Il retire sa main, recule d'un pas, et je vacille presque, privée de son contact comme on est privé d'air. Mes jambes tremblent. Mon cœur bat si vite que je l'entends dans mes oreilles. Je voudrais hurler, pleurer, supplier qu'on me ramène chez moi. Mais je ne fais rien de tout cela. Je reste debout, immobile, les bras ballants, le regard accroché au sien comme à une bouée dans la tempête. Il y a quelque chose en lui qui annihile ma volonté, qui aspire ma résistance avant même qu'elle ne se forme. Quelque chose de magnétique, d'absolu, d'inéluctable. — Bienvenue dans ton nouveau foyer, murmure-t-il. Il tourne les talons et sort, refermant la porte derrière lui sans un bruit. Le déclic du verrou résonne dans le silence. Je suis prisonnière. Je reste longtemps debout au milieu de la chambre, sans bouger, sans pleurer, sans penser. Puis je m'effondre sur le lit de fourrure blanche, et c'est là, le visage enfoui dans ce qui doit être de la zibeline, que je sens enfin les larmes venir.
Last Updated : 2026-06-22 Read more