Se connecterLe réveil sonna à cinq heures trente.
Léna ouvrit difficilement les yeux. Depuis son arrivée dans cette nouvelle ville, elle s’était promis une chose : reprendre le contrôle de sa vie Et cela commençait par reprendre le sport. Une heure plus tard, Elle poussa les portes d’une salle de sport moderne encore presque vide. Une musique douce résonnait dans les haut-parleurs. Quelques personnes couraient sur les tapis. D’autres soulevaient des poids dans un silence presque religieux. — Parfait… Elle aimait cette ambiance. Après quelques étirements, elle monta sur un tapis de course. Une trentaine de minutes plus tard, elle descendit, essoufflée. Elle attrapa sa bouteille d’eau et se dirigea vers le coin des haltères Le regard fixé sur son téléphone, elle tourna brusquement au coin d’une allée. Bam. Elle percuta violemment un torse dur comme de la pierre. Sa bouteille d’eau s’échappa de ses mains , L’eau se répandit sur le parquet et la bouteille roula sur le sol. Le silence retomba. — Génial… L’homme devant elle ne recula même pas. Grand. Une carrure imposante Torse nu. Il baissa lentement les yeux vers la bouteille, puis releva son regard sur elle. Des yeux gris. Froids. Inexpressifs. Comme de la glace. Aucune excuse. Aucune réaction. Seulement un regard qui semblait dire qu’elle venait de commettre une erreur. Léna souffla d'agacement. — Vous pourriez dire “pardon”. Il la regarda quelques secondes. Puis répondit d’une voix grave, calme… Presque dénuée d’émotion. — C’est vous qui m’avez percuté. Léna serra la mâchoire. — Vous étiez planté au milieu du passage L’homme ne répondit pas immédiatement. Il la fixa quelques secondes. Comme s’il évaluait chacun de ses mots — Et vous regardiez votre téléphone. — Vous me surveilliez ? — Pas besoin. Votre manque d’attention est suffisamment évident. Elle resta un instant sans voix. Puis ricana. — Vous êtes toujours aussi désagréable ou c’est uniquement le matin ? Aucun sourire. Aucune irritation. Il répondit avec le même ton glacial. — Je n’ai pas l’habitude de perdre mon temps avec des gens de votre espèce. — Je n’ai jamais su que les caniches aussi pouvaient morde. Autour d’eux, deux sportifs tournèrent discrètement la tête L’homme poussa un léger soupir. — Vous avez toujours autant de répondant ? — Seulement avec les gens désagréables. Le silence retomba Léna s’apprêta à partir — Hé ! Dit l’homme Elle s’arrêta. Sans se retourner. — Vous avez oublié quelque chose. Il baissa les yeux. La bouteille. — Ramassez là. Léna haussa un sourcil — Pardon ? — Ramassez cette bouteille. Ce n’est pas votre déchèterie ici. Léna resta bouche bée. — Non mais… Vous êtes sérieux ? L’homme s’en alla Comme si cette conversation n’avait jamais existé. Léna le regarda s’éloigner. Elle ramassa sa bouteille en marmonnant : — Quel homme détestable… Quel arrogant… Il continua d’avancer. Sans ralentir. Sans répondre. Comme s’il ne l’avait même pas entendue. Quelques minutes plus tard, elle s’installa sur un appareil de musculation. Par malchance et Parmi toutes les places disponibles… L’homme choisit celle juste en face. Le bruit métallique des poids résonnait dans le silence Elle leva les yeux au ciel. — Il n’y avait plus de machines ailleurs ? Il continua son exercice. Sans un regard. Sans une réponse. — Vous êtes toujours aussi aimable ? Toujours aucune réponse — Vous savez, ignorer les gens n’est pas un signe d’intelligence Elle souffla d’agacement. — Vous êtes muet ? Cette fois, il s’arrêta il reposa calmement et lentement les haltères. Le silence devint presque oppressant. Puis il tourna enfin la tête vers elle et planta son regard dans le sien. — Et parler sans réfléchir n’est pas un signe de maturité. Vous parlez trop. Sa voix était basse. Contrôlée. Mais chaque mot semblait peser. Léna sentit son sang bouillir mais croisa calmement les bras. — Et alors ? — Les personnes compétentes et matures n’ont pas besoin de parler autant. Elle éclata d’un rire incrédule. — Cela ne fait que cinq minutes qu’on s’est rencontré… Vous ne me connaissez même pas ! — Vous non plus, mais vous ne faites que me juger depuis tout à l’heure. De plus, cinq minutes suffisent parfois. — Pour juger quelqu’un ? — Pour constater un manque de discipline. Son cœur accéléra sous l’effet de la colère. — Vous vous prenez toujours pour le supérieur des autres ? Il soutint son regard. Longtemps. Sans ciller. Puis répondit simplement : — Non. Je n’en ai pas besoin. Le silence tomba. Cette réponse l’avait déstabilisée. Pour la première fois depuis le début de leur échange… Elle ne trouva rien à répondre Il remit calmement sa serviette sur son épaule. — Bonne journée. Il s’éloigna. Toujours aussi droit. Toujours aussi impassible. Léna le suivit du regard. — Je n’ai jamais rencontré quelqu’un d’aussi arrogant Une heure plus tard… Léna quitta la salle de sport. En passant devant l’accueil, la réceptionniste l’interpella. — Excusez-moi, mademoiselle ! Vous avez oublié votre serviette. — Merci. Elle récupéra sa serviette. Au même moment, l’homme sortait des vestiaires. La réceptionniste lui adressa un immense sourire. — Bonne journée, monsieur ! Il répondit d’un simple signe de tête. Léna souffla discrètement. — Même son bonjour est froid… Elle sortit sans un regard. L’homme la regarda s’éloigner quelques secondes. Puis il tourna les talons. Pendant ce temps, Adrian appela l’assistant de son frère Adrian : « Mon frère est déjà arrivé ? » Assistant : « Oui, monsieur. Il est en ville depuis ce matin. » Adrian : « Il viendra directement demain ? » Assistant : « Comme toujours. Il préfère régler ses affaires personnelles avant de revenir au siège. Donc il vient vendredi comme prévu » Adrian : « D’accord » De retour à la salle. Quelques minutes plus tard, après s’être en allé Dans le parking souterrain… Un SUV noir attendait. Un homme en costume ouvrit immédiatement la portière arrière. — Bonjour, monsieur. Aleksander monta dans le véhicule sans répondre. La portière se referma dans un bruit sourd. Le chauffeur démarra aussitôt. Le silence régna pendant plusieurs minutes. Puis son assistant, assis à l’avant, consulta sa tablette. — Monsieur, votre emploi du temps de demain a été confirmé. L’homme détourna lentement son regard de la vitre. — Je vous écoute. — À neuf heures, rendez-vous avec les investisseurs du groupe Lancaster. — Maintenu. — À onze heures, signature du contrat avec les représentants asiatiques. — Très bien. L’assistant fit défiler son écran. — Votre frère a demandé si vous souhaitiez avancer votre retour au siège. Aleksander resta silencieux quelques secondes. — Réponse ? — Je lui ai dit que vous serez au siège vendredi matin, comme prévu. — Très bien. L’assistant prit quelques notes avant de reprendre. — L’ensemble des employés a déjà été informé de votre arrivée officielle. Aleksander acquiesça d’un simple mouvement de tête. — Parfait. Le véhicule poursuivit sa route. À travers la vitre teintée, les immeubles défilaient lentement. Sans qu’il sache pourquoi… Puis, Sur la banquette arrière , presque malgré lui, il repensa brièvement à cette jeune femme beaucoup trop bavarde et insolente à son goût Ses doigts tapotèrent une fois l’accoudoir. — Elle parle trop… murmura-t-il d’une voix presque imperceptible. Personne ne répondit. Le chauffeur n’osa pas poser de question. Il continua de conduire dans un silence absolu. Le silence reprit aussitôt. Dans l’habitacle… Il faisait presque aussi froid que dans le regard de son passager. Quelques minutes plus tard, le SUV s’engouffra dans le parking privé d’un luxueux hôtel cinq étoiles. Un employé ouvrit immédiatement la portière. — Bienvenue, Monsieur Anderson. Aleksander sortit du véhicule. Sans un regard pour les personnes qui l’entouraient, il traversa le hall d’un pas calme et assuré. Demain, il terminerait ses derniers rendez-vous privés. Et vendredi… Il ferait enfin son retour officiel au siège d’Anderson Corporation. Sans imaginer que l’employée qui avait osé lui tenir tête quelques heures plus tôt travaillait justement pour lui.Le dimanche matin, Léna vint travailler plus tôt que d’habitude pour s’assurer que rien ne manquait dans son rapport. Elle travailla toute la journée. Le bureau affichait dix-neuf heures trente. Les néons de l’open space éclairaient encore quelques bureaux. Le reste de l’étage était plongé dans le silence. Léna n’avait toujours pas quitté son écran. Des feuilles couvertes de chiffres étaient éparpillées autour d’elle. Elle soupira. — Ça ne peut pas être ça… Elle recommença son calcul. Une deuxième fois. Puis une troisième. Les résultats ne correspondaient toujours pas. Elle passa une main dans ses cheveux. Depuis la réunion, une seule phrase tournait dans sa tête. “Une excellente analyste voit ce que les chiffres annoncent.” — Qu’est-ce qu’il voulait dire par là… ? Plus loin, Ethan rangeait ses affaires. Il s’approcha de son bureau. — Tu rentres quand ? — Je ne sais pas. — Léna… Il est presque vingt heures. Elle leva à peine les yeux. — J’ai promis que j
Le lendemain matin. Lorsque Léna franchit les portes vitrées de l’Anderson Corporation, une étrange sensation l’envahit. Les conversations s’interrompaient à son passage. Deux employées, qui riaient quelques secondes plus tôt, baissèrent immédiatement la voix. Un homme détourna le regard lorsqu’elle croisa le sien. Léna fronça les sourcils. — Qu’est-ce qu’il se passe… ? Elle poursuivit son chemin jusqu’au service stratégie. À peine avait-elle posé son sac qu’Ethan pivota sur sa chaise. — Tu es devenue une célébrité. — Pardon ? — Toute l’entreprise parle de toi. Sophie leva les yeux de son écran. — Pas de la bonne manière… Léna soupira. — Je suppose que c’est à cause d’hier. — À cause d’hier ? répéta Ethan. Tu as défié Aleksander Anderson devant le conseil d’administration! — Je n’ai défié personne. Je défendais simplement mon travail. Ethan secoua la tête. — Tu ne connais pas encore le Président. Ici, personne n’ose le contredire. Victoria referma lentement son
Les employés quittèrent la salle les uns après les autres, évitant soigneusement de croiser le regard d’Aleksander. Léna referma son ordinateur d’un geste un peu brusque. Elle sentait encore le poids des regards sur elle. Elle venait de contredire le PDG devant toute l’équipe. Elle savait déjà que cette histoire ferait le tour de l’entreprise avant la fin de la journée. — Tu es complètement folle… murmura Ethan en marchant à côté d’elle. — Pourquoi ? — Tu es la première personne que je vois répondre au Président sans baisser les yeux Sophie acquiesça. — J’ai cru qu’il allait te renvoyer. Léna laissa échapper un petit rire nerveux. — Moi aussi. Ils arrivèrent devant leurs bureaux. Victoria était déjà installée. Elle releva lentement les yeux. Un sourire discret apparut au coin de ses lèvres. — Tu as eu beaucoup de courage… ou beaucoup d’inconscience. Léna posa son sac. — Merci du compliment. Victoria haussa légèrement les épaules. — Ce n’en était pas un. Puis ell
« Non c’est pas possible »« j’ai insulté le PDG de l’entreprise » Soudainement, Madame Lewis rompit le silence. — Monsieur le Président, permettez-moi de vous présenter les nouveaux collaborateurs. Aleksander détourna enfin les yeux de Léna. Comme si elle n’avait aucune importance. — Commencez. Les présentations débutèrent avec Léna… — voici Léna Carter. Nouvelle recrue du département stratégie. Elle tenta de garder une voix stable. Aleksander consulta brièvement son dossier. Puis releva les yeux. — C’est vous. Ce n’était pas une question. Le silence tomba dans toute la pièce. Léna sentit tous les regards se poser sur elle. — Nous nous sommes déjà rencontrés. Sa gorge se serra. — Oui… monsieur. Madame Lewis fronça les sourcils. — Vous connaissez déjà Monsieur Anderson ? Avant que Léna n’ait le temps de répondre…e Aleksander referma le dossier — Une rencontre assez inattendue. Je ne savais pas que mon entreprise engageait maintenant les
Le vendredi matin. Léna se réveilla avant même que son réveil ne sonne. Elle regarda l’heure. 6 h 03. — Aujourd’hui… Elle n’avait jamais ressenti une telle pression avant d’aller travailler. Après une douche rapide, elle enfila une chemise blanche parfaitement repassée, un pantalon noir ajusté et attacha soigneusement ses cheveux en queue-de-cheval. En se regardant dans le miroir, elle inspira profondément. — Tout ira bien. À sept heures vingt, Anderson Corporation était déjà en effervescence. Les agents de sécurité étaient deux fois plus nombreux. Les réceptionnistes vérifiaient chaque détail. Le moindre grain de poussière semblait avoir disparu. À peine Léna franchit-elle les portes du bâtiment que Madame Lewis l’interpella. — Mademoiselle Carter. — Bonjour, madame. — La réunion Horizon commencera à neuf heures. Avant cela, personne ne quitte son poste. — Bien compris. Madame Lewis observa sa tenue. Puis hocha discrètement la tête. — Vous
Le jeudi matin, l’atmosphère d’Anderson Corporation était différente. Dès son arrivée, Léna sentit que quelque chose avait changé. Le hall était méconnaissable. Des fleuristes terminaient d’installer d’immenses compositions florales. Des agents de sécurité circulaient dans tous les sens. Des agents d’entretien polissaient le sol en marbre avec une minutie presque excessive Les écrans géants diffusaient une vidéo de présentation de l’entreprise, comme lors des grands événements. Les employés marchaient rapidement, dossiers serrés contre eux Même les réceptionnistes semblaient plus nerveuses que d’habitude Les conversations étaient plus discrètes. Même les éclats de rire habituels semblaient avoir disparu. Personne ne semblait avoir le temps de discuter Léna observa la scène avec curiosité. — On dirait que tout le monde retient son souffle… Elle fronça légèrement les sourcils. — Il se passe quoi aujourd’hui ? Pensa t-elle A peine arrivée, elle se dirigea vers le bureau







