Home / Romance / Celle qu'il croyait morte / Chapitre 98 — Le message de sang

Share

Chapitre 98 — Le message de sang

Author: Déesse
last update publish date: 2026-08-24 08:06:03

Valentina

Belasco me réveille à quatre heures dix-sept du matin.

Je le sais parce que je regarde le réveil avant de regarder son visage, par habitude, par cette manie de commandant en chef que j'ai prise sans m'en rendre compte : dater chaque catastrophe à la minute près, comme si l'heure exacte pouvait un jour servir devant un tribunal, devant un notaire, devant moi-même.

Quatre heures dix-sept. Un mardi. Le mardi de la deuxième semaine depuis Concordia.<
Continue to read this book for free
Scan code to download App
Locked Chapter

Latest chapter

  • Celle qu'il croyait morte    CHAPITRE 292 — LE PIÈGE DU LOUP

    — SantiagoLe premier coup de feu claque, et il vient de la gauche, et il touche l'un des jeunes en pleine poitrine ; il tombe en arrière sans un cri, avec cette espèce de soupir que font les hommes quand l'air les quitte d'un coup.Je plonge derrière une pile de caisses, je sors mon arme, je tire deux fois dans la direction de la lumière, et j'entends un bruit de verre brisé, et une voix qui jure, et d'autres coups de feu qui partent de partout à la fois.Tomás est à ma droite, accroupi derrière une carcasse de machine, il tire par rafales courtes, il a ce calme des anciens, ce calme qui me rappelle que ce n'est pas la première embuscade qu'il vit, et je me dis que si l'un de nous s'en sort, ce sera peut-être lui.— Combien ? je crie.— Quatre, peut-être cinq ! il répond, et il y a un autre, là-haut, à la passerelle !Je lève la tête, je vois une silhouette qui court au-dessus de nous, le long d'une coursive de métal, et je tire, et la silhouette s

  • Celle qu'il croyait morte    CHAPITRE 291 — LA TRAQUE DU LOUP 2

    — Santiago Vega pose une liasse de papiers sur la table de la cuisine, et il s'assied en face de moi, et il ne prend pas de gant. — J'ai activé tous mes contacts, il me dit, tous, même ceux que je m'étais juré de ne jamais rappeler, et voilà ce qu'on a. Il étale les feuilles, des rapports, des photos, des noms, des adresses, et je me penche sur tout ça avec cette concentration que je n'ai pas connue depuis mes années au renseignement, cette façon qu'a mon cerveau de se réorganiser quand il y a une cible. — Les hommes qu'il a utilisés ces cinq dernières années, il continue, une dizaine de noms, la moitié sont en prison ou au cimetière ; les autres sont en liberté, mais ils ont peur, ils savent que si El Lobo apprend qu'ils ont parlé, il les tuera, et ils savent aussi que s'ils ne parlent pas, c'est moi qui les tuerai. — Et alors ? — Alors j'ai trouvé un type qui est prêt à prendre le risque, il s'appelle Rami

  • Celle qu'il croyait morte    CHAPITRE 290 — LA TRAQUE DU LOUP

    Je lui réponds que je pense aux enfants, justement, que c'est exactement pour ça que je ne dors pas, et il n'insiste pas, parce qu'il sait que je n'ai pas tort. — Tu ne peux pas tout porter, il me dit un soir, alors que je suis debout à la fenêtre du salon, à regarder l'allée éclairée par les projecteurs. — Je ne porte rien, je regarde. — C'est la même chose. — Alors laisse-moi regarder. Il s'approche, il pose la main dans mon dos, entre les omoplates, et il y reste, sans rien dire, et pendant un moment je sens sa chaleur à travers ma chemise, et je ferme les yeux, et je me dis que si je pouvais rester là, juste là, une heure, une nuit, une vie, ce serait bien. Mais je les rouvre, et je regarde, et je surveille. Le troisième jour, à sept heures du matin, un des hommes de Vega sort de la maison en courant, et je comprends au bruit de ses pas avant de comprendre à son visage. Un des gardes est mort.

  • Celle qu'il croyait morte    CHAPITRE 289 — LA FORTERESSE ASSIÉGÉE

    — Valentina Je regarde l'heure sur le four, quatre heures cinquante-sept du matin, et je compte les minutes depuis la dernière fois que j'ai vérifié, trois minutes, ce qui veut dire que je tiens à peu près le rythme d'un contrôle toutes les trois minutes, et je me dis que si je continue comme ça je vais finir par user le cadran à force de le fixer. Je ne dors plus, ou presque. Je ne mange plus, ou si peu que Consuelo a fini par poser une assiette devant moi sans rien dire, avec les trois bouchées réglementaires dessus, et par rester debout à côté de la chaise jusqu'à ce que je les avale, et c'est peut-être la seule personne au monde qui a encore le droit de me traiter comme une enfant. — Trois bouchées, elle avait dit la première fois, trois bouchées et je te laisse tranquille. — Je n'ai pas faim. — Je n'ai pas demandé si tu avais faim, j'ai demandé trois bouchées. J'avais mangé les trois bouchées,

  • Celle qu'il croyait morte    CHAPITRE 288 — L'ULTIMATUM

    — ValentinaNous partons le soir même.Vega organise tout, deux voitures, un itinéraire, une maison sûre du côté de San Antonio de Areco, chez un ancien collègue à lui qui vit seul avec des chiens et qui ne pose pas de questions ; nous chargeons les affaires des enfants dans des sacs, Mateo dans son siège, Milagros avec son lapin, Joaquín avec ses petites voitures qu'il refuse de laisser même pour une nuit, et à neuf heures nous quittons l'estancia dans le noir, sans lumières, en roulant doucement sur le chemin de terre.Les enfants s'endorment au bout de dix minutes ; c'est leur pouvoir, à cet âge, de dormir n'importe où, même quand le monde s'écroule.Je regarde par la vitre, les champs qui défilent, les clôtures, les vaches immobiles dans l'obscurité, et je pense à la maison que nous venons de quitter, à la table que j'ai essuyée hier comme si de rien n'était, et je me dis que la paix, décidément, n'est jamais qu'un prêt.Santiago conduit, les mains à dix heures dix, les yeux fixes

  • Celle qu'il croyait morte    CHAPITRE 287 — EL LOBO

    — SantiagoVega arrive en fin de matinée, avec deux dossiers sous le bras et cette tête des mauvais jours qui lui creuse les traits entre les sourcils.Il pose les dossiers sur la table, il ouvre le premier, et il ne perd pas de temps.— El Lobo, de son vrai nom Ernesto Salgado, cinquante-deux ans, ancien sous-officier des renseignements, recruté par Ignacio au début des années quatre-vingt-dix ; il a travaillé pour lui pendant vingt-cinq ans, il a fait tout ce que les autres refusaient de faire.— C'est-à-dire ?Vega tourne une page.— Officiellement, rien ; officieusement, on lui attribue une dizaine d'exécutions en Argentine, trois au Paraguay, deux en Uruguay, sans compter tout ce qui n'a jamais été compté ; il ne laisse pas de traces, il ne laisse pas de témoins, et quand il laisse quelque chose, c'est pour qu'on le trouve.— La lettre.— La lettre, exactement ; il veut qu'on sache que c'est lui ; c'est sa signature, à cet homme-là, il agit toujours à visage découvert avant de fr

More Chapters
Explore and read good novels for free
Free access to a vast number of good novels on GoodNovel app. Download the books you like and read anywhere & anytime.
Read books for free on the app
SCAN CODE TO READ ON APP
DMCA.com Protection Status