MasukLe parfum des fleurs fraîches dans le hall m’accueille dès que je descends l’escalier ce matin-là. Le soleil filtre à travers les baies vitrées, et tout semble calme, presque trop parfait. Pourtant, je sens que l’atmosphère est déjà chargée. L’absence de Hugo crée un vide qui ne sera jamais réellement vide. Il est toujours là, même quand il n’est pas là. Je souris légèrement à cette pensée, avant de remarquer la petite boîte sur la console du hall.
Hugo. Son écriture fine sur le petit papier indique : “Pour Lénie, un petit plaisir pour commencer la semaine.” Mon cœur se serre d’une chaleur douce. Je reconnais sa touche dans chaque détail. Les cadeaux ne sont jamais banals, jamais simples. Et aujourd’hui, c’est un parfum rare que j’ai adoré lors d’une visite à Milan, accompagné d’un petit carnet en cuir noir, élégant, discret. Je ne peux m’empêcher de sourire. Le geste, aussi simple soit-il, me touche profondément. — Mélanie ? appelle une voix derrière moi. Je me retourne. Bastian est là, debout dans l’encadrement du hall, bras croisés. Ses yeux sombres s’arrêtent sur moi et sur la boîte. Instantanément, le sourire qui illuminait mon visage se fige. — C’est pour moi, dis-je doucement, tenant le parfum contre moi. — Ah, ça… soupire-t-il, un mélange de colère et d’agacement sur le visage. — Bien sûr… des cadeaux pour toi. Pendant que moi, je suppose, je ne compte pas. Je fronce les sourcils. L’air autour de nous devient soudainement plus dense. Je sens la tension augmenter. — Bastian… Il secoue la tête, ses yeux brillants d’une colère contenue. — Papa a toujours oublier l’existence de ma mère et moi.et toi… tu viens dormir dans sa chambre. Telle une chienne… vous n’avez pas honte ? Le mot “chienne” tombe comme un coup de poing. Mon souffle se coupe un instant. Les doigts serrés autour du parfum, je sens la colère monter comme un feu que je peine à contenir. — Excuse-moi ? dis-je d’une voix froide. Il ne recule pas. Au contraire, il s’avance d’un pas, réduisant l’espace entre nous. Je sens son aura, dominante et provocante, m’envelopper. — Tu sais très bien ce que j’ai dit, réplique-t-il, le regard sombre, la mâchoire serrée. Tu es ici pour profiter de lui. Pour profiter de tout. Je ne peux pas laisser passer ça. Pas ici. Pas maintenant. Pas devant la villa qui me symbolise le luxe qu’il croit être la seule vérité. — Bastian ! m’exclamai-je, la voix tremblante mais ferme. Je ne suis pas ici pour profiter de quoi que ce soit ! Tu crois tout savoir de moi, mais tu ne sais rien Il incline la tête, sourire en coin, défiant. — Vraiment ? répond-il, voix basse, presque un murmure, mais chargé d’intention. — Alors pourquoi ce sourire quand tu tiens ce cadeau ? — Parce que je suis heureuse, je l’admets. Et si cela te dérange… eh bien… c’est ton problème. Il fronce les sourcils, s’approche encore. Le parfum de son eau de toilette me chatouille les sens, et je sens un frisson involontaire parcourir ma colonne vertébrale. Sa proximité est électrisante, perturbante. Il ne fait aucun geste agressif, et pourtant, chaque pas qu’il fait semble une menace. — Vous êtes tellement naïve, dit-il, à mi-voix, juste assez pour que je l’entende. — Croire que tout peut être simple. Que tout peut être à votre portée sans conséquence. — Ne me sous-estime pas, Bastian. Je ne recule jamais devant les défis. Il s’arrête à quelques centimètres de moi. Le silence est total. Les seuls sons sont nos respirations, rapides, presque synchronisées, et le bruit subtil du vent dans les arbres. — Vous avez du courage, murmure-t-il, et quelque chose dans son ton change légèrement. Ce n’est plus seulement du mépris. Il y a une reconnaissance. Une tension que ni lui ni moi ne voulons admettre pleinement. Nos yeux restent verrouillés. Chaque mouvement, chaque souffle, chaque inflexion de voix devient une arme. Une danse silencieuse où aucun ne cède le contrôle. Soudain, dans un geste impulsif, je lève la main et lui donne une gifle. La surprise passe sur son visage. Ses yeux s’écarquillent légèrement, et un silence encore plus lourd tombe. — Ça suffit ! dis-je, la voix tranchante mais haletante. Je ne suis pas quelqu’un que tu peux insulter impunément. Il se fige, la mâchoire serrée. Puis, au lieu de riposter, il incline légèrement la tête, comme pour évaluer ma force. Son souffle est proche du mien. L’air entre nous semble vibrer, électrique. — Je suppose que je l’ai mérité… dit-il finalement, la voix plus basse, presque… douce. Mais toujours provocante. Je sens mon cœur battre à tout rompre. Ce n’est plus seulement la colère. Ce n’est plus seulement l’humiliation. Il y a une tension, presque… magnétique. Un frôlement involontaire lorsque nos mains se rapprochent pour ajuster nos positions, et je retiens un souffle. Il se penche légèrement, juste assez pour que nos regards restent fixés, mais l’espace est si mince qu’il pourrait suffire à déclencher une étincelle. — Cette guerre… murmure-t-il, le souffle rauque, — ne fait que commencer. Je hoche la tête, consciente que ses mots ne sont pas une simple menace. Ils sont un défi. Un avertissement. Une promesse. — Et je n’ai jamais reculé devant un défi, répliquai-je, voix basse mais ferme. Un léger sourire se dessine sur ses lèvres, suffisant pour révéler une satisfaction contenue, mais pas d’adoucissement. Il recule finalement d’un pas, laissant l’air entre nous brûler encore de tension. Je reste immobile, mains encore légèrement tremblantes. Le parfum du cadeau dans mes doigts, la chaleur de sa présence, le frôlement presque électrique de nos corps… Tout cela me rappelle que cette bataille avec Bastian ne sera jamais simple. Ni pour lui, ni pour moi. Et alors que je retourne lentement dans le hall, je sais une chose avec certitude : cette guerre ne fait que commencer. 🔥La chambre était plongée dans une semi-obscurité. Seule, je m’avançais jusqu’au miroir. Mon reflet me renvoyait une image que je n’aimais pas. Le visage pâle, les yeux rougis par des nuits trop courtes, et ce sourire que je ne reconnaissais plus. Un sourire que le désir avait façonné, que la culpabilité avait effacé par instants. Je me détestais. Tout ce que j’avais imaginé, planifié… réduit à néant. Tout ce que je pensais pouvoir contrôler… glissait entre mes doigts comme du sable humide. Je me rappelai le premier jour dans cette maison. La détermination que j’avais eue. Le feu dans mes veines. La promesse silencieuse à moi-même : faire payer Hugo de la Sarte. Le faire ressentir le poids de mes pertes. Le faire tomber de son piédestal. Mais quelque chose avait changé. Quelque chose que je n’avais pas prévu. Bastian. Au départ, il n’était qu’une ombre dans mes plans. Un obstacle secondaire. Une variable. Une variable… qui avait pris vie. Qui avait trouvé un moyen d’entre
Le soir tombe lentement. La lumière décline derrière les grandes baies vitrées.La maison est silencieuse. Trop silencieuse. Hugo m’a envoyé un message : Retard. Dîner avec un client. Je fixe l’écran quelques secondes. Un mélange de soulagement et de culpabilité me traverse. Il n’est pas là. Il ne verra rien. Il ne saura rien. Pas ce soir. Je monte à l’étage. Chaque marche semble peser plus lourd que la précédente. Je n’ai pas le choix. Pas après ce qu’il a fait. Je frappe à la porte de la chambre de Bastian. Il ouvre presque immédiatement. Comme s’il m’attendait. — Je savais que tu viendrais. Je ne réponds pas. Je reste droite. Froide. — Supprime-les. Pas de détour. Pas de préambule. — Les vidéos. Il referme la porte derrière moi Calmement. — Bonsoir, Mélanie. — Supprime-les. Il soupire doucement. — Toujours aussi pressée. Il traverse la pièce, s’installe dans le fauteuil près de la fenêtre. Détendu. Maîtrisant parfaitement la situation. — Tu refuses t
Il s’approche encore. Trop près. Comme si ma décision n’avait aucune importance. Je pose mes mains contre son torse et je le repousse. Cette fois avec plus de force. — C’est terminé, Bastian. Ma voix tremble, mais je ne recule pas. — Définitivement. Il m’observe. Silencieux. Un léger pli au coin des lèvres. — Tu crois ? — Oui. Je soutiens son regard. — Je ne recommencerai plus. Ce qu’il s’est passé… ça ne se reproduira pas. Il ne répond pas. Il ne cherche même pas à argumenter. C’est ça qui m’inquiète. Je me détourne. — Je ne veux plus te parler de ça. Je fais un pas vers le couloir. Un seul. Puis j’entends un son. Un bruit familier. Un souffle. Un frisson glacé me traverse. Je me fige. Non. Pas ça. Les sons deviennent plus clairs. Un gémissement. Un murmure. Ma voix. Mon propre souffle. Mon cœur s’arrête. Je me retourne lentement. Bastian est appuyé contre le meuble du salon. Téléphone en main. L’écran dirigé vers lui. Il ne me regarde pas. Il écoute. C
Le lendemain matin, Hugo part tôt. Comme toujours. Costume impeccable. Baiser rapide sur mes lèvres. Promesse de rentrer pour le dîner. Je le regarde s’éloigner depuis l’entrée. La porte se referme. Le silence tombe. Lourd. Définitif. Je pourrais sortir. Aller travailler, M’occuper Mais je reste. Parce que je sais que je dois faire quelque chose. Je ne peux pas continuer ainsi. Je traverse la villa d’un pas décidé. Je le trouve dans le salon, assis, téléphone en main. Calme. Trop calme. Il lève les yeux vers moi. — Tu ne travailles pas aujourd’hui ? — Non. Il comprend immédiatement. Il pose son téléphone sur la table basse. — D’accord. Il attend. Je prends une inspiration. — On doit parler. Il esquisse un léger sourire. Pas surpris. Presque amusé. — Je t’écoute. Je reste debout. Je ne veux pas m’asseoir. Je ne veux pas paraître faible. — Ça doit s’arrêter. Il ne réagit pas. Il se contente de me regarder. — J’aime Hugo. Ma voix tremble légèrement. Je
Je n’étais pas prête. Quand la voiture d’Hugo s’arrête dans l’allée, mon cœur s’arrête une fraction de seconde. Il devait rentrer demain. Demain. Pas ce soir. Je suis debout dans l’entrée quand la porte s’ouvre. Hugo apparaît, impeccable, valise à la main, sourire fatigué mais sincère. — Surprise. Sa voix est chaleureuse. Normale. Stable. Je m’avance vers lui.Je l’embrasse. Je retrouve son parfum familier, rassurant. Et pourtant… Une part de moi pense immédiatement à autre chose.À quelqu’un d’autre. Je me déteste pour ça. — Tu ne m’attendais pas si tôt ? demande-t-il en me regardant. Je secoue la tête avec un sourire maîtrisé. — Tu m’as surprise. Il pose ses mains sur mes épaules. Il me regarde avec affection. Confiance. Amour. Et la culpabilité me serre la gorge.Le dîner est organisé rapidement. Une habitude presque mécanique chez nous. Table dressée parfaitement. Vaisselle alignée. Verres scintillants. Tout semble normal. Trop normal. Bastian descend en
Plus tard, quand je redescends dans le salon, mon téléphone sonne. Hugo Je réponds. — Ma chérie. Sa voix est douce. Stable. Sécurisante. Je ferme les yeux Et malgré moi… Je pense à Bastian. À son regard. À sa manière de me murmurer des choses que je ne devrais pas aimer entendre. À ce qu’il vient de me faire , il m’a pris par derrière.. je n’arrive pas à croire que j’ai fait du sexe anal avec Bastian. Je parle à mon mari. Je lui dis que tout va bien. Que je l’attends. Que la maison est calme. Et pendant qu’il me parle de ses réunions, je repense aux mains de son fils sur moi. Je déglutis.Je me rends compte de l’ampleur. Je ne suis plus seulement dans l’erreur.Je suis divisée. Et le plus troublant… C’est que lorsque je raccroche, ce n’est pas la voix de mon mari qui résonne encore dans ma tête. C’est celle de Bastian. Je ne reconnais plus la Chaque pièce semble chargée de souvenirs récents. Pas des souvenirs paisibles. Des traces. Des fragments. Des instants volés.







