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Chapitre 4

Penulis: dainamimboui
last update Tanggal publikasi: 2026-03-12 12:45:49

La villa n’a jamais été aussi lumineuse.

Des voitures de luxe s’alignent devant l’entrée. Les jardins sont éclairés par des projecteurs discrets. À l’intérieur, les lustres diffusent une lumière dorée qui rend chaque surface plus riche, chaque sourire plus faux.

Hugo a voulu marquer les esprits.

Il ne s’agit pas simplement d’une réception.

Il s’agit d’une annonce.

Je descends l’escalier lentement, vêtue d’une robe noire fendue, dos nu, élégante sans être excessive. Mes cheveux noirs sont relevés, révélant ma nuque. Je sens les regards avant même d’atteindre la dernière marche.

Hugo m’attend en bas.

Son regard s’assombrit légèrement en me voyant.

— Tu es parfaite, murmure-t-il.

Il glisse sa main dans le creux de mes reins, me rapprochant de lui avec cette possessivité qu’il ne cherche même plus à dissimuler.

La soirée commence.

Politiciens influents. Investisseurs étrangers. Avocats. Directeurs de groupes internationaux.

L’élite.

Je joue mon rôle.

Je souris. Je discute. Je m’intéresse aux projets internationaux. Je parle économie, culture, stratégie.

Je vois les mentalités changer.

Au début, ils m’observaient comme un caprice tardif d’homme riche.

Maintenant, ils m’écoutent.

Je ne suis pas décorative.

Je suis dangereusement à ma place.

Et dans un coin du salon, appuyé contre un mur, un verre à la main, Bastian observe.

Silencieux.

Immobile.

Son regard me suit constamment.

Il ne participe pas vraiment aux discussions.

Il analyse.

Quand je ris avec un ministre, je sens son regard se durcir.

Quand un investisseur me complimente, sa mâchoire se contracte.

Il ne dit rien.

Pas encore.

Puis Hugo me demande de me joindre à lui au centre du salon.

Il lève son verre.

— Merci à tous d’être présents pour célébrer cette nouvelle étape de ma vie.

Sa main se pose sur ma taille.

— Mélanie est une femme exceptionnelle.

Applaudissements polis.

Je souris.

Je m’apprête à parler quand une voix calme s’élève derrière nous.

— Exceptionnelle… c’est un mot intéressant.

Le silence tombe immédiatement.

Bastian s’avance.

Son regard est tranquille.

Presque amusé.

Hugo se raidit légèrement.

— Tu veux dire quelque chose, Bastian ?

Il incline la tête.

— Juste que les mariages stratégiques ont toujours été fascinants, dans notre milieu.

Un murmure discret traverse l’assemblée.

Il ne me regarde pas encore.

Il regarde les invités.

— Certains s’unissent par amour. D’autres… par opportunité.

Il lève son verre.

— Chacun son talent.

Les regards commencent à se tourner vers moi.

Je sens la chaleur me monter aux joues.

Je garde le sourire.

Toujours.

Hugo intervient, légèrement agacé :

— Ce n’est ni le lieu ni le moment.

Mais Bastian continue.

Calme.

Posé.

— Certaines personnes savent parfaitement saisir les opportunités.

Silence total.

Cette fois, tous les yeux sont sur moi.

Je sens mes doigts se crisper sous la table derrière laquelle je me tiens. Mes mains tremblent légèrement. Invisible pour eux.

Pas pour lui.

Il me regarde enfin.

Directement.

Il attend ma réaction.

Je relève le menton.

— Je suppose que l’intelligence consiste à reconnaître les bonnes opportunités, réponds-je doucement.

Quelques rires nerveux.

Je poursuis.

— Et je peux vous assurer que j’aime mon mari.

Je me tourne vers Hugo, pose ma main sur son bras avec délicatesse.

— Profondément.

Hugo semble satisfait.

Mais Bastian…

Bastian sourit.

Un sourire lent.

Presque cruel.

— Bien sûr, dit-il.

Il s’approche d’un pas.

Pas assez pour franchir la limite.

Juste assez pour m’atteindre.

— De toute façon, vous n’êtes que le nouveau jouet de mon père.

L’air devient irrespirable.

Quelqu’un tousse.

Hugo devient livide.

— Bastian.

Mais il continue.

Ses yeux ne quittent pas les miens.

— Il finit toujours par se lasser. Comme avec les autres.

Il marque une pause.

— Il s’en débarrasse.

Les mots frappent plus fort que je ne veux l’admettre.

Je garde le sourire.

Toujours.

Mais sous la table, mes doigts s’enfoncent dans ma paume.

Je refuse de lui donner la satisfaction d’une réaction.

Hugo intervient fermement.

— Ça suffit.

Le ton est sans appel.

Les invités se dispersent progressivement, feignant d’ignorer la tension.

La musique reprend.

Les conversations redémarrent.

Mais l’ambiance a changé.

Je me détache doucement d’Hugo.

— Excuse-moi, j’ai besoin d’air.

Il acquiesce distraitement, encore contrarié.

Je traverse le salon, passe dans le couloir menant à l’aile plus calme de la maison.

Je marche vite.

Mes talons résonnent sur le marbre.

Je sens la colère vibrer sous ma peau.

Humiliée.

Devant tous.

La porte du couloir se referme derrière moi.

Et j’entends des pas.

Je n’ai pas besoin de me retourner pour savoir que c’est lui.

— Vous êtes allé trop loin, dis-je sans me retourner.

Silence.

Puis sa voix, plus proche.

— Vraiment ?

Je me retourne brusquement.

Il est à quelques pas seulement.

Ses yeux sont sombres.

Plus intenses que dans le salon.

— Vous croyez me connaître ? lancé-je.

— Je crois savoir pourquoi vous êtes ici.

Je m’approche d’un pas.

— Vous ne savez rien.

Il avance à son tour.

L’espace entre nous se réduit dangereusement.

— Je sais que mon père n’a jamais épousé une femme sans intérêt.

— Peut-être que je suis différente.

— Personne n’est différent avec lui.

Nos respirations deviennent plus lourdes.

Il me domine légèrement de sa taille.

Mais je ne recule pas.

Pas d’un centimètre.

— Vous me détestez parce que je suis jeune ? demandé-je.

— Je vous déteste parce que vous pensez pouvoir jouer dans notre monde.

Je souris froidement.

— Votre monde ?

Il se rapproche encore.

Je sens la chaleur de son corps.

— Oui. Le mien.

Un silence.

Chargé.

Électrique.

— Faites attention, Bastian.

Je prononce son prénom pour la première fois.

Il remarque.

Son regard s’assombrit.

— À quoi ?

Je soutiens ses yeux sans faiblir.

— À ne pas me sous-estimer.

Il me fixe longuement.

Puis un léger sourire apparaît.

Pas moqueur.

Pas doux.

Dangerous.

— Intéressant.

Il recule finalement d’un pas.

— Cette guerre risque d’être plus divertissante que prévu.

Je reste immobile alors qu’il s’éloigne.

Mon cœur bat vite.

Trop vite.

Pas de peur.

D’adrénaline.

Je comprends quelque chose d’essentiel.

Il ne me déteste pas seulement.

Il veut me tester.

Me pousser.

Me faire craquer.

Je ferme les yeux un instant.

Ce n’est pas Hugo qui sera mon principal défi.

C’est son fils.

Et cette guerre vient seulement de commencer.

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