Beranda / Romance / Embrasse-moi encore 6 / Chapitre 4 — L'observation 2

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Chapitre 4 — L'observation 2

Penulis: Déesse
last update Tanggal publikasi: 2026-07-28 23:04:26

C'était plus fort que moi. C'était un réflexe, une stratégie de survie que j'avais développée depuis l'enfance : se faire petite, se faire invisible, se fondre dans le décor. Ne pas attirer l'attention. Ne pas provoquer. Ne pas exister. J'ai baissé les yeux, j'ai rentré les épaules, j'ai fixé mon écran sans le voir. Mes mains se sont mises à trembler sur le clavier. Mon souffle s'est accéléré. Je priais , je priais vraiment, avec une ferveur que je ne me connaissais pas , pour qu'il ne s'approche pas, pour qu'il ne me voie pas, pour qu'il passe son chemin et retourne à son étage de cristal.

Je ne savais pas que c'était précisément cela qui l'avait attiré.

Je ne pouvais pas le savoir, bien sûr. Je ne pouvais pas deviner que cet homme, ce prédateur en costume trois-pièces, avait passé sa vie à être désiré, admiré, courtisé. Qu'il en avait une lassitude infinie. Que les femmes qui se pavanaient devant lui ne provoquaient chez lui qu'un ennui poli, un mépris las pour ces créatures qui espéraient gagner ses faveurs en battant des cils. Il les avait toutes eues, toutes rejetées, toutes oubliées. Elles étaient interchangeables. Elles étaient prévisibles. Elles étaient ennuyeuses.

Moi, j'étais différente.

Moi, je ne cherchais pas à lui plaire. Je ne quémandais pas son regard. Je ne me pavanais pas, je ne bombais pas le torse, je n'entrouvrais pas les lèvres. Je me recroquevillais. Je me cachais. Je tremblais de peur au lieu de frémir d'ambition.

Et c'était cela, précisément cela, qui avait éveillé son intérêt.

Son regard a glissé sur moi. Une seconde. Peut-être deux. Juste assez pour que je sente son attention se poser sur ma nuque courbée, sur mes épaules rentrées, sur mes doigts qui tremblaient au-dessus du clavier. J'ai cru que mon cœur allait s'arrêter. J'ai cru que j'allais m'évanouir, là, sur mon bureau, devant trente collègues médusées. Le silence s'est éternisé une seconde, deux secondes, trois secondes, un silence si profond que j'entendais le sang battre à mes tempes.

Puis son regard a continué son chemin. Il a balayé le reste de la salle sans s'attarder, a hoché la tête vers Fletcher, a dit quelque chose que je n'ai pas entendu et il est reparti.

Les portes de l'ascenseur se sont refermées sur lui. Le bourdonnement de la ruche a repris, plus fort qu'avant, comme si tout le monde parlait en même temps pour compenser le silence qui avait précédé.

— Mon Dieu, vous avez vu comment il m'a regardée ? s'est exclamée Jennifer en se tournant vers ses voisines.

— Il ne t'a pas regardée, ma pauvre, a rétorqué Sophie. C'est moi qu'il a fixée. J'ai cru qu'il allait me déshabiller sur place.

— Vous rêvez, les filles, a coupé Marianne. Il s'en fout, de nous. Il parlait avec Fletcher, c'est tout.

J'écoutais leurs commentaires sans y participer. Je fixais mon écran, les mains toujours tremblantes, le cœur au bord des lèvres. Il ne m'avait pas regardée. Pas vraiment. Son regard avait glissé sur moi comme il avait glissé sur les plantes vertes ou les distributeurs d'eau. J'étais un élément du décor, rien de plus.

C'était ce que je croyais.

C'était ce que je voulais croire.

Je me trompais sur toute la ligne.

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