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Chapitre 33 — Le balcon 3

Author: Déesse
last update publish date: 2026-07-07 08:41:00

Sa main descend sur mon ventre, paume à plat, brûlante contre ma peau glacée. La chaleur se diffuse à partir de ce point de contact, irradie dans tout mon abdomen, descend entre mes cuisses. Ses doigts écartent doucement mes jambes, trouvent mon intimité, et je sursaute à nouveau quand il me touche. Malgré le froid, je suis brûlante de désir, humide, prête. Le contraste entre l'air glacial et la chaleur de mes profondeu

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    Ses mots m'enveloppent comme une couverture chaude, et je sens une partie de ma peur se dissoudre lentement. — Je voudrais pouvoir t'aimer comme avant, Léonid, je murmure. Je voudrais pouvoir t'offrir ce que tu mérites. Mais je ne sais pas si j'en suis capable. Il y a trop de choses en moi qui sont cassées, abîmées, qui ne fonctionnent plus comme elles devraient. — Je ne te demande rien, Tatiana. Je ne te demande pas de m'aimer. Je ne te demande pas de coucher avec moi. Je te demande juste de me laisser rester. De me laisser être là, pour toi et pour Sacha. Le reste, on verra plus tard. Ou on ne verra pas. Peu importe. Je lève les yeux vers lui, et je vois la sincérité dans son regard. Cet homme qui a traversé l'enfer pour moi ne me demande rien. Rien que je ne puisse lui donner. Rien que je ne veuille lui donner. — D'accord, dis-je en me levant. Reste. Reste aussi longtemps que tu voudras. Cette maison est la ti

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    Tatiana Le jardin baigne dans la lumière dorée de la fin d'après-midi. Les ombres des oliviers s'allongent sur la pelouse, et l'air sent le thym et la terre chaude. Sacha est assis sous le figuier, son violon sur les genoux, et il répète inlassablement le même passage, une gamme ascendante de Vivaldi qui monte et qui descend comme le souffle d'un dormeur. Léonid est sorti de la maison il y a une heure. Il s'est assis sur le banc de pierre, à l'écart, et il regarde Sacha jouer. Il n'a pas dit un mot depuis qu'il s'est installé là. Il se contente de regarder, de ses yeux noirs où brille une lueur que je ne lui ai jamais vue. Une lueur d'émerveillement, de fierté, de douleur aussi. Une douleur ancienne, profonde, qui ne demande qu'à être exprimée. J'ai présenté Sacha à Léonid tout à l'heure, dans la cuisine, au moment du déjeuner. Sacha était intimidé, comme il l'est toujours avec les étrangers, et il a observé le visage cout

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    Tatiana porte ma main déformée à ses lèvres, et elle y dépose un baiser. Un baiser léger, presque imperceptible, mais qui me brûle plus que tous les fers chauffés à blanc. — Et ton visage ? murmure-t-elle contre mes phalanges brisées. — Une bouteille. Une bouteille de vodka, une de ces bouteilles en verre épais qu'il collectionnait. Il l'a fracassée contre ma joue, et il a enfoncé les débris dans la plaie. C'est là que j'ai perdu l'usage de mon œil gauche. La paupière a été déchirée, et ils n'ont jamais recousu la plaie. Elle a cicatrisé comme elle a pu. Tatiana lâche ma main et se lève brusquement. Elle va à la fenêtre, tournant le dos, et je vois ses épaules se soulever au rythme de sanglots silencieux. — Pardonne-moi, répète-t-elle d'une voix brisée. Pardonne-moi de t'avoir abandonné. J'aurais dû t'attendre. J'aurais dû... — Tu aurais dû quoi, Tatiana ? l'interromps-je. Mourir avec moi ? Être torturé

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