LOGINÀ côté de lui, dans un berceau en osier, dort notre fille. Elle s'appelle Anastasia, comme la grand-mère de Nikolai, une femme qu'il a à peine connue mais dont il parle avec une tendresse rare. Anastasia a deux mois, des cheveux noirs comme son père, des yeux clairs comme sa mère, et un tempérament paisible qui émerveille toute la maisonnée. Elle dort, bercée par la musique de sa mère, et son petit visage est serein, confiant, heureux. Elle ne sait pas encore quel chemin elle empruntera, mais elle sait déjà, instinctivement, qu'elle est aimée. Nikolai est toujours debout derrière moi, ses mains sur mes épaules. Il ne dit rien. Il n'a pas besoin de dire quoi que ce soit. Sa présence suffit. Sa présence est mon roc, mon refuge, mon port d'attache. Je pense à tout le chemin parcouru. À la jeune fille de Saint-Pétersbourg qui rêvait de devenir violoniste et qui s'exerçait des heures durant dans un appartement glacial. À la femme qu'on a mariée de force, enfermée, brisée, qui pleurait e
Il descend, et sa bouche trouve mon sexe. Il me caresse avec sa langue, avec une lenteur et une précision qui me font perdre la tête. Je gémis, je me tends, je m'agrippe aux draps, et il ne s'arrête pas. Il continue, inlassable, dévoué, comme si mon plaisir était sa seule mission. — Nikolai, je halète. Nikolai, je vais... — Laisse-toi aller, dit-il. Laisse-toi aller, mon amour. Et je jouis, un orgasme immense qui me submerge comme une vague, qui me fait crier son nom et oublier tout le reste. Il ne s'arrête pas. Il continue de me caresser, doucement, jusqu'à ce que les derniers soubresauts s'apaisent. Puis il remonte vers moi et il me prend dans ses bras. — Ce n'est que le début, murmure-t-il. La nuit est longue. Et j'ai l'intention de célébrer chaque minute. La nuit qui suit est à l'image de cette première étreinte. Tantôt tendre, tantôt intense, tantôt douce, tantôt passionnée. Il me prend plusieurs fois, de différentes manières, toujours à l'écoute de mes désirs, toujours att
TatianaLa maison s'est endormie depuis longtemps. Sacha a regagné sa chambre après le dîner, les yeux encore brillants d'excitation, la tête pleine de projets pour son futur rôle de grand frère. Il a embrassé mon ventre avant de se coucher, un geste que personne ne lui avait suggéré, un geste qui est venu de lui, spontanément, et qui m'a émue aux larmes. Nikolai, lui, n'a pas quitté le salon. Il est resté assis dans son fauteuil, son verre de vin à la main, à me regarder avec une intensité qui en disait long sur ce qu'il ressentait.Maintenant, nous sommes dans notre chambre. La porte est fermée à clé, les rideaux sont tirés, et la lumière des bougies danse sur les murs de pierre. Nikolai m'a demandé de l'attendre ici pendant qu'il se préparait, et je suis debout près de la fenêtre, vêtue d'une simple nuisette blanche, le collier de diamant autour du cou. Mon cœur bat vite, non pas de peur, mais d'anticipation. Je sais que cette nuit sera particulière. J
Il se relève et me prend dans ses bras. Il me serre contre lui, et je sens son cœur battre, fort, rapide, éperdu. C'est le cœur d'un homme qui a tout perdu et qui a tout retrouvé. Le cœur d'un homme qui a touché le fond de l'abîme et qui remonte vers la lumière.— C'est le plus beau jour de ma vie, dit-il. Le plus beau jour de toute mon existence. Je t'aime, Tatiana. Je t'aime comme je n'ai jamais aimé personne. Je t'aime assez pour pleurer comme un enfant dans tes bras, moi qui n'ai pas pleuré depuis quarante ans.— Je sais. Je t'aime aussi, Nikolai. Plus que tout.— Sacha, dit-il soudain en s'écartant. Il faut le lui dire. Il va avoir un petit frère ou une petite sœur. Il faut qu'il sache.— Ce soir. Nous lui dirons ce soir, tous les deux.Le soir venu, nous réunissons Sacha dans le salon. Il a senti qu'il se passait quelque chose, et il nous regarde tour à tour avec une curiosité inquiète. Nikolai est assis dans le canapé, pl
Tatiana Le médecin est reparti depuis une heure, et je suis toujours assise sur le canapé du salon, les mains posées sur mon ventre, incapable de bouger, incapable de parler, incapable de penser à autre chose qu'à cette nouvelle qui tourne dans ma tête comme une ritournelle, comme une mélodie qui ne veut pas s'arrêter. Je suis enceinte. Moi, Tatiana Volkova, quarante-deux ans, qui pensais que ma vie de mère était derrière moi, qui pensais que Sacha serait mon unique enfant, voilà que je porte une nouvelle vie. Une vie conçue dans l'amour et la passion, dans cette forteresse au-dessus des nuages, dans ce lit où Nikolai et moi nous retrouvons chaque soir pour nos rituels secrets. Une vie qui est le fruit de notre réconciliation, de notre pardon, de notre amour renaissant. Le vieux docteur Moretti, qui vient de Florence une fois par mois pour suivre la santé de Nikolai, a confirmé ce que je soupçonnais déjà. Le
Je ris, un peu nerveusement, et je prends mon fils dans mes bras. Mais mes yeux sont toujours fixés sur Nikolai. Il y a quelque chose dans son regard. Quelque chose de sombre et de brûlant, quelque chose que je connais bien. Le désir. Mais pas seulement. Quelque chose de plus profond, de plus primal. La possession. L'orgueil du maître qui contemple son œuvre. La fierté de l'homme qui voit la femme qu'il aime briller de mille feux et qui sait que cette lumière, cette beauté, ce talent, lui sont offerts.— Rentre à la maison avec Sacha, dit-il à voix basse pour que seul moi l'entende. Rosetta est là, elle s'occupera de lui. Toi, tu as autre chose à faire.— Quoi donc ? je demande, bien que je connaisse déjà la réponse.Il se penche vers moi, et son souffle est chaud contre mon oreille quand il murmure :— Je veux te prendre dans ta loge. Maintenant. Comme j'ai toujours rêvé de le faire. Comme j'aurais dû le faire il y a huit ans, après ton conc







