Mag-log inLa chambre était plongée dans une semi-obscurité. Seule, je m’avançais jusqu’au miroir. Mon reflet me renvoyait une image que je n’aimais pas. Le visage pâle, les yeux rougis par des nuits trop courtes, et ce sourire que je ne reconnaissais plus. Un sourire que le désir avait façonné, que la culpabilité avait effacé par instants. Je me détestais. Tout ce que j’avais imaginé, planifié… réduit à néant. Tout ce que je pensais pouvoir contrôler… glissait entre mes doigts comme du sable humide. Je me rappelai le premier jour dans cette maison. La détermination que j’avais eue. Le feu dans mes veines. La promesse silencieuse à moi-même : faire payer Hugo de la Sarte. Le faire ressentir le poids de mes pertes. Le faire tomber de son piédestal. Mais quelque chose avait changé. Quelque chose que je n’avais pas prévu. Bastian. Au départ, il n’était qu’une ombre dans mes plans. Un obstacle secondaire. Une variable. Une variable… qui avait pris vie. Qui avait trouvé un moyen d’entre
Le soir tombe lentement. La lumière décline derrière les grandes baies vitrées.La maison est silencieuse. Trop silencieuse. Hugo m’a envoyé un message : Retard. Dîner avec un client. Je fixe l’écran quelques secondes. Un mélange de soulagement et de culpabilité me traverse. Il n’est pas là. Il ne verra rien. Il ne saura rien. Pas ce soir. Je monte à l’étage. Chaque marche semble peser plus lourd que la précédente. Je n’ai pas le choix. Pas après ce qu’il a fait. Je frappe à la porte de la chambre de Bastian. Il ouvre presque immédiatement. Comme s’il m’attendait. — Je savais que tu viendrais. Je ne réponds pas. Je reste droite. Froide. — Supprime-les. Pas de détour. Pas de préambule. — Les vidéos. Il referme la porte derrière moi Calmement. — Bonsoir, Mélanie. — Supprime-les. Il soupire doucement. — Toujours aussi pressée. Il traverse la pièce, s’installe dans le fauteuil près de la fenêtre. Détendu. Maîtrisant parfaitement la situation. — Tu refuses t
Il s’approche encore. Trop près. Comme si ma décision n’avait aucune importance. Je pose mes mains contre son torse et je le repousse. Cette fois avec plus de force. — C’est terminé, Bastian. Ma voix tremble, mais je ne recule pas. — Définitivement. Il m’observe. Silencieux. Un léger pli au coin des lèvres. — Tu crois ? — Oui. Je soutiens son regard. — Je ne recommencerai plus. Ce qu’il s’est passé… ça ne se reproduira pas. Il ne répond pas. Il ne cherche même pas à argumenter. C’est ça qui m’inquiète. Je me détourne. — Je ne veux plus te parler de ça. Je fais un pas vers le couloir. Un seul. Puis j’entends un son. Un bruit familier. Un souffle. Un frisson glacé me traverse. Je me fige. Non. Pas ça. Les sons deviennent plus clairs. Un gémissement. Un murmure. Ma voix. Mon propre souffle. Mon cœur s’arrête. Je me retourne lentement. Bastian est appuyé contre le meuble du salon. Téléphone en main. L’écran dirigé vers lui. Il ne me regarde pas. Il écoute. C
Le lendemain matin, Hugo part tôt. Comme toujours. Costume impeccable. Baiser rapide sur mes lèvres. Promesse de rentrer pour le dîner. Je le regarde s’éloigner depuis l’entrée. La porte se referme. Le silence tombe. Lourd. Définitif. Je pourrais sortir. Aller travailler, M’occuper Mais je reste. Parce que je sais que je dois faire quelque chose. Je ne peux pas continuer ainsi. Je traverse la villa d’un pas décidé. Je le trouve dans le salon, assis, téléphone en main. Calme. Trop calme. Il lève les yeux vers moi. — Tu ne travailles pas aujourd’hui ? — Non. Il comprend immédiatement. Il pose son téléphone sur la table basse. — D’accord. Il attend. Je prends une inspiration. — On doit parler. Il esquisse un léger sourire. Pas surpris. Presque amusé. — Je t’écoute. Je reste debout. Je ne veux pas m’asseoir. Je ne veux pas paraître faible. — Ça doit s’arrêter. Il ne réagit pas. Il se contente de me regarder. — J’aime Hugo. Ma voix tremble légèrement. Je
Je n’étais pas prête. Quand la voiture d’Hugo s’arrête dans l’allée, mon cœur s’arrête une fraction de seconde. Il devait rentrer demain. Demain. Pas ce soir. Je suis debout dans l’entrée quand la porte s’ouvre. Hugo apparaît, impeccable, valise à la main, sourire fatigué mais sincère. — Surprise. Sa voix est chaleureuse. Normale. Stable. Je m’avance vers lui.Je l’embrasse. Je retrouve son parfum familier, rassurant. Et pourtant… Une part de moi pense immédiatement à autre chose.À quelqu’un d’autre. Je me déteste pour ça. — Tu ne m’attendais pas si tôt ? demande-t-il en me regardant. Je secoue la tête avec un sourire maîtrisé. — Tu m’as surprise. Il pose ses mains sur mes épaules. Il me regarde avec affection. Confiance. Amour. Et la culpabilité me serre la gorge.Le dîner est organisé rapidement. Une habitude presque mécanique chez nous. Table dressée parfaitement. Vaisselle alignée. Verres scintillants. Tout semble normal. Trop normal. Bastian descend en
Plus tard, quand je redescends dans le salon, mon téléphone sonne. Hugo Je réponds. — Ma chérie. Sa voix est douce. Stable. Sécurisante. Je ferme les yeux Et malgré moi… Je pense à Bastian. À son regard. À sa manière de me murmurer des choses que je ne devrais pas aimer entendre. À ce qu’il vient de me faire , il m’a pris par derrière.. je n’arrive pas à croire que j’ai fait du sexe anal avec Bastian. Je parle à mon mari. Je lui dis que tout va bien. Que je l’attends. Que la maison est calme. Et pendant qu’il me parle de ses réunions, je repense aux mains de son fils sur moi. Je déglutis.Je me rends compte de l’ampleur. Je ne suis plus seulement dans l’erreur.Je suis divisée. Et le plus troublant… C’est que lorsque je raccroche, ce n’est pas la voix de mon mari qui résonne encore dans ma tête. C’est celle de Bastian. Je ne reconnais plus la Chaque pièce semble chargée de souvenirs récents. Pas des souvenirs paisibles. Des traces. Des fragments. Des instants volés.







