เข้าสู่ระบบRose Le lendemain de la chute de Victoria, je me tiens debout dans le bureau de Blackthorn, face à la fenêtre panoramique qui donne sur la City. Le soleil matinal entre à flots, éclairant le marbre noir, les murs de verre, la ville qui s'étend en contrebas comme un empire conquis. Tout est redevenu normal, ou presque. Les journaux ont publié des articles sur l'arrestation de Victoria. Les chaînes d'information en continu ont diffusé des images du conseil d'administration, de la déroute de la traîtresse, du triomphe de Blackthorn. Et au milieu de ce chaos médiatique, mon nom est réapparu, lavé de tout soupçon. Rose Thornton, la secrétaire innocente, la victime calomniée, l'héroïne discrète qui a aidé à démasquer la vipère. Les journalistes veulent m'interviewer. Les éditeurs veulent m'écrire un livre. Les réseaux sociaux s'enflamment. Et moi, je suis là, debout dans ce bureau, à fixer cet homme qui a bouleversé ma vie, et je ne sais plus ce que je ressens.
Rose Le jour du conseil d'administration extraordinaire, je me tiens dans l'ombre de l'auditorium, le cœur battant à tout rompre. La salle est pleine à craquer. Les membres du conseil sont assis au premier rang, les visages graves, les costumes sombres. Derrière eux, les actionnaires, les cadres, les employés. Et au centre de cette assemblée, Victoria St. Clair, vêtue d'un tailleur blanc immaculé, le visage triomphant, un dossier à la main. Elle ne m'a pas vue entrer. Elle ne sait pas que je suis là, dissimulée derrière un rideau de velours, les doigts crispés sur le tissu, le souffle court. Elle ne sait pas que ce jour sera le dernier de sa guerre. Le président du conseil, un homme âgé aux cheveux blancs, ajuste ses lunettes et parcourt le document qu'elle lui a remis. Le faux dossier Helios. Je le reconnais, même d'ici, à sa couverture rouge et à son en-tête doré. Blackthorn l'a préparé lui-même, dans le secret de son bureau, avec
Rose Trois jours plus tard, je recontacte Victoria. Le geste me brûle les doigts. Chaque mot que je tape sur mon téléphone est une épreuve, une torture, une trahison. Je choisis mes phrases avec soin, en m'inspirant des instructions que Blackthorn m'a données. Il m'a tout expliqué, patiemment, dans le noir de ma chambre, nos corps encore enlacés. Les mots à employer, les émotions à simuler, les pièges à éviter. Victoria est intelligente, mais elle est vaniteuse. Elle croira ce qu'elle a envie de croire. Elle croira que tu es brisée, qu'elle t'a vaincue, qu'elle peut t'utiliser. Laisse-la croire. Sers-toi de sa vanité. Je tapote mon message avec des doigts tremblants : Victoria, je n'ai plus rien à perdre. Il m'a trahie. Il m'a humiliée publiquement. Je veux le faire payer. La réponse arrive moins d'une heure plus tard, brève et méfiante. Qu'est-ce que tu proposes ? Je réponds, la rage au ventre : Je veux te rencontrer. Chez toi. Je peux t'aider.
RoseLa sonnette retentit à deux heures du matin.Je suis allongée sur mon canapé, enveloppée dans un plaid de laine rêche, les yeux grands ouverts dans le noir. Le bruit me fait sursauter, mon cœur bondit dans ma poitrine, et pendant une seconde, je crois que je rêve. Mais la sonnette retentit de nouveau, insistante, impérieuse, et je comprends que ce n'est pas un rêve. Quelqu'un est là, derrière ma porte, au milieu de la nuit. Quelqu'un qui me veut du bien, ou du mal. Je me lève, les jambes tremblantes, et je traverse le salon sans allumer la lumière. Par le judas, je vois une silhouette massive, un visage dans la pénombre du palier. Un visage que je reconnaîtrais entre mille, même dans le noir, même les yeux fermés. Alexander.J'ouvre la porte, les doigts glacés, le souffle court. Il est là, debout sur le palier, vêtu d'un manteau sombre, les cheveux décoiffés par le vent, les yeux gris brillant d'un éclat fiévreux. Il ne dit rien pendant
RoseLes jours qui suivent sont les plus sombres de ma vie.Je reste enfermée chez moi, rideaux tirés, téléphone éteint, incapable de faire face au monde. Mon appartement, ce petit deux pièces que j'ai toujours trouvé modeste mais confortable, est devenu une prison. Les murs se resserrent autour de moi, l'air manque, le silence est oppressant. Chaque objet, chaque meuble, chaque reflet me rappelle ce que j'ai perdu. La robe vert bouteille suspendue dans l'armoire, celle qu'il a choisie pour moi. Les escarpins italiens alignés près de la porte, ceux qui me grandissaient de dix centimètres et me donnaient l'illusion d'être une autre. Le rouge à lèvres écarlate posé sur la coiffeuse, ce rouge que j'avais acheté pour le provoquer, pour le défier, pour lui montrer que je n'étais plus transparente. Tout cela ne sert plus à rien. Tout cela n'est plus que des souvenirs d'une femme qui n'existe plus.Je ne dors plus. Je ne mange plus. Je passe des heures allongée sur mon lit, les yeux fixés su
RoseLa convocation arrive le lendemain matin, à neuf heures précises, sous la forme d'un email impersonnel envoyé par le service des ressources humaines. Pas un appel, pas un mot de sa part. Juste un message administratif, froid et clinique, qui m'informe qu'une réunion extraordinaire se tiendra dans l'auditorium du trentième étage à onze heures, en présence de l'ensemble du personnel. Motif : communication relative à une affaire de sécurité interne. Je fixe l'écran de mon ordinateur, les doigts glacés, le cœur battant au ralenti. Les mots dansent devant mes yeux, se brouillent, se déforment. Communication relative à une affaire de sécurité interne. Je sais ce que cela signifie. Je sais ce qui m'attend. Je sais que cette convocation est un arrêt de mort.Les heures qui suivent sont une interminable agonie. Je reste assise dans ma cage de verre, immobile, les mains posées à plat sur le bureau, les yeux fixés sur la paroi vitrée qui me sépare de lui. Blackthorn est là, assis derrière s







