Mag-log inLunaLa pluie tombe sur Paris depuis trois jours. Une pluie fine et persistante qui transforme les rues en miroirs sombres, qui fait briller les toits d'ardoise comme des écailles de poisson, qui emplit la maison de cette odeur particulière de pierre humide et de bois ancien. Le jardin est noyé sous des rideaux de bruine qui dansent dans le vent, les feuilles du tilleul alourdies d'eau s'inclinent vers le sol comme des mains suppliantes, les roses commencent à perdre leurs pétales qui jonchent les allées de gravier comme des confettis fanés.Ce soir, Thomas est en déplacement. Une conférence à Lyon, deux jours, peut-être trois, il ne savait pas exactement. Il m'a embrassée sur le front ce matin avant de partir, ses lèvres encore chaudes de sommeil, m'a promis de m'apporter des pralines roses de chez Pralus , les vraies, celles qui fondent sur la langue , m'a dit qu'il m'aimait en me regardant avec ses grands yeux sincères. La porte s'est refermé
Le ton est calme, presque doux, presque poli. Mais il y a quelque chose en dessous, une violence à peine voilée, une promesse de conséquences terribles qui fait frissonner l'air autour de nous. Philippe a pâli. Son visage rubicond perd ses couleurs, passe du rouge brique au blanc crayeux en quelques secondes. Il ouvre la bouche, la referme, comme un poisson hors de l'eau.— Je... Je ne voulais pas... C'était une plaisanterie. Juste une plaisanterie. Il n'y a pas de mal.— Je sais très bien ce que tu voulais. Je connais tes petites habitudes, Philippe. Je les connais depuis des années. Et je te conseille de ne pas insister. Ni ce soir, ni un autre soir. Ni avec Luna, ni avec aucune autre femme qui ne t'a pas clairement exprimé son intérêt. Est-ce que je me fais bien comprendre ?Philippe recule d'un pas, puis d'un autre. Son visage est passé du sourire charmeur à une expression de crainte presque enfantine, celle d'un
LunaLa fête des voisins. Je déteste ce genre d'événements depuis toujours. Ces rassemblements forcés où chacun fait semblant de s'intéresser à la vie des autres, où les sourires sont trop larges et les conversations trop vides, où l'on commente la météo et le prix de l'immobilier comme si c'étaient des sujets passionnants. Mais Thomas adore ça. Il voit dans ces fêtes l'occasion de rencontrer des gens, de tisser des liens, de comprendre le quartier, de s'enraciner dans ce nouveau territoire qu'il considère déjà comme le nôtre.— C'est important, Luna, m'a-t-il dit ce matin en enfilant sa chemise bleue, celle que je préfère, celle qui fait ressortir la couleur de ses yeux. On vient d'emménager, il faut qu'on s'intègre. Les voisins, c'est comme une famille élargie. Et puis Alex nous prête sa maison, c'est la moindre des choses qu'on représente dignement la propriété.La propriété. Comme si cette maison était la sienne.
LunaQuelque chose ne va pas.Je le sens depuis quelques jours. Une intuition, un sixième sens que j'ai développé à force de mentir, de cacher, de dissimuler. On reconnaît le mensonge chez les autres quand on le pratique soi-même. Et Thomas ment. Thomas me cache quelque chose.Les premiers signes sont infimes. Un retard au dîner, une excuse un peu trop vague.— Désolé ma puce, une réunion qui a duré.Je n'ai rien dit. J'ai souri, j'ai réchauffé son assiette. Mais j'ai noté la façon dont ses yeux avaient glissé vers
AlexJe la regarde différemment.Je ne sais pas exactement quand ça a commencé. Ces choses-là n'ont pas de date, pas d'heure, pas de moment précis où l'on peut dire c'est là, c'est maintenant que tout a basculé. Elles arrivent par infiltration, goutte à goutte, jusqu'à ce qu'un jour on se rende compte que le paysage a changé sans qu'on l'ait vu faire.Peut-être le premier matin où elle est apparue dans la cuisine de l'aile Est, les cheveux en bataille, les yeux gonflés de sommeil, un vieux t-shirt de Thomas , mon neveu , trop grand qui tombait sur sa cuisse nue. Elle ne m'avait pas entendu arriver. Elle était là, appuyée contr
LunaSes doigts s'égarent sous ma jupe, remontant lentement le long de l'intérieur de ma cuisse. Le contraste entre la douceur de ses doigts et la rugosité de ses paumes est un supplice exquis. Il écarte le fin tissu de ma culotte, déjà trempée, et ses doigts me trouvent, ouverte, prête, brûlante. Il y glisse deux doigts, juste assez pour sentir à quel point je suis mouillée pour lui, et la sensation de cette intrusion soudaine me fait hoqueter de plaisir. Il retire ses doigts et les porte à ses lèvres dans l'ombre, un geste obscène et terriblement excitant. Puis il me soulève légèrement, ses mains fermes sous mes cuisses, me maintenant contre le mur comme si je ne pesais rien. Je noue mes jambes autour de sa taille par pur réflexe, m'ancrant à lui.







