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Chapitre 3

Author: dainamimboui
last update Petsa ng paglalathala: 2026-03-12 12:44:45

Le retour est brutal.

L’île disparaît derrière nous comme un décor qu’on démonte après une représentation. L’hélicoptère nous dépose sur le toit de la villa principale en fin d’après-midi. Le ciel est gris, plus lourd que sur l’île. L’air est plus froid aussi.

La propriété de la famille de la Sarte est encore plus impressionnante que le domaine du mariage.

Immense.

Fermée.

Protégée par des grilles en fer forgé et des caméras discrètes.

Une forteresse.

Je descends les marches en marbre à côté d’Hugo. Il marche devant moi, sûr de lui, dans son territoire.

Je sens déjà la différence.

Ici, il n’est pas seulement un homme riche en lune de miel.

Ici, il est chez lui.

À l’intérieur, tout est silencieux. Haut plafond. Lustre ancien. Escalier monumental en bois sombre. L’odeur subtile de cuir et de bois ciré.

Je fais quelques pas dans le hall.

— Bienvenue chez toi, dit Hugo.

Chez moi.

Le mot sonne étrangement.

Je m’apprête à répondre quand une voix masculine résonne depuis le salon.

— Tu es rentré plus tôt que prévu.

Je me fige.

Hugo ne m’a pas parlé d’un retour accompagné.

Il se tourne légèrement.

— Bastian.

Mon cœur ralentit une fraction de seconde.

Il est là.

Je ne sais pas pourquoi, mais je ne m’attendais pas à ce qu’il vive encore ici. Pas à temps plein. Pas maintenant.

Des pas se rapprochent.

Puis il apparaît.

Grand. Plus grand que je ne l’imaginais.

Chemise blanche légèrement ouverte au col. Manches retroussées. Pantalon sombre. Attitude décontractée.

Mais son regard…

Son regard est tout sauf détendu.

Il me voit.

Et il comprend immédiatement.

Ses yeux descendent lentement le long de ma silhouette. Pas vulgairement. Pas timidement.

Analytiquement.

Je sens son évaluation.

Mon âge.

Ma robe élégante.

Mon alliance.

Il relève les yeux vers mon visage.

Silence.

Personne ne parle.

Hugo brise finalement la tension.

— Mélanie, voici mon fils, Bastian.

Aucune mention de “ta belle-mère”.

Aucun titre.

Juste mon prénom.

Je soutiens son regard.

— Enchantée.

Ma voix est calme.

Stable.

Il ne me tend pas la main.

Il ne sourit pas.

Il ne montre aucune politesse excessive.

Il me regarde comme on observe une pièce déplacée sur un échiquier.

— Intéressant.

Le mot tombe dans le silence.

Sec.

Mesuré.

Je ne cille pas.

— C’est tout ce que tu trouves à dire ? demande Hugo, légèrement agacé.

Bastian ne quitte pas mes yeux.

— Je m’attendais à… autre chose.

Je perçois le sous-entendu.

Plus âgée, peut-être.

Moins… attirante.

Je m’avance légèrement.

— Déçue ?

Il incline à peine la tête.

— Surpris.

Son regard ne se détourne toujours pas.

Il comprend que je suis jeune.

Il comprend que je suis belle.

Il comprend que ce mariage n’a rien d’innocent.

Et il me juge.

Sans filtre.

Sans gêne.

Hugo soupire.

— Bastian, montre-lui au moins un peu de respect.

Un sourire très léger apparaît sur les lèvres de son fils.

— Je suis parfaitement respectueux.

Mais il ne m’appelle toujours pas belle-mère.

Je remarque chaque détail.

Sa posture légèrement dominante.

Son absence de nervosité.

Son assurance.

Il n’est pas intimidé.

Il est contrarié.

Et intrigué.

— Je dois retourner travailler, dit-il finalement en se détachant de moi.

Il passe à côté de nous.

Trop près.

Je sens son parfum discret.

Propre. Élégant.

Il ne me frôle pas.

Mais l’air entre nous semble vibrer.

Avant de disparaître vers le couloir menant au bureau, il s’arrête.

Se retourne.

Ses yeux plongent une dernière fois dans les miens.

— Bienvenue.

Le mot est neutre.

Mais le ton ne l’est pas.

Puis il disparaît.

Le silence retombe.

Je relâche lentement l’air que je retenais sans m’en rendre compte.

Hugo pose une main dans mon dos.

— Il a du mal avec les changements.

— Je vois.

Je reste immobile quelques secondes.

Je n’ai pas peur.

Je suis… attentive.

— Il vit ici ? demandé-je calmement.

Hugo hésite à peine.

— Oui. Pour l’instant. Ses études sont proches. Et il travaille avec moi.

Je hoche la tête.

Donc il ne s’agit pas d’une présence temporaire.

Il est intégré.

Installé.

Ancré.

Je regarde l’escalier par lequel il a disparu.

Je repense à son regard.

Glacé.

Intelligent.

Accusateur.

Il me méprise déjà.

Et le pire ?

Je crois qu’il pense avoir raison.

Le dîner est étrangement silencieux.

Bastian est assis en face de moi.

Hugo parle affaires.

Je sens les regards furtifs.

Il m’observe quand je parle.

Quand je mange.

Quand je me tais.

Il cherche une faille.

Une incohérence.

Une preuve.

Je soutiens chaque regard.

Je ne baisse pas les yeux.

Pas une seule fois.

À un moment, nos doigts se frôlent brièvement en attrapant la carafe d’eau.

Un contact minime.

Accidentel.

Mais électrique.

Il retire sa main immédiatement.

Son regard change à peine.

Mais je le vois.

Il n’est pas indifférent.

Il est sur ses gardes.

Après le dîner, Hugo s’absente pour répondre à un appel.

Nous restons seuls quelques secondes dans la salle à manger.

Le silence est lourd.

— Vous avez toujours été attirée par les hommes puissants ? demande-t-il soudainement.

Le vouvoiement est calculé.

Une distance volontaire.

Je relève lentement les yeux vers lui.

— Vous avez toujours été aussi direct ?

— Seulement quand c’est nécessaire.

Je me lève doucement.

Je m’approche de la table, pose mes doigts sur le dossier de la chaise.

— Je crois que votre père m’a choisie.

Un éclair passe dans son regard.

— Les hommes comme lui ne choisissent rien au hasard.

Je m’approche encore d’un pas.

Pas assez pour envahir son espace.

Juste assez pour le défier.

— Peut-être que moi non plus.

Silence.

Ses mâchoires se contractent.

Il se redresse.

Je vois la tension dans son cou.

Dans ses épaules.

Dans sa respiration.

Il détourne finalement les yeux.

Première victoire minuscule.

— Bonne nuit… Mélanie.

Pas de titre.

Pas de respect forcé.

Juste mon prénom.

Je monte l’escalier lentement.

Je sens son regard dans mon dos.

Je ne me retourne pas.

Dans ma chambre, je ferme la porte doucement.

Je m’appuie contre le bois.

Je ferme les yeux.

Ce n’est pas l’homme que j’ai épousé qui me préoccupe.

C’est son fils.

Il est plus intelligent que je ne le pensais.

Plus dangereux aussi.

Il ne me fait pas confiance.

Il me surveillera.

Il me provoquera.

Et il ne reculera pas facilement.

Je me dirige vers la fenêtre et observe les lumières du jardin.

Je suis entrée dans la cage du lion.

Mais je viens de découvrir qu’il y a un autre prédateur à l’intérieur.

Et celui-là…

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