LOGINDivina
Tous les regards se tournèrent vers moi. Ma gorge se serra. Bernard se tenait à quelques pas, vêtu de vêtements sombres qui lui donnaient exactement l’allure du futur Beta que tout le monde admirait. Grand, fort, séduisant et respecté. Un monstre enveloppé dans une peau magnifique. Son regard se verrouilla sur le mien et un lent sourire narquois étira ses lèvres pendant une seconde avant de disparaître. Ce simple regard me glaça le sang. « Elle a essayé de me séduire. » Ces mots me frappèrent si violemment que j’en oubliai de respirer. Mes doigts se desserrèrent autour de l’interrupteur du mixeur. Mes yeux s’écarquillèrent. Je secouai la tête, le suppliant de mettre fin à ses mensonges. Il n’avait pas pu dire ça. Il ne pouvait pas. « Elle est venue dans ma chambre », poursuivit Bernard, la voix chargée d’un dégoût feint. « Elle s’est jetée sur moi. Elle m’a supplié de la toucher. » Des exclamations horrifiées éclatèrent dans toute la cuisine. Mon corps se figea. J’arrivais à peine à assimiler ce que j’entendais. L’impudence de son mensonge. La pure cruauté qui se cachait derrière. Ma voix sortit faible, dépourvue de la force dont j’avais besoin pour me défendre. « Non… » Il m’ignora complètement. « Lorsque je l’ai rejetée, elle m’a attaqué. » Sa mâchoire se crispa comme si ce souvenir le dégoûtait. « Elle m’a même giflé. » Les murmures explosèrent comme une traînée de poudre. « Quoi ? » « Elle a fait ça ? » « À Bernard ? » « Quel culot ! » Je secouai la tête si violemment que ma vision se brouilla. « Non ! » criai-je, retrouvant enfin ma voix. « Ce n’est pas ce qui s’est passé. » Bernard me regarda avec une expression de douleur et d’incrédulité si convaincante que j’en eus la nausée. « Tu mens encore ? » demanda-t-il doucement. Mentir ? Ce n’était pas moi qui mentais. Ma poitrine me brûlait. Il me traitait de menteuse. Je fis un pas en avant malgré la douleur qui parcourait mes jambes. « Tu m’as forcée ! » Ma voix se brisa. « Tu as verrouillé la porte. Tu… tu voulais me violer. » La gifle arriva si rapidement que je ne la vis pas venir. Mère. Sa paume s’abattit sur mon visage avec une telle force que je fus projetée sur le côté. Une douleur fulgurante explosa dans ma joue. La cuisine retomba dans le silence. Je relevai lentement la tête, goûtant le sang dans ma bouche. Mère se tenait devant moi, tremblante de rage. Ses yeux ne contenaient aucune chaleur, aucune douceur, pas même la moindre trace d’amour. Il n’y avait que de la haine. « Comment oses-tu ? » siffla-t-elle. Les larmes me brûlèrent les yeux, et ce n’était pas à cause de la gifle. C’était à cause de la trahison. Elle n’avait même pas hésité. Pas une seule seconde. Une toute petite partie d’elle aurait au moins dû se demander si Bernard pouvait mentir. Ou elle aurait pu me demander ma version des faits. Elle m’avait même vue dans cette chambre plus tôt : faible, les vêtements déchirés. N’était-ce pas une raison suffisante pour me croire ? Elle avait déjà choisi ce qu’elle voulait croire. Comme toujours. Bernard. Shea. Tout le monde sauf moi. « Sale traînée sans honte », cracha mère. « J’aurais dû savoir que c’était ce que tu faisais lorsque tu as disparu toute la journée. » Je la fixai. Ma poitrine me faisait physiquement et émotionnellement mal. Elle continua. « Tu as tué ton père et apporté le malheur sur cette famille. Et maintenant, tu veux répandre ta souillure sur mon fils ? » Mon fils. Son choix de mots me transperça plus profondément qu’elle ne pouvait l’imaginer. Ou peut-être qu’elle savait parfaitement à quel point ils me feraient mal. Shea s’avança alors, croisant les bras comme si elle était une simple spectatrice innocente forcée d’assister à une disgrâce. Le dégoût déforma son magnifique visage. « Divina », dit-elle en secouant la tête avec une fausse déception, « je savais que tu étais pathétique, mais là ? » Elle me détailla de la tête aux pieds. « Essayer de séduire Bernard ? Tu es devenue désespérée à ce point ? » Des rires résonnèrent dans mes oreilles. Ils se mirent tous à rire à tour de rôle et, bientôt, les murmures remplirent la pièce. Des murmures si cruels et si tranchants qu’ils suffisaient à me lacérer la peau. « Elle est dégoûtante. » « Pas étonnant qu’aucun loup ne veuille d’elle. » « Elle n’a même pas de loup. » « Attendez… qui voudrait s’accoupler avec une ordure pareille ? » Une nouvelle vague de rires éclata. Ordure. Inutile. Disgrâce. Ces mots se fondirent en un seul cauchemar familier. Je les entendais depuis des mois, sans fin. Depuis la mort de père, tout le monde avait décidé que j’étais maudite et, peu de temps après, j’étais devenue la cible la plus facile du clan. Mais ce soir… C’était différent. Parce que Bernard avait pris quelque chose de sacré — ma vérité — et l’avait déformé au point que même moi, je me sentais sale. Je regardai autour de moi. Pas un seul visage n’exprimait de compassion. Même les serviteurs qui avaient parfois pitié de moi baissèrent les yeux. Personne ne voulait se dresser contre Bernard. Pourquoi l’auraient-ils fait ? Il était le futur Beta. Et moi, je n’étais personne. Bernard s’avança lentement vers moi. Comme un prédateur. Et moi, sa proie. C’était exactement ce qui se passait. Il se pencha suffisamment près pour que je sois la seule à l’entendre. « Voilà ce qui arrive lorsque tu me dis non. » Tout mon corps trembla. Puis il recula et éleva la voix. « Cette affaire doit être portée devant l’Alpha Darius et le reste du clan. Si nous laissons passer ça, d’autres femmes servantes pourraient prendre exemple sur cette Oméga et tenter de faire pire simplement pour piéger des nobles innocents qui ne veulent rien avoir à faire avec elles. » Mère hocha immédiatement la tête, suivie par les autres. « Oui », répondirent-ils en chœur. Elle attrapa brutalement mon bras. Une douleur fulgurante me traversa. Shea saisit mon autre bras. J’essayai de me débattre. « Lâchez-moi ! S’il vous plaît ! » Mais les ongles de mère s’enfoncèrent davantage dans ma chair. « Tu répondras devant l’Alpha ce soir. » Une douleur explosa en moi. Non. S’il vous plaît, pas là. Pas devant tout le monde pendant la célébration de la pleine lune, où des loups de différents clans venus du monde entier avaient sûrement dû se rassembler. « S’il vous plaît ! » Mais mes supplications ne signifiaient rien. Elles me traînèrent hors de la cuisine, à travers les couloirs et jusque dans la nuit. Pieds nus. Brisée. Humiliée. Chaque pas envoyait une décharge de douleur dans mon corps, mais elles ne ralentirent jamais. Lorsque nous atteignîmes les lieux de la célébration, la musique remplissait l’air. La pleine lune brillait haut dans le ciel. Grande. Argentée. Magnifique. Et cruelle. Les membres du clan dansaient autour d’immenses feux de joie en attendant que la lune devienne rouge. Des enfants couraient en riant. Des couples se tenaient proches l’un de l’autre. Les loups sans compagnon attendaient leur destin. Cette nuit était censée être sacrée. C’était la nuit où les compagnons se trouvaient et où le destin révélait ses secrets. Elle était censée être une nuit de bonheur. Au lieu de cela, me voilà traînée au milieu de tout cela comme une criminelle. Dès que les gens nous remarquèrent, la célébration commença à mourir. La musique et les conversations s’arrêtèrent. Les têtes se tournèrent. Le silence revint. Mais il fut de courte durée. Bientôt, les murmures remplirent l’air autour de moi. Des centaines de regards se posèrent sur moi. Ils me fixaient. Je voulais que la terre m’engloutisse entièrement. À l’avant se trouvait l’Alpha Darius, assis sur un siège surélevé, rayonnant de puissance et d’autorité. À ses côtés se tenait son fils, Rowan Blackwood, le futur Alpha. Il était grand, large d’épaules et intimidant d’une manière impossible à décrire. Sa seule présence suffisait à attirer l’attention. Depuis que je le connaissais, les femmes l’avaient toujours désiré. Shea en particulier. Les hommes le respectaient. Ou essayaient de le faire. Certains murmuraient dans son dos à quel point il était stupide et irresponsable. Ils disaient même qu’il était pire que son père à tous les niveaux. J’avais passé des années à m’assurer de ne jamais le regarder trop longtemps, car les hommes comme Rowan ne remarquaient jamais les filles comme moi. Non pas que je veuille qu’il me remarque. Mère me poussa en avant. Je m’écrasai à genoux et une douleur fulgurante explosa dans mes jambes. L’Alpha Darius fronça les sourcils. « Qu’est-ce que c’est que ça ? » Bernard s’avança. Sa voix était calme et maîtrisée, comme s’il était prêt à réciter les mots qu’il avait parfaitement préparés. « Mon Alpha… cette Oméga a tenté de me forcer à avoir des relations avec elle ce matin. » Des exclamations horrifiées parcoururent l’assemblée. Je fermai les yeux. C’était réellement en train d’arriver. Ce cauchemar était réel. Je restai à genoux, les paumes pressées contre la terre froide tandis que des centaines de regards brûlaient ma peau. J’avais l’impression que tout le clan me regardait à travers la peau, arrachant chaque couche de mon être jusqu’à ce qu’il ne reste plus rien, si ce n’était la honte. Je voulais disparaître. Ou me réveiller de cet horrible cauchemar. Mais la douleur de mon corps meurtri était bien trop réelle. La terre sous mes doigts était réelle. Les murmures aussi. L’Alpha Darius se tenait droit sur son siège semblable à un trône, son regard perçant fixé sur moi avec un dégoût manifeste. L’âge n’avait rien fait pour affaiblir son aura intimidante. Même assis, il dégageait une autorité absolue. La voix de l’Alpha Darius trancha le silence. « Est-ce vrai ? » La question ne s’adressait pas uniquement à Bernard. Elle s’adressait à moi. Ma gorge se serra. Je me forçai à parler. « Non, Alpha. » Les mots sortirent rauques, faibles et pathétiques. J’avalai difficilement ma salive et essayai encore, cette fois plus fort. « Il ment, mon Alpha. » Des murmures se propagèrent immédiatement. Bernard laissa échapper un rire sans joie en secouant la tête, comme s’il était déçu de moi. Il se tourna vers la foule. « Elle le nie encore. » Il fit un pas en avant avant de se tourner de nouveau vers l’Alpha. Sa voix devint douce et convaincante. « Elle est venue dans ma chambre aux premières heures du matin, alors que tout le monde était occupé à préparer la célébration de la pleine lune. Elle s’est jetée sur moi et m’a supplié de la prendre. » La foule éclata en exclamations de dégoût. Cela ne fit pourtant rien pour empêcher ma poitrine de se comprimer face aux mensonges que Bernard débitait. « Lorsque j’ai refusé », poursuivit-il, sa voix désormais chargée d’une indignation feinte, « elle est devenue agressive. Elle m’a giflé et a menacé de m’accuser de l’avoir agressée sexuellement, mon Alpha. » Il se tourna vers la foule, la mâchoire crispée. « Pourquoi mentirais-je avec une personne aussi insignifiante qu’elle alors que je devrais être fidèle à ma compagne ? » Les gens approuvèrent, secouant la tête. Certains m’insultèrent cruellement. Quelqu’un cria depuis le fond : « Qu’est-ce qu’une Oméga sans loup peut apporter à la table, à part être un fardeau, surtout en temps de guerre ? Tu n’es digne ni de notre Beta ni de personne ! » Des gens s’avancèrent et me crachèrent dessus, comme si j’étais une abomination. Le mépris dans leurs yeux fit couler mes larmes avec encore plus de force, dans la douleur et l’angoisse. Mais qui aurait pu penser que ce n’était que le début de ma souffrance et de mon humiliation ce soir ? Le pire était encore à venir. La nuit était encore jeune. Une autre voix s’éleva. « Elle devrait déjà être reconnaissante qu’il ait seulement posé les yeux sur elle ! » « Le pire, c’est qu’ils sont frère et sœur », ajouta quelqu’un d’autre. « Alors elle cherchait à avoir une relation interdite avec son propre frère ? » Ma respiration devint superficielle. Personne ne croyait ma version. Pas une seule personne. Je regardai désespérément mère et Shea. Il n’y avait rien dans leurs yeux à part du mépris, de la haine et du dégoût. Mère s’avança théâtralement. Quelques larmes roulèrent sur ses joues. Elle baissa la tête devant l’Alpha Darius avant de se tourner vers moi, puis vers la foule. « J’ai fait de mon mieux pour élever cette fille correctement, mais malgré tout ce que j’ai fait… » Elle renifla en se frottant le nez, comme si elle cherchait à susciter la pitié. Et, malheureusement, cela fonctionnait. Tout le clan secoua la tête, murmurant des paroles de compassion et claquant la langue avec désapprobation. « Malgré tout ce que j’ai fait, elle veut encore traîner le nom de notre famille dans la boue. J’ai toléré son existence après qu’elle a tué mon mari. » Ses paroles me frappèrent comme des couteaux dans le cœur. Même après toutes ces années, cette accusation ne cessait jamais. La voix de mère trembla. Pas à cause d’une douleur feinte. Mais de rage. « Elle nous a toujours fait honte. » Elle essuya brutalement ses larmes, comme si elle venait de prendre une décision difficile. « Ce soir, ma fille a dépassé les limites. » Elle se tourna vers moi, les yeux flamboyants. « J’aurais dû savoir qu’elle finirait par répandre sa souillure partout. Mon Alpha, tu peux lui faire ce que tu jugeras nécessaire. » Mes lèvres s’entrouvrirent. Je ne pouvais même plus parler. La douleur dans ma poitrine était devenue insupportable. Ce ne furent pas les mensonges de Bernard qui me brisèrent. Ce ne furent pas les insultes du clan. C’était ça. Ma mère. La femme que j’avais connue toute ma vie. Debout devant tout le clan, me condamnant sans la moindre hésitation. Quelque chose en moi se brisa. Shea se plaça à ses côtés, toujours aussi magnifique dans sa robe de soirée argentée. Elle soupira théâtralement. « Honnêtement, je suppose que c’était la faute de père. Il a tellement gâté ma sœur qu’il n’y avait aucune chance que mère ou qui que ce soit puisse empêcher cette nature capricieuse et gâtée de prendre le dessus. » Sa voix était comme du poison enveloppé de miel. « Jusqu’à aujourd’hui, ma sœur pense toujours qu’elle mérite plus que ce qu’elle mérite réellement. » Elle baissa les yeux vers moi et m’adressa un sourire rempli de pitié. « Mais ça ? Je ne sais même pas comment te défendre, ma sœur. » Je voyais la moquerie dissimulée dans ses yeux tandis qu’elle choisissait soigneusement chacun de ses mots. La foule murmura. « Cette Oméga a une famille merveilleuse comme celle-ci et elle choisit pourtant de devenir une ordure ? » Je baissai la tête. La haine commençait à grandir dans mes yeux. Pendant des années, j’avais supporté. J’avais pleuré. J’avais supplié silencieusement qu’on m’accorde ne serait-ce qu’un peu de gentillesse. Et où cela m’avait-il menée ? Ici. À genoux. Jugée par des gens qui ne s’étaient jamais souciés de moi. L’Alpha Darius finit par parler. Sa voix portait une autorité absolue. « Une Oméga sans loup qui ose se jeter sur le futur Beta n’a aucun respect pour la hiérarchie ni pour la dignité. » Son regard se durcit. « Tu es devenue une disgrâce pour le clan, Oméga. » Ces mots me frappèrent plus durement que je ne l’aurais imaginé. Sa voix devint plus froide. « Les mines ont besoin de travailleurs. » Ma tête se releva brusquement. Mon cœur s’arrêta. « Non », suppliai-je. « Alpha, tout sauf les mines. » Les mines du clan étaient l’enfer. Tout le monde le savait. Profondément sous les montagnes, les loups travaillaient jusqu’à ce que leur corps cède. Le froid. Les ténèbres. La faim. La mort. Personne n’en revenait indemne. Certains n’en revenaient jamais. La panique monta en moi. Je rampai en avant. « Mon Alpha, je vous en prie— » Il leva la main, me faisant taire. « J’en ai assez entendu. Tu seras envoyée aux mines à l’aube. » Mon sang se glaça. Tout autour de moi sembla se brouiller. J’entendais la foule éclater de rire et manifester sa joie, mais leurs voix semblaient lointaines. J’avais l’impression de me noyer dans les profondeurs les plus abyssales du Pacifique. Cela ne pouvait pas arriver. Pas comme ça. Pas à cause d’un mensonge raconté contre moi. Alors que je réfléchissais encore aux souffrances qui m’attendaient, quelque chose se produisit. Une odeur m’atteignit. Et tout autour de moi s’arrêta. Mon corps. Mes poumons. Tout cessa de fonctionner. L’air autour de moi changea. C’était une odeur comme je n’en avais jamais respiré auparavant. La pluie sauvage. Le pin. La fumée. Quelque chose de dangereusement masculin. Mais je n’avais pas de loup. Alors comment pouvais-je sentir quelque chose avec autant de netteté ? C’était enivrant. L’odeur me frappa avec une force brutale, faisant exploser une chaleur dans ma poitrine. Mon cœur se mit à battre de façon erratique, beaucoup trop vite, au point d’en devenir douloureux. Ma peau picota tandis qu’une sensation électrique semblait courir dans mes veines. Était-ce mon loup ? Non. Ce n’était pas ainsi que les loups apparaissaient. Alors pourquoi avais-je l’impression que quelque chose s’éveillait en moi ? Quelque chose qui ressemblait à un lien venant de se mettre brusquement en place. Je relevai lentement la tête. Mes yeux se posèrent sur le futur Alpha. Et il me fixait droit dans les yeux. Au-dessus de lui, la lune qui était argentée devint rouge. Les loups autour de nous commencèrent à renifler l’air, les uns après les autres. Le lien entre les compagnons était en train de se former. Et moi— Les yeux de Rowan s’écarquillèrent. Choqué. Incrédule. Puis il rugit— « Ma compagne. »Divina« AAAAHHHH ! DÉESSE, S'IL VOUS PLAÎT ! AAAAHGGH ! »Le cri traversa les épais murs de pierre de la chambre comme un violent coup de tonnerre.Je me redressai d'un bond sur le bord du matelas, chaque terminaison nerveuse de mon corps se tendant à l'extrême. Mon cœur frappait contre ma cage thoracique, un battement de panique pure, frénétique et rapide. Je me précipitai hors du lit, mes pieds nus claquant sur les dalles froides du sol alors que je me ruais vers la haute fenêtre en ogive donnant sur les cours inférieures.La voix... Déesse de la Lune, cette voix.C'était un cri d'agonie strident, une douleur pure et sans filtre — une voix que j'avais entendue des milliers de fois auparavant, mais d'ordinaire, c'était elle qui causait l'agonie, pas elle qui la subissait. Le son résonna sauvagement à travers la vaste forteresse, vibrant contre les falaises de pierre et se répandant dans le ciel.Je ne pouvais pas voir ce qui se passait là-bas. Sous cet angl
MarcellousMon aura explosa.Une vague de pression d'Alpha pure et divine détona de tout mon corps comme une onde de choc physique. L'air lui-même se brisa.Chacun des cent guerriers de la Lune Noire s'effondra instantanément sur le sol gelé, leurs genoux s'écrasant lourdement contre les dalles de pierre. Le bruit des os qui craquaient sous le poids immense résonna dans la clairière. Plusieurs loups de bas rang vomirent violemment.Bernard s'effondra le visage premier sur la terre froide, son nez s'écraseant contre les rochers, un hurlement de douleur strident s'échappant de sa gorge.Seul l'Alpha Darius réussit à rester debout, son corps entier tremblant de manière incontrôlable, ses bottes s'enfonçant de cinq centimètres dans la terre alors qu'il forçait sa colonne vertébrale à tenir sous la pression insupportable.Je ne me pressai pas. Je marchai vers Bernard à pas lents et délibérés, mes bottes crissant doucement contre le sol givré.Sans rompre le contact visuel avec le bâtard ra
Marcellous « Mon Roi... la meute de la Lune Noire devient impatiente. » Je tournai brusquement la tête vers le pas de la porte, ma mâchoire se crispant si fort que mes molaires gémirent sous la pression. Se tenait là, tremblant légèrement, la tête baissée, un jeune garde encore vert. L'inexpérimenté qui avait été posté devant la suite médicale de Divina plus tôt. Un silence sombre et létal enveloppa la grande chambre. L'eau de mes cheveux gouttait encore sur mes épaules nues, la chaleur du bain fraîchement coulé se dissipant rapidement dans l'air froid. Je venais tout juste de sortir de l'eau — mon premier vrai lavage après avoir passé cinq jours agonisants collé au chevet de ma compagne, à la regarder se battre pour sa vie. Et cet insolent imbécile trouvait judicieux d'irrompre dans mes appartements privés pour me dicter leur calendrier ? Si Nate ne m'avait pas mentionné plus tôt que le garçon était une nouvelle recrue, tout juste sortie des patrouilles de la frontière extérieur
Divina« Vous l'avez effrayé. »La voix calme et mélodieuse d'Alicia brisa le sombre fil de mes pensées.Je clignai des yeux, m'arrachant à l'abîme violent de mon esprit, et levai les yeux vers elle.« Quoi ? »Elle ne semblait pas en colère. Elle enroulait soigneusement le bandage blanc et propre autour de mon poignet, ses cheveux d'argent retombant doucement sur ses épaules.« Je travaille pour cette famille depuis des années, » dit-elle doucement, les yeux concentrés sur sa tâche. « Je ne l'ai jamais vu sourire. »Un bref temps de silence s'écoula.« Je ne l'ai jamais vu rester au chevet d'un lit, » continua-t-elle doucement. « Et je ne l'ai certainement jamais vu oublier de manger. »Je la fixai, mon estomac se tordant en un nœud serré et inconfortable. Je ne savais pas quoi penser. Je ne voulais pas penser au Suprême Roi Alpha assis sur une chaise pendant des jours, se laissant mourir de faim tout en me regardant dormir.Cela n'avait aucun sens. Cela défiait tout ce que je savais
DivinaEn sécurité.Pendant une seconde éphémère et impossible, enlacée dans la chaleur suffocante des bras lourds de Marcellous, je me suis sentie en sécurité.Sa large poitrine était un mur inébranlable derrière moi, son odeur de pluie et de cèdre sombre enveloppant mes sens comme une épaisse couverture. Mais cette sensation fut instantanément engloutie tout entière par une pointe de terreur glaciale et paralysante.La Meute de la Lune Noire était aux portes.Mon corps tout entier se mit à trembler violemment, mes genoux menaçant de flancher là, sur le carrelage froid.Ils sont là pour moi.Ils m'avaient traquée comme un animal errant. J'avais à peine goûté à une fraction de seconde de liberté loin de cet enfer, et même cette « liberté » était un mystère terrifiant que je ne pouvais comprendre.Mais je savais une chose avec une certitude absolue, absolue : je préférerais me déchirer la gorge de mes propres ongles plutôt que de laisser quiconque me traîner de nouveau sur ce territoir
MarcellousLes expressions embarrassées de ma compagne étaient tellement putain de mignonnes.Je regardai la couleur monter aux joues pâles de Divina, ses grands yeux sombres clignant dans un silence sidéré, absolu et haletant. Ses lèvres s'entrouvrirent légèrement, mais pas le moindre son ne s'échappa de sa gorge.La féroce et terrifiante petite luciole qui venait de menacer de brûler tout mon royaume jusqu'aux fondations s'était complètement évaporée, remplacée par une fille confuse et déstabilisée dont le cerveau avait clairement disjoncté au moment où j'avais mentionné que Kira était ma sœur.Il me fallut une volonté surhumaine pour ne pas laisser échapper un petit rire sombre.Pour la première fois en trente ans sur cette terre, un sourire sincère et Involontaire éclaira mon visage.Cela semblait étranger sur mes lèvres—une chaleur perçant la glace permanente qui enrobait mon âme depuis aussi longtemps que je m'en souvenais.Lentement, involontairement, je commençai à tendre la m







