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Préface
Passionnées de lecture fantastique au sens large du terme, les idées fusaient depuis longtemps, mais nous hésitions à franchir le pas. L’envie de partager quelque chose entre mère et fille et les encouragements de nos proches ont donné naissance à cette collaboration. Nous nous sommes mises à écrire ce que nous avions en tête. Depuis, d’autres projets ont mûri et verront le jour très prochainement.
Vous venez d’acquérir le premier tome de cette saga qui en comportera 3. Avant de l’écrire nous avions déjà une idée précise de la trame, aussi nous avons parcouru la région du Gévaudan pour réunir un maximum d’informations concernant cette légende, avant de nous lancer.
Nous sommes parties d’un témoignage authentique et l’avons adapté de manière à ce qu’il coïncide avec notre époque. Il ne s’agit pas d’une nouvelle enquête, mais de la légende revisitée…
Nous vous invitons à pousser les portes de notre imagination…
Kristin et Fanelly Andrews
« L’imagination vaut tous les voyages du monde… »
À nos petits loups et à tous ceux qui ont cru en nous…
Je m’appelle Éléonore Lavallée, je suis née à Paris voilà presque dix-huit ans et ma vie s’est effondrée quand mes parents se sont séparés. Mon père est parti sans se soucier des conséquences et ma mère, professeur d’histoire, a décidé de se faire muter en Lozère, dans sa ville natale. J’ai dû laisser tous mes amis.
Nous avons déménagé fin août et nous sommes venus nous installer à Castelubin, dans une vieille demeure familiale, côté maternel. Mon grand-père est décédé il y a quelques années et je n’y avais pas remis les pieds depuis longtemps. Je déteste cet endroit, à l’inverse de mon frère, passionné par la légende que mon grand-père aimait nous raconter chaque fois qu’il en avait l’occasion.
Je croyais que j’aurais du mal à m’adapter ici, mais dès mon premier jour au lycée, j’ai rencontré Clara Castel, la fille du maire. Avec ses cheveux blonds mi longs dégradés et parfaitement lisses, ses yeux en amande couleur noisette, elle m’a tout de suite fait penser à une actrice de cinéma. Grâce à elle, je n’ai pas eu de mal à m’intégrer, contrairement à ce que je craignais.
Une expérience plutôt dramatique a lié tous les élèves de terminale, à ce que j’ai pu comprendre. Ils m’ont raconté une histoire qui m’a fait froid dans le dos : Rémi Castel, le frère de Clara, avait pour habitude d’organiser des skins parties, dans une vieille grange abandonnée à la sortie de la ville. Au cours d’une de ces soirées très arrosées, il y a quelques mois, Mélisande Dubois a disparu. Personne ne sait ce qu’elle est devenue, malgré toutes les recherches entreprises par la gendarmerie et ses proches, ils n’ont pas retrouvé sa trace. Ils m’ont clairement fait comprendre qu’elle s’était volatilisée. Depuis, ils ont l’interdiction de se rendre là-bas et d’organiser ce type de fêtes.
Ma mère m’a fait une terrible révélation sur M. Dubois. Sa femme a trouvé la mort au cours d’un accident de la route, dans de curieuses circonstances, peu de temps avant la disparition de sa fille. Depuis ces deux événements, il s’en prend régulièrement à Rémi, petit ami de Mélisande qu’il tient pour responsable. Il serait le dernier à l’avoir vue et a même été suspecté par la gendarmerie, mais sans preuves, l’affaire en est restée là, ce qui a aigri le pauvre homme. Selon certaines rumeurs, il fait plutôt peur car il serait sorcier. C’est certainement de vieilles superstitions car d’après ma mère il est guérisseur et vit des soins qu’il prodigue. Il vend aussi des breuvages qu’il fabrique lui-même. Bref ! C’est une sorte de marginal, il vit retiré dans une cabane en bois, à la lisière de la forêt.
Le plus important reste ma rencontre avec Léo Lupin, placé à côté de moi le premier jour de la rentrée, par notre professeur principal, M. Crepaud. Dès qu’il m’a regardée, mon cœur s’est emballé. Nos mains se sont ensuite effleurées par inadvertance, et j’ai reçu une décharge électrique. J’ai compris que Léo l’avait ressentie aussi car il s’est levé brusquement et s’est précipité vers la sortie. À l’intercours, j’ai couru aux toilettes pour vérifier ce qui me brûlait autant sur l'épaule gauche. Et là, j’ai découvert qu’une énorme cloque recouvrait ma tache de naissance, la douleur ne m’a pas lâchée de la journée. Et le soir même, je me suis aperçue qu’elle prenait une forme inquiétante : une étoile à cinq branches se profilait, tatouée sur ma peau comme si j’avais été marquée au fer rouge, de quoi me faire flipper pour le reste de ma vie. J’ai passé une très mauvaise nuit et j’ai commencé à faire des cauchemars. Je croyais que le lendemain ça aurait disparu mais non !
Depuis mon arrivée, je ne sais pas ce qui se passe, je n’étais pas une fille populaire avant mais ici tout le monde me parle. J’ai d’abord sympathisé avec Léo avant que Rémi commence à s’intéresser à moi. Il est LE garçon à fréquenter et tout le lycée parle de son anniversaire comme si c’était l’événement du siècle ! Il a lancé l’invitation sur internet la veille au soir et la plupart des élèves y sont conviés, j’en fais partie, il paraît que c’est un privilège. Clara m’a raconté qu’il fait toujours les choses en grand, il aime se faire remarquer et ne peut pas s’empêcher d’étaler sa fortune familiale mais par-dessus tout, il ne supporte pas qu’une fille lui résiste. Il lui arrive aussi de rentrer dans de violentes colères où il devient incontrôlable. Ses problèmes comportementaux sont apparus après la disparition de Mélisande, il est devenu physiquement plus fort et plus musclé que la moyenne, ce qui n’a pas manqué d’inquiéter les enseignants. Lorsque le prof de gym a proposé la lutte au programme, il a blessé un élève assez grièvement, du coup plus personne n’ose le défier.
L’autre jour au self, j’ai surpris une conversation avec les autres, il parlait d’une nouvelle fille qui lui plaisait bien et je me suis sentie visée quand il m’a regardée en le disant. J’ai vite compris où il voulait en venir.
D’après les rumeurs, les filles vendraient leur âme au diable juste pour un rendez-vous avec lui, mais pas moi, je trouve ça complètement dingue. J’irai à cette fête pour faire comme tout le monde, histoire de m’intégrer.
Chapitre 37Les gendarmes quittent les lieux et demandent à ma grand-mère de vérifier ce qu’il manque et de leur en donner l’inventaire dès le lendemain, en allant déposer plainte.Il est 4 heures du matin, je m’inquiète beaucoup, car ma mère n’est toujours pas là.— Attendez, il manque autre chose, ajoute ma grand-mère.Elle est d’une pâleur effrayante, je m’attends au pire.— Qui a-t-il ?— Cet objet était de la plus haute importance ! L'athamé ! prononce-t-elle.— l’athamé ! répète Paul.— Qu’est-ce que c’est ? Tu ne m’en as jamais parlé ! dis-je.— Il s’agit d’une dague qui est rattachée à l’élément terre. Sa lame est à double tranchant et conçue dans le même m&eacut
Puis les langues se délient, La surprise fait place à la colère chez certains et à l’admiration chez d’autres. S’ensuit un brouhaha terrible. Claude est obligé de taper de grands coups sur la table pour ramener le silence.— C’est trop balaise ! Mon beau-père est le loup du Gévaudan ! s’exclame Tom tout excité à cette idée.— Du calme Tom ! Voyons ! Un peu de respect pour toutes les victimes ! dit Gabrielle.— Désolé Mamie ! Je ne pensais pas à eux !— Attendez ! Je n’ai pas tout à fait terminé ! nous dit Paul.— Quoi d’autre ? demande mamie.— Isatys et moi avons scellé un pacte en mémoire d’Isaure. La paix reviendrait sur la septième génération, lorsqu’un membre de ma lignée et de la sienne s’uniront. Ils seront
Des craquements dans le couloir interrompent la conversation. Je me lève et je sais déjà qui est là. J’ouvre la porte du salon :— Tu peux te joindre à nous, Paul.Claude s’interpose.— Je ne crois pas vous avoir invité ? Que faites-vous là ?— C’est vrai Paul que fais-tu là ? reprend Elsa.— J’ai pris une décision et je crois que ce soir vous êtes en train de faire des révélations sur le passé, alors c’est le moment pour moi aussi, de vous raconter l’histoire de mes origines, qui vous le verrez, a un lien avec les vôtres.Tout le monde est surpris par cette intrusion et nous restons sans voix. Nous attendons, le cœur battant qu’il dévoile la véritable raison de sa présence ici à Castelubin.— Très bien Paul, nous vous écoutons, l&rsquo
Chapitre 35C’est au tour de Gabrielle de prendre la parole :— Je crois que nous allons poursuivre avec Claude, car ce soir nous avons tellement à dire qu’il nous faudra une partie de la nuit !— Très bien Gabrielle, tu as raison. C’est une longue histoire et je voudrais que chacun d’entre vous l’écoute attentivement afin de la transmettre aux générations futures.— Vas-y Claude nous t’écoutons, ajoute Gabrielle qui ne cache plus son impatience.— Je vais reprendre depuis le début, pour que tout le monde comprenne bien. Lorsque j’étais très jeune, j’ai toujours vu ma famille protéger cette ville des loups alphas et des intrus malintentionnés. J’avais deux frères et une sœur ainsi que de nombreux cousins. Mais un jour, tous les miens ont été d&
Après le repas, nous décidons de rendre une petite visite à Gabrielle qui avait promis de nous aider. Si Gaspard et Aaron se connaissent, il est fort possible qu’il vienne de la même époque, comme le loup inconnu, dans ce cas ma grand-mère doit le connaître. Je me demande bien ce qui a pu se passer pour qu’aujourd’hui il y ait cet esprit de vengeance et cette course au rituel. Les légendes de la région font beaucoup allusion à la sorcellerie, pourtant il n’y a rien de bien précis.Ma grand-mère nous attend et je constate qu’elle a fait beaucoup d’efforts. Elle a préparé des gâteaux, du thé, du café, comme autrefois. Elle a également sorti une malle en osier, que je n’avais jamais vue auparavant.— D’où émerge-t-elle ? demande Tom.— Elle était à la cave ! Comme
Le combat a été d’une extrême violence, mais notre meute s’en est bien tirée. J’espère que nos adversaires nous craindront et me laisseront tranquille.Je monte dans ma chambre, avec Léo. Je ne veux pas être séparée de lui, surtout ce soir ! Nous avons l’intention de reprendre les choses là où nous les avions laissées pour savourer notre victoire.Nous sommes les vainqueurs de cette bataille, mais nous savons que nous n’avons pas gagné la guerre pour autant !L’inconnuNous sommes tirés de notre sommeil par des éclats de voix venant du rez-de-chaussée.—Qu’est-ce qu’il y a ? dit Léo, d’une voix ensommeillée.— Je ne sais pas, on dirait ma mère et Paul !— Ils se disputent, constate-t-il.Je me l
— De quoi est-ce que tu parles ? demandé-je.— Je suis porteur du virus de la lycanthropie !— Précise ! suggère Léo, intéressé.— J’ai appris qu’il y a plusieurs façons d’être contamin
À ce moment, Matthew jette un regard à Tom, tout en évitant le mien. La conversation a laissé un froid, chacun reste sur ses positions, et moi, je refuse de croire que des loups se promènent par ici. Je croyais qu’en mourant, mon grand-père s’
L’information tombe quelques jours plus tard. Le médecin légiste a identifié le corps de Mélisande Dubois grâce aux empreintes dentaires. Sa mort remonterait à quelques mois, voire au jour de sa disparition. L’enquête prend une toute autre direction. Rémi et les autres sont innocentés, car il a rel
Je m’arrête à la hauteur du rocher, je reconnais l’endroit qu’elle me désignait. Nous descendons près du ruisseau, mon cœur s’accélère au fur et à mesure que nous nous rapprochons. Je ferme les yeux car je sais déjà ce que je vais trouver. C’est en entendant Thomas injurier l’assassin que je réali







