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Author: Mmeso Writes
last update publish date: 2026-08-17 00:28:48

Marcellous’s POV

À peine arrivé au donjon, l’odeur familière de la pierre humide, du fer rouillé et du vieux sang avait déjà envahi mes poumons.

La prison souterraine se trouvait sous l’aile ouest de la forteresse. Mes ancêtres l’avaient construite dans un seul et unique but : briser les ennemis jusqu’à ce qu’il ne reste plus rien d’eux, si ce n’est la peur et les regrets.

Aucun rayon de soleil n’atteignait jamais cet endroit.

Ici-bas, la miséricorde n’existait pas. Il n’y avait que les ténèbres, la douleur et cette forme de souffrance qui arrachait toute fierté, même aux loups les plus puissants.

Les épaisses portes de fer grincèrent et s’ouvrirent dès que les gardes me virent approcher.

« Alpha Suprême Marcellous. »

Leurs têtes s’inclinèrent immédiatement, leurs voix empreintes de respect et de quelque chose de bien plus utile : la peur.

Je n’accordai aucune attention à l’un comme à l’autre.

La peur n’était pas une insulte à mes yeux.

Elle était nécessaire.

Un roi qui n’était pas craint était un roi qui attendait d’être défié. Et je ne m’étais pas battu pour atteindre le sommet de ce monde brutal afin d’être défié par des chiens.

À peine avais-je pénétré plus profondément dans le donjon que je captai d’abord l’odeur de Nate, puis celle de deux loups inconnus, mêlée au sang et à la sueur.

Mon regard se porta vers la cellule.

Deux rogues étaient enchaînés au mur par des entraves en argent, leur peau brûlée aux endroits où le métal la touchait. Leurs vêtements étaient déchirés, leurs corps couverts de contusions, leurs lèvres ensanglantées.

L’un avait l’œil gonflé et la lèvre fendue, tandis que l’autre semblait déjà à moitié mort, la tête si basse qu’on aurait dit qu’elle était devenue trop lourde pour son cou.

Faibles.

Je ne dis rien dans un premier temps.

Je me contentai de rester là et de les fixer.

Le silence pouvait être plus terrifiant que les menaces lorsqu’on savait correctement s’en servir.

L’atmosphère du donjon changea presque instantanément lorsque mon aura se répandit dans la pièce comme du poison, épaisse et oppressante, pesant sur chaque être vivant jusqu’à rendre la moindre respiration difficile.

L’un des rogues releva lentement la tête et, dès que ses yeux rencontrèrent les miens, la terreur traversa son visage avant qu’il ne puisse la dissimuler.

Bien.

Cette réaction me plaisait foutrement.

Avant même que je parle, ils se mirent tous les deux à trembler.

Leurs loups reconnaissaient le mien.

Tous les loups le reconnaissaient.

Le mien était plus fort.

Supérieur.

Né pour dominer.

Je m’avançai vers la cellule avec un calme délibéré, mes bottes résonnant contre la pierre.

Les chaînes cliquetèrent lorsque l’un d’eux tenta instinctivement de reculer, mais il n’y avait nulle part où aller.

Je m’arrêtai juste devant eux et étudiai leurs visages.

« Vous avez pénétré sur mon territoire. »

Ma voix était calme.

Le genre de calme dangereux.

Celui qui poussait les guerriers à prier des dieux qu’ils avaient abandonnés depuis longtemps.

Aucun des deux ne me répondit.

Intéressant.

Ils avaient donc soit du courage…

Soit de la stupidité.

Parfois, la différence entre les deux était ridiculement mince.

J’inclinai légèrement la tête.

« Je vais poser la question une seule fois », dis-je, mon regard passant nonchalamment de l’un à l’autre. « Et je vous conseille fortement de répondre avant que je ne perde le peu de patience qu’il me reste ce soir. »

L’un d’eux cracha du sang sur le sol.

Son geste était audacieux.

Très audacieux.

Il releva le menton malgré la peur qui imprégnait son odeur.

« Va te faire foutre », lâcha-t-il.

Le silence s’installa.

Puis, à côté de moi, Nate soupira.

Je ne le regardai pas.

« Tu aimes m’irriter ? » lui demandai-je sèchement par lien mental.

Nate croisa les bras.

« Non. Mais je connais ce regard. »

Je plissai les yeux.

« Quel regard ? »

« Celui que tu as juste avant de tuer d’abord et de poser les questions ensuite. »

Un petit sourire étira mes lèvres.

Il me connaissait trop bien.

Comment aurais-je pu ne pas être tenté alors qu’ils se comportaient ainsi ?

Le rogue attira de nouveau mon attention en ricanant amèrement.

Je fronçai les sourcils.

« Si tu comptes nous tuer, alors fais-le. »

Mon loup s’agita violemment en moi.

« Tue-le », ordonna-t-il. Sa voix résonna en moi comme le tonnerre. « Arrache-lui cette foutue gorge. Fais-le hurler. »

Je sentis ses griffes s’acharner contre mon contrôle, réclamant la violence, réclamant le sang.

Il voulait déchirer de la chair et peindre les murs en rouge.

Moi aussi.

Mais pas encore.

Je m’accroupis jusqu’à ce que mon visage soit à la hauteur de celui du rogue.

La bravoure dans ses yeux faiblit immédiatement.

Je la sentis.

La peur.

Mes lèvres s’étirèrent en un sourire lent, cruel et prédateur.

Le genre de sourire qui faisait plier les loups adultes.

« Tu te méprends sur une chose », murmurai-je.

Sa respiration s’accéléra.

« Je ne tue pas rapidement. »

Le deuxième rogue se mit à trembler encore plus violemment.

« Lorsque je décide que quelqu’un mérite de mourir… » poursuivis-je, laissant chaque mot s’enfoncer jusque dans leurs os, « je m’assure qu’il m’en supplie d’abord. »

Sa confiance vola en éclats.

Je vis l’instant exact où son instinct prit le dessus sur sa fierté.

La soumission finissait toujours par arriver.

Toujours.

Je me penchai davantage vers lui.

« Qui vous a envoyés ? »

Aucune réponse.

Ma patience s’amenuisa.

Je bougeai avant qu’aucun des deux ne puisse réagir, ma main traversant les barreaux et se refermant autour de la gorge du premier rogue.

Mes doigts se resserrèrent instantanément.

Il ne pouvait même pas bouger sous ma poigne.

Il étouffa.

Ses pieds quittèrent le sol.

Le deuxième rogue gémit.

« Qui », répétai-je d’une voix basse et mortelle, « vous a envoyés ? »

Il griffa inutilement mon poignet.

Toujours aucune réponse.

Mon loup gronda.

Je relâchai le rogue.

Son corps s’écrasa au sol, toussant violemment.

Pathétique.

Nate bougea légèrement à côté de moi.

« Alpha Marcellous. »

Il me mettait en garde, essayant de calmer les choses.

Essayant d’être encore et toujours la voix de la raison.

Je détestais la raison.

Surtout ce soir.

L’ignorant, je regardai de nouveau les deux rogues et posai la seule question qui comptait réellement.

« Où est Blade ? »

Tout changea.

Les deux têtes se relevèrent si rapidement que c’en était presque amusant.

La stupeur traversa leurs visages.

Une pure stupeur.

Mes yeux se rétrécirent.

Celui qui était au sol cessa de tousser.

Voilà.

Cette réaction m’en disait suffisamment.

« Comment… » haleta-t-il. « Comment connaissez-vous notre chef ? »

Je ris.

Pas parce que c’était drôle.

Mais parce que c’était insultant.

Ces petits imbéciles pensaient réellement que Blade était un secret mystérieux.

Blade Vanderwell.

L’imbécile hybride rogue qui se prenait pour un roi.

Ma plus grande nuisance.

La seule créature assez stupide pour continuer à tester mes frontières et à y survivre.

Je me redressai lentement de toute ma hauteur.

Le donjon sembla soudainement plus petit.

Les rogues paraissaient minuscules, tels des fourmis insignifiantes sous mes bottes.

Je laissai mon aura se déployer pleinement.

Les murs vibrèrent.

Les gardes se raidirent derrière moi.

L’un d’eux faillit laisser tomber son arme.

Les rogues se mirent maintenant à trembler violemment, leurs corps les trahissant malgré tous leurs efforts pour lutter contre leur peur.

C’était ça, la vérité à propos de la peur.

Peu importe à quel point on prétendait être courageux, son corps disait toujours la vérité.

« Répondez à la putain de question. »

Mon rugissement fit trembler le donjon.

Le plus faible céda le premier.

« N-Nous… nous ne savons pas ! »

Sa voix se brisa.

« Je vous le jure ! »

Je le fixai.

Puis regardai l’autre.

Il était silencieux.

Celui-là avait davantage de cran.

Pas suffisamment pour que cela ait de l’importance.

Mon loup grogna.

« Il est inutile. Tue-les. »

J’étais d’accord.

Blade ne confierait jamais sa localisation à des rogues de bas rang.

Cette histoire était devenue une perte de temps.

Puis le rogue silencieux éclata de rire.

Il riait réellement.

Quel culot.

Du sang recouvrait ses dents.

« Vous ne le trouverez jamais. »

Je me figeai complètement.

Dangereusement immobile.

Il sourit.

Ce fut une erreur fatale.

« Blade vous détruira. »

Cela suffit à faire céder mon loup.

Le peu de contrôle qu’il me restait disparut.

Je bougeai si vite que leurs yeux ne purent suivre.

Mes griffes traversèrent la chair avec une facilité écœurante.

Du sang chaud éclaboussa ma chemise et ma mâchoire.

La tête du rogue heurta le sol dans un bruit sourd et écœurant avant de rouler sur la pierre.

Le deuxième hurla.

Je me tournai vers lui.

Son cri prit fin au moment où mes griffes lui transpercèrent la gorge.

Le silence revint.

Le sang s’étendait sur le sol.

Le donjon empestait la mort fraîche.

Je fixai les corps, ne ressentant toujours absolument rien.

Ni satisfaction.

Ni soulagement.

Ni foutue paix.

Seulement cette même agitation maudite qui continuait de me ronger de l’intérieur.

La voix d’Onyx gronda en moi.

« Bien. »

Ça allait mieux.

J’expirai lentement.

« Regarde qui a enfin décidé de me complimenter. »

Je m’éloignai tandis que les gardes se précipitaient pour nettoyer les corps.

Il semblait agacé.

« Je n’avais rien à te dire. »

Je faillis ricaner.

« Vraiment ? »

« Ouais. Rien de ce que tu as fait aujourd’hui ne m’a plu. »

Cela attira mon attention.

« Même pas le fait de tuer les rogues ? » demandai-je, obligé de poser la question.

« À part ça. »

Je souris légèrement.

Donc nous étions revenus au même problème.

Le sexe.

La faim.

La frustration.

Aucune femme ne le satisfaisait.

Aucune quantité de plaisir ne suffisait.

Cela ne nous était jamais arrivé auparavant.

Alors que Nate et moi quittions le donjon, l’air frais de la nuit frappa ma peau, mais il ne fit rien pour calmer la chaleur qui brûlait sous ma chair.

Nate fourra les mains dans ses poches et me lança un regard de côté.

« Qu’est-ce qui t’arrive exactement, ces derniers temps ? »

Je me frottai la tempe.

« Mon loup est instable. »

C’était le seul mot qui correspondait parfaitement à ma situation.

Nate resta silencieux.

Je poursuivis donc.

« Il est agité. Violent. Le sexe ne suffit pas à le satisfaire. »

Ses sourcils se levèrent lentement.

« Tu couches avec plus de femmes que d’habitude. »

Je lui lançai un regard noir.

« Oui, Nate. Merci de constater l’évidence. »

Il ignora mon sarcasme.

Puis quelque chose s’alluma dans son esprit.

Je le vis dans ses yeux lorsqu’ils s’écarquillèrent.

Non.

Je connaissais déjà ce regard.

« Marcel… »

Il était revenu à m’appeler par mon prénom.

« Non. »

« Tu ne sais même pas ce que je vais dire. »

« Si. »

Il s’arrêta de parler, mais ses sourcils remontèrent encore et encore.

Il sourit de cette façon agaçante qui me donnait envie de l’étrangler.

« Ta compagne… »

Je grondai.

Enfin, il l’avait dit.

Son sourire s’élargit comme celui d’un idiot.

« Ça explique tout. »

« Non. »

Je secouai la tête.

« Ça n’explique rien. »

« Ton loup la ressent. Je veux dire— »

Je serrai le volant.

« Ne le dis pas. »

« La pleine lune est ce soir. »

« Non », répétai-je dans le déni.

« Tu es sur le point de rencontrer ta compagne. »

Mes yeux brillèrent d’ambre.

Mon aura fit un bond.

Je tournai lentement la tête vers lui.

« Sors. »

Il cligna des yeux.

Puis son sourire s’élargit encore.

« Allez— »

« Sors de ma putain de voiture, Nate. »

En riant, cet enfoiré descendit de la voiture.

Quel idiot de Beta j’avais.

S’il n’était pas mon ami…

Mes pensées revinrent à ce qu’il venait de dire.

Une compagne ?

Impossible.

Je n’en voulais pas.

Je n’en avais pas besoin.

Les liens de sang et les âmes sœurs étaient des faiblesses.

Et la faiblesse tuait les gens.

Je l’avais appris il y a longtemps.

J’étais encore profondément plongé dans mes pensées lorsqu’un lien mental paniqué s’écrasa contre le mien.

Evander.

Mon Gamma.

Sa voix semblait urgente.

La peur se déversa à travers notre lien.

« Alpha Suprême— » Sa voix tremblait. « La… la princesse… »

Chaque muscle de mon corps se figea.

Kira.

De la glace coula dans mes veines.

« Parle. »

Le mot sortit de ma bouche avec une froideur mortelle.

Evander balbutia.

« La princesse est allée faire des achats dans le territoire de Silvercrest et, sur le chemin du retour… les nouvelles qui viennent de me parvenir indiquent qu’elle a été kidnappée par des rogues. »

Tout s’arrêta en moi.

Mon cœur.

Mon pouls.

Tout.

Puis ma rage explosa d’une manière violente, monstrueuse.

Ma poigne se resserra si fort que le métal se déforma sous mes doigts.

Ces sales chiens.

Ils avaient osé poser une seule main sur ma sœur.

Un silence terrifiant s’abattit sur moi.

Le genre de silence qui précède un massacre.

Mes canines descendirent.

Mes yeux brûlèrent.

Onyx se redressa.

« Si ma sœur a ne serait-ce qu’une seule ecchymose », dis-je d’une voix suffisamment froide pour geler le sang, « je ferai regretter à chaque rogue impliqué le jour où il a rampé hors du trou dégueulasse dont il venait. »

Onyx ronronna d’approbation sauvage.

J’écrasai mon pied sur l’accélérateur.

Le moteur rugit.

« Quand j’en aurai fini avec eux… »

Mes lèvres se retroussèrent en un sourire cruel.

« Même les corbeaux auront trop peur de se repaître de ce qu’il en restera. »

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