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Chapitre 5

Author: dainamimboui
last update Petsa ng paglalathala: 2026-03-12 12:47:21

Le lendemain matin, la villa est étrangement silencieuse. Le soleil traverse les grandes baies vitrées et inonde le hall de lumière, mais il n’éclaire pas la tension qui flotte dans l’air. Hugo est déjà parti, emporté par son monde d’affaires, laissant derrière lui un calme trompeur.

Je décide de profiter de la matinée pour marcher un peu dans le jardin, respirer l’air frais, sentir l’herbe humide sous mes talons. Tout semble normal. Trop normal. Comme si chaque pierre, chaque arbre retenait son souffle en attendant quelque chose.

Alors que je pousse la porte vitrée du jardin, je sens un mouvement derrière moi. Un souffle chaud. Une présence.

— Vous sortez déjà ? murmure une voix.

Je me fige. Je sais avant même de me retourner qui c’est.

Bastian.

Il se tient là, sur les marches menant au jardin, les mains dans les poches, l’air tranquille mais attentif. Ses yeux glacent immédiatement le sang dans mes veines.

— Je voulais vérifier quelque chose, dis-je calmement, essayant de masquer la surprise.

— Vérifier… quoi exactement ? demande-t-il, la voix basse, presque ironique.

Il avance d’un pas. Son regard me dévore. Il analyse chaque geste, chaque micro-expression. Ses yeux noirs sont lourds de sous-entendus. L’air autour de lui semble se densifier.

— Vous… vous êtes ici pour l’argent, non ? lance-t-il soudainement, comme un coup de poing. Pas un murmure, mais pas un cri non plus. Suffisamment pour que chaque mot vibre.

Je ralentis, les mains légèrement crispées. Son accusation n’est pas nouvelle, mais elle a cette fois une pointe de provocation plus directe, plus personnelle. Il croit me connaître, me deviner, me juger.

— Vous vous trompez, Bastian, dis-je fermement, sans baisser les yeux. Vous croyez tout savoir. Mais vous ne savez rien. Je ne suis pas ici pour profiter de qui que ce soit.

Son sourire est mince, presque cruel. Il s’avance encore, réduisant l’espace entre nous. Un simple pas de plus et il est presque trop proche. Le souffle qu’il laisse derrière lui est chaud, électrique. Je sens la tension physique autant que psychologique.

— Oh vraiment ? murmure-t-il, sa voix rauque, juste assez près pour qu’elle frôle mon oreille. — Et pourtant… tout dans votre attitude dit le contraire.

Je ne recule pas. Pas un millimètre. Mon regard reste fixé sur le sien, défiant, mes doigts serrés dans les poings légèrement, pour contrôler le tremblement de mes mains.

— Vous avez tort, Bastian. Et vous devriez faire attention à ce que vous dites, répliquai-je, calme mais ferme. Je n’ai rien à prouver, mais je n’accepterai pas d’être insultée devant votre père ou quiconque.

Il s’approche encore. Trop près pour être confortable. Chaque mouvement est calculé, dominant, provocant. Et pourtant, il ne franchit jamais la ligne. Il joue avec la proximité comme un prédateur avec sa proie.

Un silence tombe alors, lourd, presque palpable. Les bruits du jardin, le vent dans les feuilles, tout semble s’éteindre autour de nous. Nos respirations sont synchronisées. L’air entre nous devient presque tangible. Il murmure quelque chose de bas, trop bas pour être entendu par qui que ce soit d’autre, mais assez pour que mon cœur s’emballe.

— Vous êtes dangereuse… plus que vous ne le pensez.

Ses yeux percent les miens. La ligne entre provocation et fascination devient floue. Je sens mes joues chauffer, non de peur, mais d’adrénaline. Ma respiration devient un peu plus rapide, mes muscles tendus, mais je ne recule pas.

— Peut-être… mais vous aussi, dis-je, voix basse, mes doigts effleurant involontairement son bras en bougeant. — Ne sous-estimez pas ce que je suis capable de faire.

Le frôlement est involontaire, subtil, mais suffisant pour qu’un frisson électrique me traverse. Je vois son regard changer. Plus sombre, plus intense. Il remarque le contact, mais ne dit rien. Un sourire presque imperceptible se dessine sur ses lèvres.

Un autre silence. Plus lourd encore que le précédent. Je sens chaque battement de mon cœur résonner dans ma poitrine. Il s’approche encore un peu, réduisant davantage l’espace. L’odeur de son parfum, frais, masculin, me chatouille, et je me rends compte qu’il a ce contrôle sur moi que je ne veux admettre.

— Vous jouez avec le feu, murmure-t-il.

— Peut-être, mais je sais me brûler aussi, répliquai-je, sans détourner le regard.

Le premier frôlement réel se produit lorsque nos mains se croisent brièvement en ajustant nos vêtements. Ce contact, minime, envoie une onde électrique à travers mon corps. Je retiens un souffle. Il retient le sien. Nous restons immobiles, à peine conscients de l’espace qui nous sépare.

Je sens quelque chose changer. Le mépris qu’il affichait la veille, cette arrogance silencieuse, cède légèrement la place à… autre chose. Intrigue ? Attirance ? Une tension électrique que ni lui ni moi n’avions anticipée. Nous n’avons jamais été aussi proches physiquement et psychologiquement, et pourtant, aucun mot ne franchit la ligne de la politesse ou de l’agression.

— Cette guerre… dit-il enfin, voix basse, rauque, mais chargée, — sera plus intéressante que je ne le pensais.

Je hoche légèrement la tête, consciente que ses paroles ne sont pas qu’une menace. Elles sont un avertissement. Et un défi.

— Je n’ai jamais reculé devant un défi, répliquai-je, les yeux toujours plantés dans les siens.

Son sourire s’élargit juste assez pour révéler une satisfaction contenue. Nous savons tous les deux que cette bataille ne sera pas simple. Ni pour l’un, ni pour l’autre. Les règles sont encore floues. Les limites, inexistantes. Et cette tension… cette attraction sous-jacente… promet d’élever chaque confrontation à un niveau dangereux.

Il recule finalement, un dernier regard chargé de sous-entendus, et disparaît dans le couloir menant au bureau de son père. Je reste immobile, le souffle encore court, les mains tremblantes. Mon cœur bat à tout rompre, non de peur, mais d’anticipation. Je comprends pour la première fois que je n’ai pas seulement épousé Hugo pour le pouvoir ou la stratégie. Je suis entrée dans un monde où le fils sera tout aussi redoutable que le père.

Je sens mes jambes vaciller légèrement alors que je reprends lentement ma marche vers la villa. La lumière du matin, le calme apparent, tout semble normal. Mais je sais, maintenant, que rien ne le sera jamais. Bastian n’est pas seulement un obstacle. Il est une force de la nature. Un défi personnel. Une menace… et peut-être, une tentation.

Je me dirige vers la chambre, mon esprit tournant à cent à l’heure. Je m’assois sur le bord du lit, mes mains posées sur mes genoux. Je ferme les yeux. Je peux encore sentir sa présence, son souffle, le frôlement involontaire. Et pour la première fois… je ressens l’électricité de cette guerre à venir.

Une guerre où chaque mot, chaque geste, chaque regard sera une arme. Où ni lui ni moi ne reculerons. Où le désir et le défi s’entrelacent dangereusement.

Je le sais maintenant : cette guerre ne fait que commencer.

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