LOGINLe repas était enfin prêt.
L'immense table installée sur la terrasse débordait de plats. Au centre trônait une dinde parfaitement dorée, entourée de purée de pommes de terre, de légumes rôtis, de sauce aux canneberges, de pain de maïs et de plusieurs tartes qui embaumaient toute la maison.
Je regardai ma mère avec admiration.
— Maman… tu as cuisiné tout ça toute seule ?
Elle sourit.
— Comme chaque année.
— Pourtant, tu pourrais engager quelqu'un pour t'aider.
Elle secoua doucement la tête.
— Peut-être. Mais Thanksgiving est une tradition. J'ai toujours voulu préparer moi-même ce repas. Peu importe les moyens que nous avons, certaines traditions n'ont pas de prix.
Monsieur Anderson sourit.
— C'est exactement ce que tu dis chaque année.
— Et chaque année, elle nous régale, ajouta mon père.
Nathan attrapa discrètement un morceau de pain.
— Pour l'instant, je confirme.
— Nathan ! lança maman.
— Quoi ? Je vérifie juste la qualité.
Toute la table éclata de rire.
---
Une fois tout le monde installé, mon père leva son verre.
— Avant de commencer, j'aimerais porter un toast.
Le silence se fit naturellement.
— À notre famille… et à celle que nous avons choisie. Merci d'être tous réunis aujourd'hui.
Monsieur Anderson leva son verre à son tour.
— À notre amitié… et à toutes les années qui restent à partager ensemble.
— À la famille !
Nos verres s'entrechoquèrent.
---
Le repas se déroula dans une ambiance chaleureuse.
Les discussions passaient des souvenirs d'enfance aux nouveaux projets professionnels des Carter et des Anderson.
Puis Madame Anderson se tourna vers Lily.
— Alors, ma chérie, cette première année à Redwood ?
Lily sourit.
— Franchement, j'adore. Les cours sont difficiles, mais je m'y plais énormément.
Daniel prit un sourire en coin.
— En même temps… ça se passe forcément bien.
Lily le regarda en plissant les yeux.
— Pourquoi tu dis ça ?
— Parce que mademoiselle est en couple.
Toute la table se tourna vers Lily.
Elle soupira.
— Daniel…
— Quoi ? Je ne fais que dire la vérité.
Madame Anderson sourit avec tendresse.
— C'est vrai que Noah est un garçon adorable.
Monsieur Anderson acquiesça.
— Très poli, très respectueux.
Daniel ajouta aussitôt :
— Et surtout très courageux.
Lily attrapa sa serviette.
— Tu veux vraiment que je te la lance ?
Nathan éclata de rire.
— Fais-le.
Daniel leva les mains.
— Bon, bon… j'arrête.
Les éclats de rire reprirent autour de la table.
---
Ma mère posa ensuite son regard sur moi.
— Et toi, Amelia ?
Je relevai la tête.
— Moi ?
— Oui… est-ce qu'il y aurait quelqu'un qui nous aurait échappé ?
Je manquai de m'étouffer avec mon eau.
— Maman !
— Je pose juste la question.
Je secouai vivement la tête.
— Non. Personne.
Mon père posa aussitôt sa fourchette.
— Tant mieux.
Toute la table éclata de rire avant même qu'il ne reprenne.
— Et j'espère que ça restera comme ça encore un bon moment.
Nathan leva les yeux au ciel.
— Papa…
— Quoi ?
— Elle a dix-neuf ans.
— Et alors ?
C'est toujours mon bébé.
Je soupirai en cachant mon visage entre mes mains.
— Papa…
Il continua, le plus sérieusement du monde.
— Il est hors de question qu'un garçon vienne me voler ma fille.
Maman lui donna un léger coup de coude.
— Si tu continues à la considérer comme ton bébé, je ne serai jamais grand-mère.
Un silence s'installa…
Avant que tout le monde n'éclate de rire.
Je souris avant de répondre du tac au tac.
— Hé ! Je ne suis pas ton seul enfant.
Je désignai Nathan du menton.
— Tu as aussi lui.
Nathan leva brusquement les yeux.
— Pourquoi moi ?
— Parce que tu es toujours célibataire.
Toute la table explosa de rire.
Daniel en profita immédiatement.
— C'est vrai, ça…
À ton âge, tu pourrais faire un effort.
Nathan le regarda d'un air faussement vexé.
— Occupe-toi déjà de ta propre vie.
— Moi, au moins, je ne me fais pas afficher par ma petite sœur.
Les deux meilleurs amis éclatèrent de rire avant de se donner une tape dans l'épaule.
Mon père secoua doucement la tête.
— Vous êtes impossibles.
— Ça, répondit Monsieur Anderson en souriant, ils ne l'ont jamais été autrement.
---
Le repas se termina autour des desserts préparés par maman.
Je regardai autour de moi.
Les rires.
Les discussions.
Les odeurs de tarte à la citrouille.
Les regards complices entre nos parents.
À cet instant, je réalisai une chose.
Les Carter et les Anderson n'étaient pas seulement deux familles qui se connaissaient.
Depuis toujours…
Nous formions une seule et même famille de cœur.
La journée passa beaucoup plus vite que je ne l'aurais imaginé.Après avoir terminé ma valise, je passai une bonne partie de l'après-midi à ranger ma chambre.Les vêtements que je ne comptais pas emporter étaient soigneusement pliés dans mon armoire. Mes livres étaient empilés sur mon bureau et mes quelques affaires personnelles avaient retrouvé leur place.La résidence semblait étrangement calme.À mesure que les heures passaient, de plus en plus de chambres se vidaient.Certains étudiants étaient déjà partis.D'autres traversaient les couloirs avec leurs valises, accompagnés de leurs parents.Tout le monde semblait avoir déjà la tête aux vacances.Mon téléphone vibra.Emily : Ce soir, 19 h ?Zoey : Où ?Emily : Je sais pas encore.Harper : Très organisé.Emily : Merci.Lily : 😂Je souris avant d'écrire :Amelia : On peut aller manger quelque part.Emily : Accepté.Zoey : Je vote pour.Harper : Moi aussi.Lily : 19 h alors ?Amelia : Ça me va.Je posai mon téléphone.Une dernière so
Le lendemain matin, je me réveillai avec une drôle d'impression. Pendant quelques secondes, je restai allongée sans bouger, les yeux encore fermés. Puis les souvenirs de la veille me revinrent peu à peu. La soirée. Les filles. La musique. Noah et Lily. Et ce garçon. J'ouvris les yeux et fixai le plafond. Pourquoi est-ce que je pensais encore à lui ? Je me retournai dans mon lit en essayant de chasser cette pensée. Ce n'était rien. Je l'avais rencontré par hasard. Je m'étais perdue sur le campus, il m'avait aidée à retrouver mon chemin et nous avions discuté quelques minutes avant de rejoindre la salle. C'était tout. Je n'avais même pas appris son prénom. Alors pourquoi est-ce que son visage me revenait aussi facilement en tête ? Je soupirai et enfouis mon visage dans mon oreiller. — Arrête de penser à ça..
À peine avais-je rejoint les filles qu'Emily attrapa mon bras. — Enfin ! On commençait vraiment à se demander où tu étais passée. — Je me suis perdue, répondis-je en riant. — Encore ? Zoey leva immédiatement son appareil photo. — Attendez, ça mérite une photo. — Certainement pas. Le déclic retentit. Je secouai la tête en souriant. — Tu ne rates vraiment aucune occasion. — C'est mon travail, répondit-elle avec un grand sourire. Lily nous regardait en riant avant de tourner la tête vers l'entrée. Son expression changea aussitôt. Je suivis son regard. Noah venait d'entrer dans la salle. Il portait une chemise blanche sous une veste sombre et avait troqué sa tenue de joueur contre une tenue beaucoup plus élégante. Lorsqu'il aperçut Lily, son visage s'illumina. Emily se pencha légèrement vers moi. — Voilà quelq
La porte de ma chambre se referma doucement derrière moi. Le couloir était désormais silencieux. Les filles avaient déjà pris un peu d'avance et, pendant quelques secondes, j'hésitai à leur envoyer un message pour leur dire que je les rejoignais. Finalement, je glissai mon téléphone dans la poche de mon manteau. Je vais bien finir par trouver. Les décorations de Noël illuminaient les allées du campus. De petites guirlandes entouraient les arbres, tandis que des étudiants, tous plus élégants les uns que les autres, marchaient dans la même direction. Je suivis le mouvement. Du moins... c'était ce que je croyais. ─── Au bout de quelques minutes, je ralentis. Je m'arrêtai au milieu d'une allée. Je regardai autour de moi. Deux bâtiments. Trois chemins différents.
Les derniers rayons du soleil disparaissaient lentement derrière les bâtiments de Redwood lorsque je refermai la porte de ma chambre. Pour la première fois depuis plusieurs semaines, le campus n'était plus rythmé par les révisions ou les examens. Partout où je regardais, des guirlandes illuminaient les allées. De grands sapins décorés avaient été installés devant les bâtiments principaux, tandis que des chants de Noël s'échappaient des haut-parleurs disséminés sur le campus. L'université semblait complètement transformée. Un sourire apparut sur mes lèvres. Je n'avais jamais vu Redwood aussi vivant. Un coup fut frappé contre ma porte. — Amelia ! lança Emily. Tu comptes te préparer jusqu'à Noël ? Je laissai échapper un petit rire avant d'ouvrir. Les quatre filles étaient déjà réunies dans le couloir. Emily portait une robe rouge bordeaux qui lui allait à merveille. Harper avai
Le lendemain du match, le campus semblait encore porté par l'euphorie de la victoire. Partout où nous passions, les conversations revenaient sur les plus belles actions de la rencontre. Certains étudiants rejouaient même les derniers instants du match en plein milieu des allées. Emily, elle, affichait toujours le même sourire. — Je crois que je pourrais revoir ce match dix fois sans me lasser. Harper esquissa un sourire. — C'est surtout parce que Redwood a gagné. — Évidemment ! Nous éclatâmes de rire. --- En quittant notre premier cours de la journée, plusieurs étudiants se dirigeaient vers le grand panneau d'affichage situé au centre du bâtiment. Emily ralentit le pas. — Attendez... ils ont changé quelque chose. Elle s'approcha avant de nous faire de grands signes. — Les filles ! Venez voir ! Nous la rejoignîmes. À la place du simple prospectus distribué quelques jours plus tôt, une immense affiche rouge et dorée occupait désormais tout le panneau. REDWOOD CHRISTMAS







