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Author: Mmeso Writes
last update publish date: 2026-08-18 19:59:45

Divina

Je me réveillai au son d’une voix, une voix dure et familière.

Mère ?

Un coup de botte vint frapper mes jambes. J’essayai de ne pas bouger, car mon corps était déjà douloureux. La seconde suivante, les coups reprirent de plus belle et je ne pus m’empêcher de gémir de douleur.

Je parvins à ouvrir mes yeux lourds, mais tout ce que je distinguais n’était que ténèbres.

Est-ce que c’était ainsi que ressemblait le royaume des morts ?

Était-ce là que père était allé ?

Je me posai des dizaines de questions.

Puis je sentis quelque chose me frapper violemment les jambes et ma vision s’éclaircit immédiatement.

La première chose que je vis fut une botte féminine, et non les bottes de cuir rigide que portait Bernard.

La botte continua de me frapper.

Je gémis de nouveau.

Je réussis à lever les yeux avant de comprendre que c’était ma mère, Victoria.

À cet instant, je regrettai presque de m’être réveillée, juste pour devoir affronter une nouvelle torture.

Mère était probablement venue déverser sa colère sur moi et je n’étais pas prête à l’affronter une fois de plus.

La mort restait une meilleure option.

« Divina, tu sais à quel point je déteste entrer dans ta chambre et aujourd’hui, je l’ai fait. Je t’ai réveillée en pensant que tu étais déjà occupée à préparer le petit-déjeuner, mais non. Qu’est-ce que tu as fait ? Tu es venue ici te cacher pour que je ne puisse pas te trouver et qu’au moment où je te chercherais, le petit-déjeuner soit déjà prêt, c’est ça ? Pourquoi trouves-tu toujours un moyen de me mettre en colère, sale bâtarde ? Non seulement tu as séché le petit-déjeuner, mais tu t’es tellement bien cachée que maintenant, il fait nuit ! »

Je savais que ma mère ne se souciait pas de moi, mais j’ignorais qu’elle pouvait se montrer à ce point indifférente.

Elle ne semblait même pas préoccupée par mon état.

Elle ne voyait pas mes vêtements réduits en lambeaux, ni le sang qui coulait de mes lèvres et de mes mains.

« Avec qui as-tu baisé ? »

Baisé ?

« À cette heure aussi matinale, tu es venue ici pour coucher avec un loup-garou. Ça devait être sacrément bon pour que tu sois allongée là, aussi épuisée et complètement vidée, hein ? Je savais que tu n’étais pas une sainte, Divina. Même si tu as toujours fait semblant de l’être, sale traînée. Quel est ce stupide loup-garou qui a commis l’acte de s’accoupler avec toi ? Il ne sait donc pas qu’il se couvre de honte lui aussi ? »

Mère continua de parler, chaque mot s’enfonçant profondément dans mon cœur.

Elle s’arrêta lorsqu’elle me vit essayer de me relever, pour finalement retomber au sol encore et encore.

Je l’entendis rire.

Elle continuait de me regarder comme si j’étais un spectacle amusant.

« Tu n’arrives même pas à tenir debout, Divina. Tes jambes doivent être complètement épuisées. Le loup-garou qui t’a baisée a dû te prendre si violemment que tu as perdu l’équilibre. Hahahaha ! »

Je regardai ma mère m’insulter et se moquer de moi jusqu’à ce qu’elle en ait pleinement satisfait son plaisir.

Elle n’avait jamais été comme ça avec moi.

Ou peut-être que si.

Peut-être que je n’avais simplement jamais regardé assez attentivement.

Depuis cette nuit-là, celle de mon dix-huitième anniversaire, la nuit où père était mort, la haine qu’on éprouvait pour moi n’avait fait qu’augmenter.

Pas seulement au sein de ma famille.

Tout le clan me détestait également.

Ils me tenaient tous responsable de la mort de mon père.

Les moqueries et les insultes que j’avais subies depuis cette nuit étaient restées gravées dans ma mémoire.

Et je ne les oublierais jamais.

Je regardai ma mère.

Le dégoût qui se lisait sur son visage me fit grimacer de douleur.

Des larmes me piquèrent les yeux.

« Je suis désolée de t’avoir causé de la peine, mère. »

Je prononçai ces mots en priant et en espérant qu’elle puisse entendre à quel point j’étais désolée dans ma voix.

Mais, comme je m’y attendais, mère m’attaqua de nouveau avec ses mots.

« Tu n’as jamais été ma fille, sale traînée. Aucune mère ne serait jamais fière d’avoir une fille comme toi. Quelle honte ! Quelle disgrâce ! »

Je sentis la colère dans sa voix.

Ces mots me piquèrent le cœur comme des milliers d’abeilles.

« Va mettre un autre de tes haillons et retourne dans cette cuisine pour commencer à travailler. Tu m’as suffisamment déshonorée ! » siffla-t-elle avant de sortir de la pièce, claquant violemment la porte derrière elle.

Je m’appuyai contre le mur pour trouver un soutien tandis que j’essayais de me remettre debout.

La douleur était insupportable, au point que je dus fermer les yeux très fort.

Je me dirigeai prudemment vers la porte et l’ouvris lentement dans un grincement.

Je passai la tête dehors, vérifiant que personne ne se trouvait à l’autre bout du couloir.

N’entendant aucune voix, j’ouvris davantage la porte en silence et me glissai dehors comme une souris, me dépêchant de rejoindre ma chambre.

J’y entrai et verrouillai la porte.

Je me dirigeai directement vers mon petit lit, épuisée et exténuée.

Avec précaution, je m’assis afin de ne pas ressentir davantage de douleur que celle qui me torturait déjà.

Mes yeux parcoururent la petite pièce confinée, remplie de différents craquements.

Les rats étaient mes seuls compagnons dans ce monde.

Ils étaient les véritables propriétaires de cette pièce.

Pas moi.

Je souris amèrement.

Il n’y avait qu’une petite fenêtre rectangulaire dont le seul but était d’assurer la ventilation de la pièce.

Ma chambre était vide.

Aucune décoration.

Seulement de vieilles couches de peinture qui s’effritaient sur les murs !

Le mur était devenu la maison des insectes et des fourmis qui y vivaient gratuitement.

La seule chose que je possédais dans cette pièce était une très vieille chaise déjà infestée de termites, une table, un miroir brisé et une lampe que j’utilisais pour lire presque chaque soir avant de dormir.

Père m’achetait toujours des livres, des romans, des articles et des magazines.

J’étais une véritable dévoreuse de livres et il le savait.

Il avait toujours été fier de moi lorsque je rapportais mes notes.

Il disait toujours, avec un sourire fier sur le visage :

« Très excellent. »

Puis il se tournait vers mes frères et sœurs.

« Prenez toujours Divina comme exemple. Imitez son habitude de lire et de rapporter de bonnes notes. »

Je souriais toujours innocemment, tellement heureuse que mon père soit fier de moi.

Et c’est là que je ne remarquais pas les expressions de mes frères et sœurs et de ma mère.

Je pensais qu’ils étaient tous heureux pour moi.

Si seulement j’avais su ce que je sais maintenant…

Je parcourus une nouvelle fois la pièce du regard et poussai un soupir de désespoir.

Je regardai les rats courir d’un côté à l’autre.

Cette pièce avait autrefois été un débarras avant que mère ne m’oblige à en faire ma chambre.

Ma sœur, Shea, avait pris ma chambre ainsi que tous mes vêtements et mes accessoires, me laissant seulement quelques vêtements usés.

Voilà ma vie.

Une larme s’échappa de mes yeux et je l’essuyai brutalement.

« Cette journée a commencé difficilement. J’espère qu’elle ne se terminera pas de la même façon », murmurai-je pour moi-même, même si, au fond de moi, je savais qu’elle se terminerait exactement ainsi.

Je me levai de mon lit et me dirigeai vers la salle de bain pour prendre une douche.

Je me sentais tellement sale alors que les événements des heures précédentes me revenaient brutalement à l’esprit.

Je plongeai ma tête dans l’eau et ressentis un certain soulagement.

Après quelques minutes, j’eus terminé ma toilette.

Je me changeai avec l’un de mes haillons, comme mère les appelait, puis sortis de la salle de bain.

Je me plaçai devant mon miroir brisé et misérable et me regardai.

Je n’arrivais pas à croire ce que je voyais.

Autrefois, j’étais jolie.

Même considérée comme une grande beauté.

Mais la fille qui me renvoyait maintenant mon propre reflet me choqua.

J’avais l’air misérable.

Laide.

Mes lèvres étaient gercées et n’avaient plus leur jolie couleur rose habituelle.

Mes cheveux étaient complètement emmêlés.

Ils ressemblaient à un nid d’oiseau.

Je trouvai mon peigne brun là où je le rangeais habituellement, sur la table.

Je me coiffai, essayant de rendre mes cheveux un peu moins emmêlés.

J’avais de longs cheveux noirs, bouclés et soyeux.

Au moins, maintenant, ils étaient coiffés.

Ils avaient l’air un peu plus présentables.

Je devais faire tout cela parce que ce soir était la nuit où la pleine lune ferait son apparition.

C’était cette nuit que les loups-garous et les lycans trouvaient leurs compagnons parmi eux, mais également parmi les humains.

Je ne pouvais pas me permettre de les servir dans cet état.

Mère me détesterait encore davantage.

Elle était la meilleure cuisinière du clan.

Elle cuisinait toujours lors des événements importants, comme cette célébration de la pleine lune, et je n’étais pas prête à supporter ses cris ni à l’entendre me traiter de disgrâce.

Je me coiffais encore lorsqu’une voix aiguë transperça mes sens, manquant de me faire tomber.

Je dus me couvrir les oreilles, mais cela n’arrangea absolument rien.

« Si tu perds encore une seule seconde dans cette foutue chambre, je n’hésiterai pas à dire à mon fils de te mettre au donjon. Tu sais parfaitement que nous avons une foutue célébration de la pleine lune à préparer, espèce de fille ! »

La voix appartenait à ma mère.

Elle était furieuse et je savais qu’elle ne plaisantait pas lorsqu’elle prononçait ces mots.

Je jetai le peigne sur le lit, ouvris la porte et courus jusqu’à la cuisine.

Chaque pas que je faisais me remplissait de peur.

Je savais ce qui m’attendait, mais j’espérais malgré tout que les choses se passeraient sans encombre.

Des serviteurs remplissaient la cuisine, tous extrêmement occupés à travailler.

Dans ce clan, être un serviteur était bien mieux qu’être une oméga.

Au moins, ils avaient leurs loups en eux et n’étaient pas considérés comme les êtres les plus bas de la hiérarchie.

« Divina, ma chère, ta mère est folle de rage. Où étais-tu, pauvre enfant ? Tu étais censée être dans la cuisine depuis une heure déjà, bien avant les autres. Dépêche-toi et viens ici. Prends ces tomates et mixe-les. »

C’était Mme Cartwright.

C’était une vieille femme et la cuisinière adjointe du clan.

La seconde après ma mère.

C’était la seule personne qui m’avait toujours traitée avec gentillesse après mon père.

Elle était comme une famille pour moi.

Elle avait toujours été là pour moi depuis l’époque où je savais à peine prononcer mon propre nom.

« Oui, Mme Cartwright. Je reviens dans une minute. »

J’attrapai le sac de tomates puis, sans perdre une seconde, me retournai et me dirigeai vers l’endroit où se trouvait le mixeur.

Je lavai les tomates et commençai à les mixer.

Le mixeur fonctionnait encore lorsqu’une étrange sensation me parcourut.

J’avais l’impression d’être observée.

Fixée.

Dévisagée.

Tout mon corps se glaça.

J’éteignis le mixeur et remarquai à quel point tout était devenu silencieux.

Trop silencieux.

Lentement, je me retournai.

Et je ne fus pas surprise de voir Bernard, à quelques mètres derrière moi, debout avec deux hommes dangereux.

Je le regardai m’adresser un sourire mauvais.

Ses yeux devinrent noirs pendant une seconde avant de reprendre leur apparence normale.

Je frissonnai tandis qu’il avançait vers moi.

Je reculai inconsciemment jusqu’à ce que mon dos heurte le comptoir.

J’aurais préféré pouvoir fusionner avec ce comptoir et ne faire plus qu’un avec lui.

Tout le monde se demandait ce que le futur Beta faisait dans la cuisine du clan.

Moi seule savais pourquoi il était là.

Il était venu terminer ce qu’il avait commencé.

Ou peut-être faire pire encore.

« Je pensais que tu étais morte, petite sœur. Ça devrait t’intéresser de savoir que j’ai déjà préparé un cercueil pour tes funérailles. »

J’entendis sa voix directement dans ma tête à travers le lien mental.

Elle agressait mes sens.

Je savais qu’il était venu m’infliger davantage de souffrance et rendre ma vie encore plus misérable qu’elle ne l’était déjà.

Et personne ne pouvait l’arrêter.

Il était le prochain Beta.

« Petite oméga répugnante, tu as rejeté mon offre et personne ne m’avait jamais fait ça auparavant. Tu as eu l’audace de me gifler au visage et de me faire perdre mon respect. Je vais m’assurer que tu regrettes ça, petite traînée. »

Je fermai les yeux en serrant fermement le sac de tomates tandis que sa voix continuait de résonner dans ma tête.

Les odeurs de mère et de Shea flottèrent dans mes narines lorsqu’elles entrèrent dans la cuisine.

J’ouvris les yeux.

Je vis immédiatement le sourire sur le visage de Bernard.

Il souriait à Shea.

Et c’est à cet instant que je compris.

Ils avaient planifié tout cela.

Mes yeux croisèrent ceux de Shea et j’y vis cette lueur malicieuse ainsi que son sourire.

Je me tournai vers les personnes présentes dans la cuisine.

Le sourire de Bernard avait disparu.

« Cette oméga sans loup, cette fille répugnante que mon père a ramenée de nulle part pour vivre dans notre clan, a fait quelque chose de tellement honteux ce matin… »

J’étais prête à entendre les mensonges que Bernard allait raconter.

Mais ce à quoi je ne m’attendais pas…

C’était à quel point ils seraient tordus.

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