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Chapitre 10

Author: Neige Cristal

Villa des Leroy.

À la tombée de la nuit, Marie, vêtue d’une nuisette en soie, s’est assise dans le salon, attendant Pascal.

Dans sa jeunesse, elle avait été une beauté délicate, et Jean Leroy l’avait aimée profondément. Il l’avait chérie au point qu’elle n’avait jamais eu à toucher aux tâches ménagères. Mais après s’être remariée avec Pascal, celui-ci avait hérité des affaires et de l’entreprise de Jean, et il avait fait prospérer son empire. Marie était ainsi devenue une femme du monde, et avec les années, elle avait pris soin d’elle, conservant une allure élégante et raffinée.

À cet instant, la porte de la villa s’est ouverte sous l’impulsion d’une domestique. Pascal venait de rentrer.

Marie a immédiatement affiché un sourire radieux, s'est avancée pour l'accueillir et l'a aidée à retirer sa veste.

« Chéri, pourquoi rentres-tu si tard ? »

Contrairement à Jean, qui avait été un homme simple et droit, Pascal, dans sa jeunesse, avait toujours eu un air séducteur et charmeur. Depuis qu’il était devenu PDG, son charisme n’en était que plus imposant, et Marie en était encore plus éperdument amoureuse.

« J’avais un dîner d’affaires ce soir. »

Mais soudain, une odeur de parfum a attiré l’attention de Marie.

Ce parfum, elle le connaissait bien.

C’était celui de sa nouvelle secrétaire.

Son expression a immédiatement changé.

« Pascal, ne me dis pas que tu étais encore avec ta secrétaire ! »

Pascal a froncé les sourcils, visiblement agacé.

« Marie, arrête de te faire des films. Ce n’est pas le moment de parler de ça. Asclépios a refusé d’opérer Chloé, elle est très abattue. Tu ferais mieux de la réconforter au lieu de te focaliser sur des broutilles. Je suis fatigué, je monte me reposer. »

Il s’est apprêté à monter, mais Marie a prononcé alors une phrase qui l’a arrêté net.

« J’ai un moyen de convaincre Asclépios. »

Pascal s’est figé sur place, avant de faire brusquement demi-tour.

Sans hésiter, il a passé son bras autour de ses épaules et l’a serrée contre lui.

« Marie, tu es incroyable. Tu ne me déçois jamais. Ma Marie, tu es mon trésor. »

Pascal savait comment parler aux femmes, et ces mots ont immédiatement fait chavirer Marie, touchant son côté sentimental et romantique.

Elle s’est lovée contre lui, avant de lever les yeux vers lui, espiègle.

« J’ai une condition. Tu dois virer ta secrétaire. »

« Aucun problème. Je la licencie demain matin. »

Sur ces mots, Pascal l’a soulevée brusquement dans ses bras.

Le corps de Marie s’est affaissé légèrement contre lui, ses joues se sont empourprées.

« Tu disais que tu étais fatigué tout à l’heure... »

Sa nuisette a légèrement glissé, révélant une dentelle fine et délicate.

Un sourire malin s’est étiré sur les lèvres de Pascal.

« Avec une femme aussi séduisante que toi, comment veux-tu que je résiste ? »

Marie lui a donné une tape sur la poitrine, riant doucement.

« Tu es incorrigible. »

Pascal a ri à son tour, d’un rire profond et enjoué.

« Mais tu aimes ça, non ? »

Le lendemain. Nina a reçu un appel de Marie alors qu’elle était encore dans son appartement.

D’un ton particulièrement maternel, Marie lui a dit :

« Nina, la dernière fois à l’hôpital, j’ai eu tort. Aujourd’hui, j’ai préparé un repas avec tous tes plats préférés. Reviens à la maison. »

Depuis la cuisine, Cécile Deneuve a passé la tête par la porte et s’est exclamée avec ironie :

« Nina, ne l’écoute pas. Cette femme est une esclave amoureuse de Pascal. Elle est complètement aveuglée. Ne perds pas ton temps avec elle. »

Le regard de Nina est resté impassible.

« Je suis occupée. »

Elle s’est apprêtée à raccrocher. Mais Marie a ajouté :

« Nina, à ta naissance, ton père avait conservé une bouteille de vin. Il avait promis de l’ouvrir quand tu serais adulte. Je viens de la ressortir. Viens la récupérer. »

Les cils de Nina ont légèrement tremblé. Marie savait exactement comment la toucher en plein cœur.

Villa des Leroy. Nina est arrivée. Pascal et Chloé n’étaient pas là.

Marie, en revanche, avait effectivement préparé un repas copieux.

Sur la table, une bouteille de vin trônait.

« À Ma Fille Chérie ».

Ces mots avaient été écrits de la main de son père, d’une écriture maladroite.

Jean Leroy n’était pas un homme instruit, mais il avait bâti son empire à la sueur de son front.

Contrairement à Pascal, qui avait eu la chance d’être diplômé d’une université prestigieuse, Jean avait tout accompli par lui-même.

D’un geste lent, Nina a tendu la main et a caressé doucement les mots « À Ma Fille Chérie ».

Son père avait été son monde.

Il avait chéri chaque instant passé avec sa petite Nina.

Marie a été de très bonne humeur toute la journée. Son visage rayonnait de satisfaction et de sérénité.

Elle a ouvert la bouteille de vin et a rempli deux bols de vin, un pour elle, un pour Nina.

« Nina, trinquons. »

Nina l’a fixée, sa voix froide et posée a brisé le moment.

« Comment mon père est-il mort ? »

La main de Marie a tremblé, et le vin a failli se renverser.

Son regard est devenu fuyant.

« Nina... Ton père est... mort de maladie. Ce n’est pas un sujet que tu peux comprendre, tu n’es pas médecin ! »

Un ricanement a traversé les lèvres de Nina, puis elle a porté son bol à ses lèvres et l’a bu d’un trait.

Elle a su comment son père était mort.

Déposant le bol vide sur la table, elle a annoncé :

« J’ai à faire, je pars. »

Elle s’est levée pour quitter la pièce, mais à ce moment-là, Jérôme est apparu et s’est avancé vers elle.

Nina a froncé les sourcils.

« Qui êtes-vous ? »

L’homme, d’âge mûr, avait une allure qui semblait raffinée, mais son regard a parcouru Nina de haut en bas avec une avidité à peine dissimulée. Un sourire sournois s’est dessiné sur son visage.

Marie a posé son bol sur la table.

« Nina, voici Monsieur Gautier, directeur à l’hôpital central. Il connaît Asclépios et peut nous aider à obtenir une consultation pour Chloé. »

Le regard de Nina s’est attardé sur Jérôme.

Il connaît Asclépios ? Quelle plaisanterie. Elle a esquissé un sourire.

« Et alors ? »

Marie a laissé tomber son masque de fausse bienveillance.

« Nina, si tu passes une nuit avec Monsieur Gautier, alors Chloé pourra être soignée. »

Son propre père avait enterré cette bouteille de vin pour elle.

Et maintenant, sa propre mère y avait versé un sédatif pour la vendre à un homme.

Nina a compris. Voilà pourquoi Marie l’avait fait venir. Une chaleur intense a commencé à monter en elle.

Quelque chose clochait. Son regard s’est posé sur la bouteille de vin.

Elle y avait mis un sédatif. Marie l’avait droguée. Une vague d’écœurement et de désespoir a submergé Nina.

Pourquoi n’avait-elle jamais eu droit à l’amour ?

Ses yeux, d’un noir limpide, se sont humidifiés sous la douleur et la colère.

Elle a fixé Marie, son regard chargé d’une déception insondable.

Marie a détourné les yeux et, sans un mot de plus, s’est adressée à Jérôme.

« Elle est à vous. »

Jérôme, fou de désir, a frotté ses mains en s’approchant.

« Ma belle, viens à moi... Avec un corps pareil, voyons voir si tu es aussi divine une fois allongée... »

Marie a quitté la pièce.

Dès que la porte s’est refermée, Jérôme s’est brusquement effondré au sol, inconscient.

Il venait d’être neutralisé par un sédatif puissant.

Le visage de Nina était brûlant, son corps faible et tremblant sous l’effet du médicament.

La drogue était puissante.

Sa main a cherché instinctivement sa ceinture, là où elle rangeait habituellement ses aiguilles d’acupuncture.

Mais... Elle n’y était pas. Mauvais signe. Elle avait oublié ses aiguilles dans la villa.

Elle n’a pas perdu de temps. Sans hésiter, Nina est sortie à toute vitesse et s’est dirigée vers la villa des Bernard.

Depuis qu’elle était partie avec ses valises, elle n’y avait jamais remis les pieds. Elle est entrée rapidement dans la chambre et a commencé à chercher.

Mais elle n’a rien trouvé. Les domestiques avaient dû jeter ses affaires.

Son corps est devenu de plus en plus brûlant, la chaleur montant par vagues incontrôlables.

Elle ne tenait plus debout. Elle n’avait jamais bu d’alcool, et le vin mélangé à la drogue a commencé à lui faire perdre pied.

Sa respiration est devenue saccadée, son esprit embrouillé, et une chaleur insupportable l’a envahie.

« J'ai tellement chaud... » a-t-elle murmuré.

Elle a serré ses bras autour d’elle-même, essayant de se contenir.

À cet instant, un bruit de pas a retenti dans le couloir. Quelqu’un est revenu.

Louis.

Les yeux de Nina se sont illuminés d’un éclat d’espoir.

La porte s’est ouverte. L’instant d’après, un corps brûlant et fragile s’est effondré contre lui.

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Comments (21)
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AILHA JOYET
Louis doit en profiter
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Maheva
Très intéressant
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Sao
Qu’allons-nous apprendre ?
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