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Chapitre 259 — La confrontation

Autor: Déesse
last update Fecha de publicación: 2026-10-19 08:56:12

Valentina

Je la fais venir dans le bureau, le samedi, à dix-sept heures. J'ai demandé à Consuelo d'emmener les enfants au village pour le goûter. J'ai demandé à Belasco de garder le couloir, hors de portée de voix. Santiago voulait rester. J'ai dit non. C'est entre elle et moi. Ça a toujours été entre elle et moi.

Elle entre avec un sourire, un bol de mate, son gilet gris qu'elle trimbale depuis qu'on a vingt ans. Elle s'assied en face de moi comme elle s'asseyait
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    Valentina Je ne sais pas combien de temps je reste à la fenêtre. Une minute, peut-être cinq. Derrière moi, Pilar pleure, puis se calme, puis recommence, puis se tait. Quand je me retourne, j'ai décidé, et je ne sais pas à quel moment j'ai décidé, et c'est peut-être ça, les vraies décisions, celles qu'on ne se voit pas prendre. Il y a une part de moi qui veut sa mort. Je ne vais pas me mentir. Il y a la lionne, la femme forgée, celle qui a appris à tirer et à ne pas trembler, et cette femme-là calcule déjà, froidement, où, comment, qui nettoie. Douze ans de trahison. Mes enfants vendus. Mon mariage vendu. Ma vie vendue. Dans le monde où je vis, ça se paie d'une seule façon. Et il y a l'autre. Celle qui se souvient d'un appartement de Rosario, de deux filles qui partageaient un lit trop étroit en regardant des films idiots, de Pilar qui tenait mes cheveux quand je vomissais après avoir trop bu à dix-neuf ans,

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    ValentinaJe la fais venir dans le bureau, le samedi, à dix-sept heures. J'ai demandé à Consuelo d'emmener les enfants au village pour le goûter. J'ai demandé à Belasco de garder le couloir, hors de portée de voix. Santiago voulait rester. J'ai dit non. C'est entre elle et moi. Ça a toujours été entre elle et moi.Elle entre avec un sourire, un bol de mate, son gilet gris qu'elle trimbale depuis qu'on a vingt ans. Elle s'assied en face de moi comme elle s'asseyait au comptoir de la boutique, les jambes croisées, familière.— Tu voulais me voir ?— Oui.Je la regarde. Vraiment. Pour la première fois depuis son retour, je la regarde avec les yeux que Mercedes m'a appris. Et je vois tout ce que j'ai refusé de voir : la façon dont elle ne soutient jamais mon regard plus de trois secondes, les poches de fatigue sous ses yeux, sa main gauche qui joue avec la manche du gilet, toujours, un tic que je connais depuis toujours et que je n'

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