fait fondre la neige autour de nous, transformant le sol en une boue glacée qui colle à nos pieds et ralentit notre course. Des gerbes d'étincelles jaillissent des troncs qui s'effondrent, des volutes de fumée noire s'élèvent vers le ciel invisible, et l'air lui-même semble brûler, chargé de cendres incandescentes qui se déposent sur nos cheveux, nos vêtements, notre peau.Lucas me tient par la main, et sa poigne est la seule chose qui m'empêche de m'effondrer. Il court, le dos courbé, les poumons brûlés par la fumée, les yeux
Chapitre 137EliotLe centre de commandement improvisé est plongé dans une semi-obscurité que trouent seulement les écrans des ordinateurs et le voyant rouge des radios. Dehors, le vent hurle entre les sapins, secouant les volets du vieux relais de chasse, et la neige continue de tomber, épaisse, obstinée, comme si la montagne elle-même voulait nous empêcher d'avancer. Mais rien ne m'empêchera d'aller jusqu'au bout. Pas la neige, pas le froid, pas la fatigue qui me ronge les os depuis trois jours. Rien.Je suis penché sur une carte topographique, les doigts crispés sur le bord de la table, quand la radio émet un crépitement. Une voix, faible, hachurée par la distance et les parasites. Une voix que je reconnaîtrais entre mille.— Eliot... Ici Lucas... Tu m'entends ?Mon c&oel
Chapitre 52LucasJe n'ai pas dormi.Allongé sur le lit, je fixe le plafond comme s'il allait me livrer les secrets de l'univers. À côté de moi, Isabelle dort enfin, elle s'est endormie vers trois heures, &e
Chapitre 8## Point de vue de VictoriaLe silence règne dans la maison.Un silence lourd… presque étouffant.Je suis assise dans le salon, les mains croisées sur mes genoux, le regard perdu dans le vide. Mon esprit tourne encore, incapable de se détacher de ce que nous venons de vivre.Mon Dieu…Je
Chapitre 7 Point de vue de LucasQue… quoi ?Le mot résonne encore dans ma tête, comme un écho irréel.Je reste figé.Complètement figé.Mes doigts sont encore légèrement refermés sur la main d'Isabelle… ou plutôt, ils l'étaient.Parce que maintenant…Tout a changé.Je tourne lentement la tête ver
Chapitre 6 Point de vue de LucasDerrière mes lunettes noires… je vois tout.Absolument tout.Salutations.Les expressions.Les vérités que les mots tentent de cacher.Et en cet instant précis… je vois **elle**.Sophia.La femme avec qui j'échange depuis des semaines.La femme que j'avais… peut-êt







